Chine: la croissance attendue stable au premier trimestre

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Dette galopante, croissance dopée aux dépenses publiques, bulle immobilière: les risques s'amoncellent en Chine

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© AFP, GREG BAKER
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AFP, publié le vendredi 14 avril 2017 à 08h36

Chine: la croissance se stabilise au premier trimestre sur fond de hausse robuste des investissements et de reprise des exportations

La Chine a vu sa croissance se stabiliser au premier trimestre sur fond de hausse robuste des investissements et de reprise des exportations, selon un panel d'experts, qui avertissent cependant que ce répit pourrait s'avérer fragile.

D'après la prévision médiane de seize experts sondés par l'AFP, la croissance du produit intérieur brut de la deuxième économie mondiale s'est maintenue à 6,8% sur les trois premiers mois de 2017, au même niveau qu'au dernier trimestre 2016.

Le chiffre officiel sera publié lundi. En dépit d'une fiabilité très contestée, il sera scruté par les marchés: le géant asiatique représente toujours un tiers de la croissance planétaire.

Cette stabilisation "s'explique par l'accélération de la production industrielle et des investissements, surtout grâce à la bulle immobilière et aux dépenses accrues dans les infrastructures", décrypte pour l'AFP Brian Jackson, analyste du cabinet IHS.

De fait, le secteur du bâtiment, pilier de l'économie, a été favorisé depuis l'an dernier par un crédit bon marché, attirant épargnants et spéculateurs qui ont fait s'envoler les prix de la pierre dans les métropoles. Avec à la clef une accélération sensible de la production industrielle comme de l'activité manufacturière.

"De solides investissements alimentent une dynamique de croissance robuste: il faut se demander si la Chine n'est pas retombée dans son vieux modèle tiré par l'immobilier", s'alarme Raymond Yeung, de la banque ANZ. Alors même que Pékin entend poursuivre la douloureuse transition de son économie vers les services et la consommation intérieure.

- Soutien budgétaire -

"La politique budgétaire appuie ce sursaut (...) avec des investissements dans les infrastructures, le logement et des réductions d'impôts pour les entreprises", observe dans une note Louis Kuijs, analyste d'Oxford Economics.

Pékin a assuré début mars qu'il n'entendait aucunement retirer ses "béquilles" très dirigistes à l'économie, avec un déficit budgétaire maintenu à 3%, et 355 milliards d'euros investis cette année dans des projets ferroviaires, routiers et fluviaux.

Enfin, les échanges extérieurs connaissent une relative embellie, à l'heure où le risque de guerre commerciale avec l'Amérique de Donald Trump semble s'estomper: les exportations ont rebondi nettement en mars et les importations se sont envolées de 24% au premier trimestre, témoignant d'une solide demande intérieure.

Pour autant, le tableau devrait s'assombrir: selon la prévision médiane du panel sondé par l'AFP, la croissance chinoise tombera à 6,6% sur l'ensemble de 2017.

Le régime communiste lui même vise un résultat "d'environ 6,5%", ce qui marquerait un nouvel essoufflement, après une progression du PIB de 6,7% en 2016, sa pire performance depuis 26 ans.

"On peut s'attendre à un ralentissement (économique) plus tard dans l'année, étant donné l'essoufflement de la dynamique dans l'immobilier et l'impact d'une politique macroéconomique bien moins accommodante", indique à l'AFP Louis Kuijs.

- 'Vents contraires' -

Certes, les ventes de logements sont en "bonne santé" dans les villes moyennes, même si les stocks d'invendus restent élevés, mais "des vents contraires vont souffler", prévient Fan Zhang, analyste de RHB Bank, citant des restrictions croissantes à travers le pays.

Affolées par les risques liés à la bulle immobilière, une vingtaine de grandes métropoles ont durci les conditions à l'achat d'appartements ou à l'octroi d'un prêt immobilier.

De son côté, inquiète de l'envolée de l'endettement chinois, qui dépasse 260% du PIB, la banque centrale resserre discrètement sa politique monétaire en relevant ses taux courts, avec pour effet de renchérir le coût du crédit.

"Cela suggère que les autorités donnent désormais la priorité à la résolution des risques de crédit plutôt qu'au soutien tous azimuts à la croissance", observe Mark Williams, analyste de Capital Economics.

D'autres experts se montrent plus circonspects: "En dépit d'une insistance accrue sur l'endiguement des risques financiers, une croissance robuste reste l'objectif-clé du gouvernement", insiste Louis Kuijs.

De ce fait, les autorités "éviteront d'avoir la main trop lourde" dans l'immobilier, et si la Chine continue de réduire ses surcapacités industrielles endémiques, la réformes des groupes étatiques endettés "restera timide", prédit-il.

 
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