Anne Lauvergeon s'explique dans le dossier Uramin

Anne Lauvergeon s'explique dans le dossier Uramin

A la banque publique investissement ?

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Boursier.com, publié le mercredi 30 mars 2016 à 11h33

Présidente d'Areva, le numéro un mondial du nucléaire civil, de 2001 à 2011, Anne Lauvergeon sera entendue prochainement par la justice dans le cadre de l'affaire Uramin, et des conditions d'acquisition de cette société d'uranium en 2007. Dans un entretien accordé au 'Parisien' mercredi, elle revient sur cette opération. "Nous avons proposé plusieurs opérations d'acquisition stratégiques à l'Etat. Il les a refusées. En 2007, avec la hausse des cours, certaines cibles étaient devenues trop chères. Restait Uramin, la plus importante entreprise encore accessible", explique celle qui fut longtemps surnommée "Atomic Anne".

L'opération sera un fiasco, et depuis 2014, le rachat de la société canadienne par le groupe français fait l'objet d'une enquête au parquet financier, qui soupçonne des irrégularités. Uramin sera déprécié par deux fois, en 2010 et 2011, pour un montant équivalent à son prix d'achat, soit 1,8 milliard d'euros. "Les dépréciations d'Areva ont suscité beaucoup de passion. C'est pourtant classique et apprécié des analystes financiers, qui y voient l'annonce d'une meilleure rentabilité future. Bien d'autres entreprises y recourent également, mais dans l'indifférence générale", déclare Anne Lauvergeon dans cet entretien.

Violence des attaques

'Le Parisien' croit savoir que le mari d'Anne Lauvergeon, Olivier Fric, a été mis en examen pour délit d'initié, pour avoir spéculé sur Uramin, ce qui lui aurait permis de boucler une plus-value supérieure à 300.000 euros. "C'est l'ex-associé de mon mari, un ancien tradeur, qui gérait les fonds de leur entreprise et décidait des placements. Il a fait un grand nombre d'investissements, dans le secteur minier notamment. Parmi ceux-là, il a acquis des actions Uramin, comme le recommandaient les analystes au premier semestre 2007", se défend Anne Lauvergeon, ajoutant que "les liens du mariage ne prévoient pas que l'on partage les secrets qui ne vous appartiennent pas".

Interrogée sur son état d'esprit, l'ex-patronne du groupe nucléaire estime que "des erreurs, nous en commettons tous. Mon regret est qu'étant partie il y a cinq ans, et malgré deux successeurs, beaucoup de gens me pensent encore en charge de l'entreprise". "J'encaisse sans me plaindre les malveillances et les coups tordus, mais je souffre. La violence de ces attaques me sidère", déclare-t-elle.

 
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