Brexit : 24 juin, séance de tous les dangers sur les marchés financiers

Brexit : 24 juin, séance de tous les dangers sur les marchés financiers©Boursier.com
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Boursier.com, publié le jeudi 16 juin 2016 à 23h10

Le monde de la finance se prépare fébrilement pour le 24 juin, qui pourrait devenir une des journées les plus agitées de l'histoire des marchés mondiaux. Les experts des grandes banques ont étudié tous les scénarios, y compris le plus redouté, à savoir la victoire du camp du Brexit, lors du référendum du 23 juin au Royaume-Uni, à l'issue d'une campagne très disputée.

Les bureaux de vote fermeront à 22h00 locales (23h00 en France) et les résultats ne devraient pas être connus avant le matin du 24... En cas de Brexit, les plus pessimistes envisagent des turbulences financières semblables à celles qui ont succédé à la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en septembre 2008...

La livre sterling en première ligne dès la nuit du 23 au 24 juin

Le marché des changes, le seul à rester ouvert 24 heures sur 24 sera le premier à réagir. Plusieurs banques et fonds spéculatifs (hedge funds) ont commandé des sondages sortie des urnes, et à la City de Londres comme ailleurs, les institutions financières ont d'ores et déjà prévu de passer une nuit blanche...

En cas d'avance des tenants du Brexit dans ces sondages sortie des urnes, la livre sterling devrait fortement reculer dans la nuit. Si ce scénario se confirmait, la livre accentuerait sa glissade à l'ouverture des marchés européens, et les taux des obligations d'Etat britanniques se tendraient, reflétant les risques accrus pour l'économie britannique, entraînant un risque de "credit crunch" sur les marchés interbancaires. Les marchés d'actions, à Londres, mais aussi dans le reste du monde, devraient aussi accuser le coup en cas de victoire du Brexit.

A l'inverse, en cas de victoire des partisans du maintien dans l'UE, on verrait la livre sterling se redresser, après avoir perdu du terrain ces dernières semaines, dans la crainte d'un Brexit. Les marchés d'actions, sous pression ces derniers temps, manifesteraient leur soulagement.

Les banques centrales se tiennent prêtes à intervenir

Une troisième hypothèse est cependant à envisager, celle d'un résultat très serré, qui retarderait l'annonce des résultats définitifs. Les marchés ayant horreur des incertitudes, un tel scénario serait négatif pour les marchés financiers et entraînerait une forte volatilité le 24 juin au matin, dans l'attente des décomptes finaux.

Face à ces risques de volatilité accrue, la Banque d'Angleterre et la BCE ont signalé leur intention d'intervenir, de façon concertée si nécessaire, pour limiter les dégâts et fournir la liquidité nécessaire aux marchés en cas d'assèchement sur les marchés interbancaires. Selon des sources citées par l'agence 'Reuters', la BCE s'engagerait notamment à ouvrir des lignes de "swaps" avec la Banque d'Angleterre, en vue de faciliter les échanges d'euros et de sterling et donner de facto aux banques européennes l'accès à des financements illimités dans les deux devises.

Les banques centrales avaient déjà mis en oeuvre ce type d'intervention lors de la crise des "subprimes" en 2008, et après les attentats de New York du 11 septembre 2001.

L'euro serait lui aussi affaibli par un Brexit

A moyen terme, en cas de Brexit, les conséquences sur les marchés financiers seraient multiples, et s'étendraient à tout l'Europe, voire au-delà. Ainsi les obligations souveraines des pays jugés sûrs (Allemagne, Suisse, Etats-Unis, Japon...) seraient prisées aux dépens de celles des pays périphériques (sud de l'Europe, certains pays émergents), dont les taux se tendraient. Une divergence durable des taux d'intérêts au sein de la zone euro pourrait déclencher une nouvelle crise de l'euro, surtout si les partis eurosceptiques progressaient dans les prochains scrutins électoraux. Des élections législatives en Espagne se dérouleront ainsi dès le 26 juin, trois jours seulement après le scrutin sur le Brexit... A horizon 2017, suivra l'élection présidentielle française en avril-mai 2017 et des législatives en Allemagne à l'automne 2017.

En cas de Brexit, il faudra donc s'attendre à un recul du cours de l'euro, compte-tenu des risques d'affaiblissement de la construction européenne après la décision britannique de quitter l'UE... Dans la tempête, le dollar, mais aussi le franc suisse et le yen profiteraient d'un statut de valeur-refuge.

Pour la Grande-Bretagne, un vote négatif vis-à-vis de l'UE provoquerait selon les analystes une série de réactions en chaîne, allant de la baisse des prix de l'immobilier à un départ de nombreux investisseurs étrangers en passant par le déménagement de banques vers d'autres cieux. La négociation de nouveaux accords sur l'accès du Royaume-Uni au marché unique européen et sur la circulation des biens et des personnes est un processus long et complexe, susceptible de multiplier les incertitudes pour les marchés.

Même la Fed s'inquiète des conséquences d'un Brexit

Les grandes institutions internationales (FMI, banques centrales, OCDE...) ont mis en garde contre les dangers d'un Brexit, pour le Royaume-Uni lui-même, mais aussi pour la stabilité de l'économie mondiale, la Grande-Bretagne étant la 5ème puissance mondiale et l'une des deux premières places financières mondiales avec Wall Street.

Même la Réserve fédérale américaine a affiché son inquiétude. Le 15 juin, la banque centrale américaine a renoncé à relever ses taux directeurs, en invoquant notamment les risques de turbulences liées au référendum sur le Brexit. La présidente de la Fed a estimé qu'un vote favorable au Brexit "pourrait avoir des conséquences pour les perspectives économiques des Etats-Unis".

Le 6 juin déjà, Mme Yellen avait déjà parlé de "répercussions significatives" sur l'économie en cas de Brexit, et avait estimé qu'un tel vote affecterait négativement le sentiment des marchés financiers, en réduisant l'appétit du risque des investisseurs.

 
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