Alcool : la Cour des comptes dénonce le manque de cohésion des politiques

Alcool : la Cour des comptes dénonce le manque de cohésion des politiques

alcool verre boisson

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Boursier.com, publié le mardi 14 juin 2016 à 18h02

L'alcool causerait chaque année 49.000 décès en France. L'Hexagone est par ailleurs le troisième pays membre de l'OCDE dont la consommation d'alcool est la plus élevée, derrière la Lituanie et l'Estonie. Pourtant, les politiques publiques mises en place au cours des dernières années n'auraient pas permis de modifier les conduites à risque, souligne la Cour des comptes dans un rapport rendu public.

Inefficacité des politiques publiques ?

Les Sages pointent notamment du doigt la réglementation relative à la distribution qui n'est plus adaptée aux modes de consommation. Le mode "à emporter" représente 60% des ventes, mais "moins de 17% des contrôles, rendant le produit très accessible, notamment aux mineurs, malgré l'interdiction de vente qui leur est applicable".

La Cour regrette par ailleurs les assouplissements successifs de la loi Evin qui encadre la publicité sur l'alcool. Dernier en date : la loi du 26 janvier 2016 portant sur la modernisation de notre système de santé. Elle ne considère plus comme des publicités, "les contenus, images, représentations, descriptions, commentaires ou références relatifs à une région de production, à une toponymie, à une référence ou à une indication géographique, à un terroir, à un itinéraire, à une zone de production, au savoir-faire, à l'histoire ou au patrimoine culturel, gastronomique ou paysager liés à une boisson alcoolique disposant d'une identification de la qualité ou de l'origine, ou protégée".

Pour la Cour des comptes, la France qui ne fait "qu'un usage limité de l'instrument fiscal pour lutter contre les consommations nocives d'alcool", doit revoir sa stratégie. Les boissons ne sont en effet pas taxées en fonction de leur teneur en alcool. Enfin, les auteurs du rapport regrettent que "le dépistage de l'alcool au volant régresse, du fait des contraintes pesant sur les forces de sécurité et de la lourdeur de la procédure".

Absence de consensus

Cette inefficacité des politiques publiques s'explique en partie par un manque de "consensus" au sein du pays, d'autant que "le poids économique du secteur des boissons alcoolisées (22 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 555.000 emplois directs et indirects) est particulièrement notable en France".

A titre d'exemple, le secteur de la production d'une part et les associations de prévention en alcoologie d'autre part, s'affrontent sur la mesure de modération de la consommation (2 verres standards par jour pour les femmes, 3 pour les hommes et 4 en une seule occasion, et abstinence complète pour les femmes enceintes).

Afin d'unifier ces politiques, la Cour a formulé 11 recommandations, à commencer par l'élaboration d'un programme durable de lutte contre les consommations nocives d'alcool et le renforcement des leviers existants (fiscalité, réglementation de la distribution, du lobbying et de la publicité, développement du contrôle et des sanctions de la conduite en état d'alcoolisation).

 
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