Chine: nouveaux signes d'essoufflement de l'économie en août

Chine: nouveaux signes d'essoufflement de l'économie en août

L'économie chinoise montre des signes de ralentissement en août
Ci-contre, le chantier du Yintai dans le quartier des affaires de Pékin, le 18 décembre 2015

Ci-contre, le chantier du Yintai dans le quartier ...

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AFP, publié le jeudi 14 septembre 2017 à 10h41

La Chine a connu en août de nouveaux signes d'essoufflement économique, avec un ralentissement marqué et inattendu de sa production industrielle, des ventes de détail et de l'investissement, à l'heure où Pékin muscle ses efforts pour contenir l'endettement et ses surcapacités industrielles.

La production industrielle dans la deuxième économie mondiale a grimpé de 6% sur un an en août, a indiqué jeudi le Bureau national des statistiques (BNS).

C'est le plus faible rythme de progression enregistré depuis décembre. La production industrielle avait déjà fortement ralenti en juillet, avec une hausse de 6,4% contre 7,6% en juin. Les analystes sondés par Bloomberg tablaient en moyenne pour août sur une légère reprise (+6,6%).

Liu Aihua, porte-parole du BNS, a reconnu devant la presse "de nombreux facteurs d'instabilité et d'incertitude" assombrissant les perspectives de la demande internationale: en témoigne le vif essoufflement des exportations chinoises en août.

Mais "le principal coupable reste une demande intérieure en berne", estime Julian Evans-Pritchard, analyste du cabinet Capital Economics, qui pointe la baisse de régime des investissements en capital fixe dans le pays.

Ces derniers, jauge des dépenses publiques et privées dans les infrastructures, ont gonflé de 7,8% sur un an sur la période janvier-août, moins qu'attendu et ralentissant pour le 5e mois consécutif.

- Désendettement -

"Les dépenses dans des projets d'infrastructures, en particulier ont commencé à se modérer, parce que le gros des ressources budgétaires ont été dépensées plus tôt cette année" pour doper l'économie avant un important Congrès du Parti communiste au pouvoir, note M. Evans-Pritchard. "Les gouvernements locaux sont désormais forcés de réduire leurs dépenses".

Le 19e Congrès, prévu mi-octobre, doit voir le président Xi Jinping décrocher un nouveau mandat à la tête du Parti, donc du pays, mais également une vaste recomposition de l'équipe dirigeante.

D'autres analystes insistaient jeudi sur les effets du drastique durcissement réglementaire engagé par Pékin à l'encontre du secteur financier: ce raidissement cible notamment la "finance de l'ombre" --vaste arsenal d'instruments de crédits non régulés.

A l'heure où le Fonds monétaire international (FMI) lui même s'inquiète des risques liés à l'envolée de la dette chinoise, le régime communiste a érigé ses efforts de désendettement en priorité.

Or, dopé par un boom de la construction et du crédit, le PIB chinois a connu au premier comme au deuxième trimestre une croissance de 6,9%, très supérieure à l'objectif annuel (d'"environ 6,5%") que s'est fixé Pékin... de quoi lui offrir une certaine marge de manoeuvre.

Quitte à renchérir le crédit et à restreindre des sources de financement cruciales pour l'activité.

"Ce durcissement réglementaire exerce une forte pression sur les firmes déjà endettées, qui dépendaient de la +finance de l'ombre+", observe Frederic Neumann, économiste de HSBC cité par Bloomberg. Pour lui, la croissance chinoise devrait ralentir d'ici fin 2017 "à mesure que les autorités musclent cette campagne" contre la finance non régulée.

-Immobilier sous pression -

Témoin d'une demande intérieure sous pression: les ventes de détail, baromètre de la consommation des ménages chinois, ont nettement ralenti en août, progressant de 10,1% sur un an, contre +10,4% en juillet, très en-deçà de la prévision du marché.

On peut y voir la conséquence du refroidissement du marché immobilier: les ventes d'électroménager, de meubles et matériaux de construction se sont essoufflées de concert.

Le secteur de l'immobilier et de la construction, moteur crucial de l'économie chinoise, souffre des restrictions prises par les autorités pour contrer la fièvre des prix de la pierre dans les grandes métropoles, une bulle largement financée à crédit.

Résultat: les ventes de logements neufs n'ont progressé que de 3,8% sur un an en août, selon Bloomberg, leur plus faible progression en presque trois ans.

Par ailleurs, dans le cadre d'un douloureux rééquilibrage du modèle économique chinois, Pékin somme les industries lourdes --souvent des groupes étatiques-- de sabrer leurs colossales capacités excédentaires et leurs usines les plus polluantes... ce qui plombe aussi les chiffres de production.

Le régime ayant fait de la lutte anti-pollution un cheval de bataille, "la fermeture de capacités industrielles, en particulier celles qui ne correspondent pas aux standard environnementaux, est appliquée encore plus strictement cette année avant le 19e Congrès", a souligné Chang Jian, économiste de Barclays, interrogé par Bloomberg TV.

 
2 commentaires - Chine: nouveaux signes d'essoufflement de l'économie en août
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    pigeonxxl38 -

    peut-être bientôt plus de nids d'hirondelles ou autres spécialités a déguster dans les restaurants chinois ...

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    ajlbn -

    Comme le modérateur militant ORANGE rejette depuis hier mon avis je le repasse un peu partout pour qu'il soit lu malgré la censure !
    Vive la liberté d'expression!

    Et encore de fausses bonnes idées! Demander aux sociétés de HLM de baisser de 5 euros les loyers, et de baisser l'APL d'autant, c'est une gageure digne des adeptes de la calculette, des vases communicants, mais d'ignorants des us et coutumes dans ce secteur d'habitat social! Que va faire le bailleur? Facile, il va faire passer des éléments servant dans le calcul des loyers dans les charges! C'est un vieux truc contre lequel des amicales CNL, entre autres se sont battues pendant des années. Et comme les charges n'entrent pas dans le calcul d'APL, c'est encore, in fine, une ponction supplémentaire sur les modestes. Pour mémoire, des Associations de défense des locataires ont même trainé leur bailleur au tribunal, et ont gagné après de longues luttes et des blocages partiels de charges!
    La 2° mauvaise idée, c'est de laisser les sociétés de HLM augmenter le surloyer! Comme si dans nos cités et quartiers, des rois du pétrole profitaient abusivement de logements sociaux! Cette vieille ficelle avait déjà été employée par le passé, et c'est traduit par le départ de gens qui gagnaient juste un peu plus, de personnes âgées dans des logements devenus trop grands (mais sans proposition de plus petit-moins chers). C'est la casse manifeste de la mixité sociale, et inter-générationnelle, et après on va s'étonner de la constitution de ghettos de gens en difficultés ou modestes. Il est vrai qu'il y a déjà de nombreux ghettos de riches....
    Nous sommes peut-être des fainéants, dixit Macron, mais nous sommes gouvernés par des ignorants, des cyniques, des dogmatiques, et des extrémistes libéraux.
    Plutôt que de construire des logements sociaux de qualité et en nombre adapté, comme d'autres avant, c'est l'éviction des classes moyennes inférieures et des anciens qui est à l'ordre du jour, à nouveau! Pas grave, on aura les jeux olympiques et on trouvera de l'argent pour les infrastructures

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