Creuse: marche de soutien aux salariés GM&S, les regards tournés vers Macron

Creuse: marche de soutien aux salariés GM&S, les regards tournés vers Macron

Des employés de GM&S Industry manifestent à La Souterraine le 16 mai 2017

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AFP, publié le mardi 16 mai 2017 à 21h08

Creuse: une marche de soutien aux salariés de l'équipementier automobile GM&S Industry rassemble quelques milliers de personnes

Une marche de soutien aux salariés de l'équipementier automobile GM&S Industry, menacé de liquidation, a rassemblé quelques milliers de personnes mardi en Creuse, avec des appels de Jean-Luc Mélenchon et de syndicalistes au président Macron pour sauver le site et avec lui "tout un territoire".

"On espère que Macron puisse le faire. On va voir", a résumé Jean-Marc Ducourtioux, délégué CGT de GM&S, au départ d'une marche qui a parcouru en fin d'après-midi près de 4 km depuis l'usine, à La Souterraine, jusqu'à la mairie. Dans cette ville de 5.400 habitants, nombre de commerces étaient fermés et des habitants applaudissaient les marcheurs aux fenêtres.

Des syndicalistes d'Ile-de-France, de Bourgogne, d'Alsace, des secteurs Métallurgie, Santé, même des égoutiers de Paris, avaient répondu à l'appel national de la CGT pour venir soutenir les 279 salariés du deuxième employeur privé de Creuse. Un site historique de l'emboutissage en France dont le tribunal de commerce doit examiner fin mai une éventuelle liquidation ou reprise.

Le cortège de 2.000 à 3.000 personnes (selon les estimations concordantes de plusieurs médias) comptait nombre d'élus locaux ceints de leur écharpe. En tête, un chariot-élévateur de 20 tonnes, pièce maîtresse de GM&S, arborait les portraits noir et blanc des 279 salariés, rappelant qu'"ils ne sont pas que des chiffres".

- 'Si Macron ne peut rien faire...' -

"On va tout péter." Depuis le 11 mai, une inscription peinte sur une immense colonne d'air liquide, où pendent deux bonbonnes de gaz, illustre la détermination de salariés dont l'entreprise, passée ces dernières années par divers repreneurs, est en redressement judiciaire depuis décembre. 

Ils réclament à PSA et Renault, de loin les principaux clients, qu'ils s'engagent sur un volume de commandes accru, au-delà des quelque 16 millions d'euros déjà acquis, et "l'affectation de nouveaux marchés".

Pour la CGT "c'est une problématique franco-française: des entreprises françaises, dont l'État est actionnaire, qui vont couler d'autres entreprises françaises". "S'il (Macron) ne peut rien faire là-dedans, je ne vois pas ce qu'il peut faire ou changer avec l'Europe", lance M. Ducourtioux, qui a déjà rencontré le président quand il n'était encore que ministre de l'Économie.

M. Mélenchon, chef de file de La France insoumise, a lui aussi interpellé l'exécutif: "J'adjure le nouveau président, le nouveau Premier ministre, de comprendre: cette fois-ci, ne laissez pas faire comme d'habitude, ne laissez pas les choses aller jusqu'au pire, car ces gens-là n'en peuvent plus et ne se laisseront pas faire."

Pour lui, "deux coups de téléphone" de l'exécutif pourraient "régler instantanément" le sort de GM&S, et partant "de tout un territoire, toute une région".

- Gagner du temps -

Le militant CGT girondin Philippe Poutou, ex-candidat du NPA à la présidentielle, a dit venir à la Souterraine pour "redonner la pêche à ceux qui se battent" et "changer le rapport de forces". "Je ne sais pas si on peut demander quelque chose" au nouvel exécutif, a-t-il dit, "mais en tout cas il va falloir les secouer". 

Lundi, une table ronde marathon de plus de six heures avait réuni tous les protagonistes à la préfecture de Guéret, sans avancée notable.

Dans l'immédiat, les salariés souhaitent obtenir un délai du tribunal de commerce de Poitiers, qui doit examiner le 23 mai le sort du site, pour lequel le français GMD (emboutissage, thermoformage) avait exprimé un intérêt. Le temps pour le gouvernement "de reprendre la main sur les négociations avec les constructeurs", espèrent-ils.

Mardi, le patron du Medef Pierre Gattaz a parlé de GM&S en évoquant un "drame" mais aussi "une responsabilité collective qui dure depuis des années". "Il faut faire tout pour que ce ne soit pas un drame total et qu'il n'y ait pas cette fermeture d'usine", a-t-il ajouté soulignant que PSA et Renault ont déjà "beaucoup contribué" pour qu'"elle ne parte pas au tapis".

 
2 commentaires - Creuse: marche de soutien aux salariés GM&S, les regards tournés vers Macron
  • Mafiosi -

    Vu les comptes de l'entreprise, même en faisant l'impasse sur les multiples charges salariales/ Urssaf/ retraites/vieillesse etc ..... qu'elle doit, il faut allumer beaucoup de cierges ......

    Mais l'Alliance Bolivarienne a des solutions?

    Et la Révolution Prolétarienne aussi peut-être ?

  • jeffrey17 -

    Vous inquiétez pas E Macron va vous sauver !

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