Corée du Nord: à Pyongyang, le prix de l'essence grimpe après les sanctions

Corée du Nord: à Pyongyang, le prix de l'essence grimpe après les sanctions

Le prix de l'essence était en forte hausse à Pyongyang, conséquence des sanctions prises par les Nations unies restreignant les exportations de produits pétroliers vers la Corée du nord, pays doté de l'arme nucléaire

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AFP, publié le samedi 23 septembre 2017 à 10h55

Le prix de l'essence était en forte hausse à Pyongyang, conséquence des sanctions prises par les Nations unies restreignant les exportations de produits pétroliers vers la Corée du nord, pays doté de l'arme nucléaire.

Les prix à la pompe ont grimpé d'environ 20% au cours des deux derniers mois, a constaté l'AFP dans la capitale.

Après avoir lancé deux missiles intercontinentaux en juillet, la Corée du Nord a réalisé le 3 septembre un sixième essai nucléaire, affirmant avoir testé une bombe H susceptible d'être montée sur un missile.

La Conseil de sécurité de l'ONU a voté dans la foulée un huitième train de sanctions contre Pyongyang.

Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-Un, et le président américain Donald Trump sont depuis engagé dans une guerre verbale alimentant la tension.

L'escalade verbale entre Donald Trump et Kim Jong-Un a atteint vendredi un nouveau pic, le président américain qualifiant le leader nord-coréen de "fou" au moment où le régime évoquait un possible essai de bombe H dans le Pacifique.

Quelques heures plus tôt, c'est le leader nord-coréen qui déclarait qu'il "disciplinerait par le feu le gâteux américain mentalement dérangé", deux jours après que Donald Trump eut menacé, à la tribune de l'ONU, la Corée du Nord de "destruction totale".

Les dernières sanctions de l'ONU imposent pour la première fois des restrictions à l'approvisionnement en produits pétroliers à la Corée du Nord, pays pauvre en hydrocarbures.

Les exportations de pétrole brut sont plafonnées à leur niveau actuel et les produits raffinés limités à deux millions de barils par an.

La Chine --de loin le premier fournisseur de Pyongyang et son principal "protecteur" diplomatique-- n'a pas communiqué de chiffres depuis des années sur ses approvisionnements en pétrole à la Corée du Nord.

Mais selon la mission américaine à l'ONU, Pékin fournit à Pyongyang quelque quatre millions de barils par an de brut et 4,5 millions de barils de produits raffinés.

Le ministère chinois du Commerce a confirmé samedi que Pékin appliquerait les sanctions. Les autorités chinoises "émettront un avis sur la situation des exportations lorsque celles-ci approcheront la limite supérieure, et appliqueront à partir de là une interdiction des exportations de produits pétroliers raffinés vers la Corée du Nord pour le reste de l'année", a-t-il annoncé dans un communiqué.

La Chine a par ailleurs mis en place "une interdiction complète des importations de textiles" nord-coréens, a ajouté le ministère.

Le textile est une importante source de revenus pour Pyongyang: la Chine fournit en général le tissu pour les vêtements, lesquels sont fabriqués à bas coûts en Corée du Nord puis souvent réexportés vers la Chine.

Un exception aux sanctions existe pour ce qui concerne les moyens d'existence de la population, mais les mesures onusiennes équivalent à une réduction de plus de 55% des approvisionnements de produits pétroliers et semblent avoir déjà des effets à Pyongyang.

En Corée du nord, l'essence est vendue au kilo et non au litre, et doit être réglée en devises par les distributeurs.

"Hier, c'était 1,90 dollars, aujourd'hui c'est deux", a déclaré un employé d'une station-service, qui déclare s'attendre à ce que les prix continuent à grimper.

Un litre d'essence pesant 0,77 kilo, c'est donc l'équivalent de 1,54 dollar le litre.

En juillet, tandis que la circulation semblait plus intense dans les rues de la capitale, le prix était de l'ordre de 1,65 dollar le kilo.

Les résidents à Pyongyang disent que les augmentations se font par petites touches et non brutalement.

Les prix avaient déjà augmenté depuis le début de l'année, ce que les analystes expliquaient aussi par les mesures de stockage prises par anticipation par les autorités en prévision d'un embargo.

"Le marché anticipe le pire --une rupture ou une réduction de l'approvisionnement via la Chine-- et les autorités utilisent les hausses de prix et d'autres mécanismes de contrôle pour absorber le choc à l'avance", a commenté John Delury, analyste à l'Université Yonsei de Séoul, selon qui l'impact des sanctions sur le régime nord-coréen sera probablement limité.

"Les plus vulnérables sont les militaires, mais il est probable que leurs stocks sont prioritaires", a-t-il ajouté.

 
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