Aux Etats-Unis, les femmes PDG, une cible privilégiée des financiers ?

Aux Etats-Unis, les femmes PDG, une cible privilégiée des financiers ?

Ellen Kullman à Dana Point, en Californie, le 18 octobre 2016

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AFP, publié le dimanche 06 août 2017 à 09h11

Le limogeage récent de deux grandes patronnes américaines met en lumière les pressions des financiers sur les rares femmes à la tête de multinationales et porte un coup aux efforts pour diversifier les états-majors des entreprises.

Ellen Kullman, Meg Whitman, Mary Barra, Indra Nooyi, Marissa Mayer, Ursula Burns (première femme noire PDG d'une grosse entreprise américaine), Irene Rosenfeld et Sheri McCoy ont en commun de diriger ou d'avoir dirigé de grandes sociétés cotées: DuPont, HP, General Motors, Pepsi, Yahoo!, Xerox, Mondelez et Avon Products.

Elles ont été ou sont dans la ligne de mire de financiers américains très influents à Wall Street, qui ont déjà réussi à pousser vers la sortie Mmes Kullman, Burns, Rosenfeld et McCoy. Pour rester à leur poste, les autres ont acheté la paix, en capitulant. Meg Whitman a accepté de scinder HP en deux, tandis que Mary Barra chez GM a accepté de verser de gros dividendes aux actionnaires.

Les femmes PDG sont-elles moins performantes que les hommes ou sont-elles simplement considérées comme des cibles faciles pour des investisseurs en quête d'importants retours sur investissements et voulant peser dans la vie et la gouvernance des entreprises ? Ces questions prennent de l'ampleur car elles sont posées au moment où la Silicon Valley est épinglée pour son manque de diversité et accusée de sexisme. Seuls 27 des 500 PDG des entreprises de l'indice boursier S&P 500 sont des femmes, soit 5,4%.

- 'Faibles' -

"De tous les facteurs que nous avons examinés (...) le genre est un élément très important et significatif", explique à l'AFP la chercheuse Christine Shropshire de l'université d'Arizona (sud-ouest). Elle a examiné les demandes des investisseurs dits "activistes", entre 2003 et 2013, aux directions d'entreprises américaines.

"Nous avons pris deux entreprises de taille similaire avec les mêmes performances financières et avons observé que celle qui a nommé une femme PDG a été attaquée de façon disproportionnée après la nomination", souligne-t-elle.

Les financiers perçoivent les femmes patronnes comme "faibles et ayant moins confiance en elles", déclare l'universitaire.

"On ne nous apprend pas à nous battre pour nous-mêmes", a déclaré récemment au New York Times Ellen Kullman.

Une étude de 2013 du cabinet PricewaterhouseCoopers a montré que la probabilité pour que des femmes patronnes soient débarquées après 10 ans de règne était supérieure aux hommes, 38% contre 27%.

Dans la plupart des cas, leur performance n'est pas mise en cause. En Bourse, les actions des entreprises dirigées par des femmes ont affiché des retours sur investissements annuels de 25% depuis 2009 contre 11% à l'indice boursier MSCI World, selon une étude d'août 2017 de la banque scandinave Nordea Bank AB, qui a passé en revue la performance de 11.000 entreprises dans 27 pays développés.

"Son leadership a bénéficié à tous les actionnaires de l'entreprise", a dit après coup le financier américain Nelson Peltz à l'égard d'Irene Rosenfeld, débarquée chez Mondelez, le fabricant des biscuits Lu et des chocolats Côte D'Or.

- 'Rhétorique lassante' -

M. Peltz a souvent été montré du doigt parce qu'il a lancé des campagnes contre Indra Nooyi, Ellen Kullman et Irene Rosenfeld, après être entré au capital de leur entreprise respective via son fonds d'investissement Trian Partners. 

"Suggérer que Trian cible les femmes PDG est une rhétorique lassante", répond une porte-parole à l'AFP. "Trian est un investisseur pour qui le genre ne compte pas et qui cherche à investir dans des entreprises cotées de grande qualité affichant de mauvaises performances", ajoute-t-elle, assurant que le fonds est un "défenseur de la diversité à tous les niveaux".

Des 28 campagnes lancées par Trian depuis sa création en 2005, seules trois visent des entreprises dirigées par des femmes, soit 10,7%. Autrement dit plus de 89% ont été engagées contre des patrons hommes, dont celui de General Electric (GE) Jeff Immelt, qui a quitté récemment ses fonctions.

"Il y a une perception réelle chez certaines personnes que les PDG femmes sont ciblées de façon disproportionnée", avance Dan Zacchei, de la firme Sloane & Company, qui conseille activistes et entreprises. Et de mettre en garde les financiers contre une réputation de sexistes qui risquerait de les aliéner des médias et des autres investisseurs.

Le milliardaire Daniel Loeb, via son fonds Third Point, avait, lui, imposé en 2012 Marissa Mayer à la tête d'un Yahoo! chancelant, après y avoir fait déloger ... un homme. Mais cinq ans plus tard, elle a quitté ses fonctions victime des manoeuvres de fonds activistes. 

 
4 commentaires - Aux Etats-Unis, les femmes PDG, une cible privilégiée des financiers ?
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    ajlbn -

    Depuis des semaines, la modération partisane d'ORANGE censure assez systématiquement mes avis, et commentaires, que je suis obligé de passer et repasser de nombreuses fois. Alors que cette même modération laisse tranquillement passer des insultes, des propos racistes, haineux, surement de la frange frontiste ou associés, et rejette tout ce qui peut contrarier, peu ou prou, la nouvelle religion. Curieuse conception de la liberté d'expression dirigée qui va finir par nuire à l'image de marque de la Société ORANGE ex France-Télecom.
    A noter aussi que certains débatteurs ont droit d'expression, mais que nos réponses à leurs propos sont aussi systématiquement ou quasi, rejetées. A se demander si ces intervenants ne sont pas aussi modérateurs ou amis de ligues ou de partis bien vus.

    Naturellement, je repasse mes avis autant de fois que nécessaire, car ils sont factuels et respectent la charte, eux, d'autant plus que mes plaintes auprès du service m'ont été retournées en indésirables. La direction d'ORANGE devrait donner des consignes dignes d'un pays de liberté, et envoyer en stage de déontologie certains modérateurs militants. Bien cordialement.

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    ajlbn -

    Ceci est pour un débatteur - toutes mes réponses étant bloquées. Krusostomos peut s'exprimer, lui. Mais impossible de lui répondre, la censure veille...Histoire de lui laisser le dernier mot? Au moins, même si encore censuré, il saura que j'ai répondu.

    A Krusostomos - votre humanisme vous perdra... Mon propos concernait le footeux du psg et le panda...Vous auriez fait quoi en 39-45 avec les réfugiés juifs, politiques, menacés par les collaborateurs et les nazis?

    A Krusostomes - vous êtes certains de ne pas être un descendant de migrant ou de réfugié politique? Vérifiez juste parmi les 32 personnes de votre généalogie à la 5° génération avant la vôtre. Vous aurez des surprises. Très souvent les derniers arrivés ferment la porte derrière eux. Le syndrome du cowboy: "pas au bout de mon champ! ". Pas besoin de référendum pour des mesures de simple humanité. Vous auriez fait quoi en 39-45? Les Résistants, les Justes, ont sauvé des juifs, des réfugiés politiques, les collaborateurs vichystes ont fait des rafles et on connaît les destinations finales. Il faut choisir son camp.


    A krusostome - de mémoire, les patriotes, en 39-45 étaient plutôt du côté de la Résistance, de l'Honneur, des Justes qui ont caché des Juifs et des réfugiés politiques, et non pas du côté de la collaboration avec les nazis, des rafles, des dénonciations et de la servilité. A cette époque, et jusqu'en 1948, Le Front National était un mouvement proche du PC. Ce nom a été récupéré par les châtelains Le Pen et consorts. Des antisystèmes proches du Peuple...selon eux. Ne pas confondre Patriotes et nostalgiques des années noires nationalistes. Rien à voir

    A Krusostomos. Vous avez mal lu ou pas compris mes avis. Surtout pas et jamais la châtelaine frontiste. Non, une femme de gauche, de la vraie. Genre Mme Taubira (que j'apprécie) ...juste pour vous faire hurler. Allez, on vous a démasqué, vous trollez car vous vous ennuyez dans la vie

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    elyian -

    C'est une enquête très intéressante qui casse le mythe affirmant que les femmes sont moins ambitieuses et moins fortes que les hommes et que c'est pour cette raison qu'il existe des inégalités.

    La confiance ne peut se mesurer qu'à situation égale. Si une personne, quel qu’elle soit, a plus d'effort à fournir pour arriver à la même situation qu'une autre, elle part désavantagée et la confiance n'a rien à voir à son éventuel échec.

    Le nombre de femme PDG qui ont essuyé des échec est éloquent.
    Ce nombre ne m'étonne pas, on sent très bien qu'il y a une pression particulière quand une femme est au pouvoir,
    et il suffit qu'elle soit un peu jolie et alors là elle n'a même plus aucune crédibilité.

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    newpravda -

    Je ne serai pas surpris d'apprendre un jour que les financiers imposent la parité chez les PDG afin justement de pouvoir influencer ces dames .

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    elyian -

    Vous avez déjà vu imposer la parité à une profession vous ?

    Il ne faut pas confondre la finalité du mandat public qui est de représenter la nation et celle de
    l'activité professionnelle qui est de fournir un service ou un produit et qui n'a
    aucun objectif de représentation d'un point de vu social

    Par conséquent lutter contre les discriminations càd l' interdiction de certaines professions ou fonctions à certaines catégories de personne est une chose imposer une parité n'a strictement aucun intérêt.

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