40 personnalités demandent une loi sur le salaire des grands patrons

40 personnalités demandent une loi sur le salaire des grands patrons

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Boursier.com, publié le jeudi 19 mai 2016 à 10h10

Ils sont responsables politiques et syndicaux, intellectuels, économistes ou chef d'entreprises, et veulent mettre leur grain de sel dans la polémique sur le salaire des chefs d'entreprise. Ces quarante personnalités signent un appel, publié jeudi matin dans 'Libération', dans lequel elles réclament une loi "pour qu'un patron ne perçoive pas plus de 100 Smic", soit 1,75 million d'euros par an. Alors que les critiques se concentrent actuellement autour de la rémunération de grands dirigeants comme Carlos Tavares chez PSA ou Carlos Ghosn chez Renault, François Hollande a menacé cette semaine de légiférer pour rendre les règles plus simples et plus claires.

Claude Bartolone, le président PS de l'Assemblée nationale, la députée socialiste Karine Berger, l'ex-ministre Arnaud Montebourg et la députée écologiste Cécile Duflot, ou encore la maire de Paris Anne Hidalgo font partie des signataires. Du côté des syndicats, Laurent Berger (CFDT), Philippe Martinez (CGT), Luc Bérille (UNSA), Carole Couvert (CFE-CGC) ou William Martinet (Unef) participent aussi à cet appel, de même que Serge Papin, le PDG de Systeme U, Jean-François Rial, le PDG de Voyageurs du monde, ou les économistes Thomas Piketty et Jean-Paul Fitoussi.

Baisse de 58% de la rémunération

"Le principal argument patronal pour justifier de telles pratiques - celui d'un marché mondial des très hauts dirigeants qui nécessiterait un alignement des salaires par le haut ? - n'est corroboré par aucune étude économique sérieuse et aucune réalité ­concrète", écrivent-ils dans cet appel. Ils estiment aussi "qu'en se comportant de la sorte, notre élite économique entretient un sentiment de chacun pour soi délétère", alors que les Français ont dû consentir à d'importants efforts depuis le début de la crise en 2008. "On nous objectera que 100 Smic, c'est bien trop. On répondra que c'est un début et que si cette loi est votée, elle obligera la quasi-totalité des patrons du CAC 40 (et donc une très grande partie de leur comité exécutif) à baisser leur rémunération d'au moins 58%", poursuivent-ils.

Interrogé sur l'adoption d'une loi mercredi lors d'une audition devant la commission des affaires économiques du Sénat, le PDG de Total, Patrick Pouyanné a estimé qu'elle pousserait les sièges des grands groupes à quitter la France. "Ce n'est pas une menace, c'est juste ce qui va se passer, et je ne souhaite pas que le siège de Total quitte la France (...). Ce n'est pas la peine d'aller légiférer sur des sujets qui feront que le pays, une fois de plus, se mettrait en marge du mouvement mondial", a-t-il argumenté.

 
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