Brexit : la campagne suspendue après le meurtre d'une députée travailliste

Brexit : la campagne suspendue après le meurtre d'une députée travailliste

Londres Grande Bretagne

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Boursier.com, publié le jeudi 16 juin 2016 à 19h35

A une semaine exactement du référendum britannique sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l'Union européenne, l'assassinat d'une députée travailliste pro-européenne, Jo Cox, a bouleversé jeudi le Grande-Bretagne, interrompant brutalement la campagne électorale. Les deux principaux partis britanniques, les travaillistes et les conservateurs, ont annoncé la suspension de leur campagne, de même que l'Ukip, le principal parti eurosceptique outre-Manche.

Le Premier ministre conservateur David Cameron a annulé un déplacement à Gibraltar, où il devait s'exprimer jeudi soir en vue du référendum du 23 juin. Parlant de "tragédie", il a jugé sur Twitter qu'il "était normal que toutes les activités de campagne aient été suspendues après l'horrible attaque contre Jo Cox".

Son rival conservateur Boris Johnson, l'ancien maire de Londres, qui milite pour une sortie du pays de l'UE, a interrompu une tournée de campagne en autocar pour revenir à Londres en raison du drame. Le dirigeant du Labour Party, Jeremy Corbyn, favorable à un maintien dans l'UE, a rendu hommage via Twitter à Mme Cox, qui a "consacré sa vie au service du public et de l'engagement humanitaire".

Pour sa part, le dirigeant de l'Ukip, Nigel Farage, a annulé un discours qu'il devait tenir vendredi et s'est dit "horrifié" par cette attaque.

Jo Cox, 41 ans, élue dans la circonscription de Batley et Spen, dans le Yorkshire, a été grièvement blessée par arme à feu et poignardée, alors qu'elle se préparait à tenir sa permanence électorale hebdomadaire à Birstall, près de Leeds, dans le nord de l'Angleterre. Elle est décédée quelques heures plus tard des suites de ses blessures. Elue députée en 2015, Mme Cox avait travaillé précédemment pour l'ONG Oxfam. Elle était mère de deux enfants.

Un homme de 52 ans interpellé, ses motivations restent à confirmer

La police du West Yorkshire a annoncé avoir interpellé un homme de 52 ans. Des témoignages ont rapporté que l'agresseur aurait crié "Britain First" (La Grande-Bretagne d'abord), du nom d'une organisation britannique d'extrême-droite, mais l'information n'était pas confirmée en début de soirée.

La numéro deux de "Britain First", Jayda Fransen, a condamné cette agression, la qualifiant d'"absolument abjecte". Elle a souligné que l'expression "Britain first" était aussi un slogan employé par les partisans du Brexit dans leur campagne électorale.

Cet assassinat intervient alors que les partisans du Brexit ont gagné du terrain dans les sondages, plusieurs enquêtes d'opinion donnant le camp du "Out" vainqueur. La campagne battait son plein, les deux camps rivalisant pour imposer leurs arguments respectifs. Selon des analystes, la tragédie de jeudi pourrait désormais profiter au camp du "Remain" (maintien dans l'UE), en discréditant l'aile la plus radicale du camp anti-européen.

Jeudi, la Banque d'Angleterre a une nouvelle fois mis en garde contre les conséquences d'un vote en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Elle a notamment estimé que le taux de change de la livre sterling "chuterait davantage, peut-être fortement" ce qui aurait notamment des effets inflationnistes. Un vote en faveur du Brexit risque de peser lourd dans les perspectives de production et d'inflation, et par conséquent sur la politique monétaire, a prévenu la banque centrale.

 
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