Des agriculteurs bloquent les Champs-Élysées pour défendre le glyphosate

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 Quelque 200 agriculteurs bloquent vendredi 22 septembre 2017 les Champs-Élysées pour dire leur inquiétude de voir le gouvernement interdire l'usage de produits phytosanitaires comme le désherbant glyphosate

Quelque 200 agriculteurs bloquent vendredi 22 septembre 2017 les Champs-Élysées pour dire leur inquiétude de voir le gouvernement interdire l'usage de produits phytosanitaires comme le désherbant glyphosate

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© AFP, JACQUES DEMARTHON
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AFP, publié le vendredi 22 septembre 2017 à 17h57

Quelque 200 agriculteurs ont bloqué vendredi les Champs-Élysées pour dire leur inquiétude de voir le gouvernement interdire l'usage de produits phytosanitaires, comme le désherbant glyphosate, qu'ils jugent indispensables pour conserver "l'excellence agricole française".

Sous les bannières "Macron tue", la manifestation, à l'appel de cinq fédérations départementales du premier syndicat agricole français, la FNSEA, et de l'organisation des Jeunes agriculteurs, a bloqué partiellement la circulation dès 07H00 du matin. D'autres actions ont eu lieu en régions, comme en Touraine où des slogans "Agriculture, Interdiction = distorsion" étaient affichés le long des routes.

A l'entrée des Champs-Elysées jonchés de paille, un conteneur garé portait l'inscription "Soja argentin: OGM".

Les manifestants protestaient contre la possibilité d'importer des produits agricoles traités avec des herbicides comme le glyphosate, qui faussent la concurrence, alors même que la FNSEA craint une décision gouvernementale interdisant unilatéralement de tels produits en France.

"Il faudrait soutenir l'agriculture française, sinon elle va disparaître et on aura recours massivement à des importations de produits alimentaires qui sont cultivés dans des conditions phyto-sanitaires bien plus déplorables que les nôtres", a déclaré Damien Greffin, président de la FDSEA d'Ile-de-France.

"M. Macron veut être le M. Propre du monde, mais il est le fossoyeur de l'agriculture", a lancé Frédéric Arnoult, président des Jeunes agriculteurs d'Ile-de-France. "Comment peut-on vouloir vendre du rêve aux Français sur une alimentation saine, alors qu'on nous enlève nos moyens de production?" s'est-il interrogé.

- Sortie "progressive" -

Le blocage de l'avenue a été levé en milieu de matinée après qu'une délégation a été reçue à l'Elysée par la conseillère agricole de la présidence, Audrey Bourrolleau.

La conseillère leur a affirmé que l'arrêt "progressif" du glyphosate en France se ferait "avec méthode et dialogue", dans le cadre notamment des États généraux de l'alimentation (Egalim). Mais elle a réaffirmé que "l'engagement de campagne" pris par Emmanuel Macron de voter contre la proposition de la Commission européenne de renouvellement de la licence du glyphosate "sera tenu", a indiqué l'Elysée.

Le ministre de la Transition énergétique, Nicolas Hulot, honni de certains des manifestants, n'a pas hésité à aller au contact des agriculteurs pour réaffirmer l'importance de la tenue des États généraux de l'alimentation afin de régler le problème des produits phytosanitaires.

"J'entends les doléances des consommateurs qui voudraient aussi qu'on ait ensemble une perspective. On a quelques mois devant nous. Mon idée, c'est de rassembler l'ensemble des acteurs car il y a quelques responsabilités qu'on pourrait mieux partager", a-t-il déclaré aux agriculteurs sortant de l'Élysée. 

- "Effets cocktails" -

À M. Greffin qui lui demandait d'accorder aux agriculteurs français que "la France, c'est l'excellence agricole mondiale", M. Hulot a répondu: "J'ai besoin, moi, d'être rassuré sur la sécurité alimentaire et sanitaire sur le long terme. Vous connaissez comme moi les phénomènes de bio-accumulation et les effets cocktails, ce n'est pas quelque chose qu'on découvre."


En levant la manifestation, M. Greffin a dit aux agriculteurs réunis: "Il n'y a pas grand-chose qui a changé, on a juste mis un pied dans la porte." 

Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA a indiqué à l'AFP qu'elle rencontrerait Nicolas Hulot lundi, notamment sur ce sujet. "Les agriculteurs sont prêts à une alternative dès qu'elle sera prête sur le plan technique, mais nous ne pouvons pas accepter un arrêt brutal", a-t-elle dit.

En juillet, la Commission européenne a proposé le renouvellement pour dix ans de la licence du glyphosate qui expire fin 2017. Le vote sur l'autorisation de cet herbicide, le plus utilisé au monde, pourrait avoir lieu le 5 ou le 6 octobre au sein d'un comité d'experts.

La France a annoncé qu'elle voterait contre la proposition de la Commission. Elle a une position-clé car une majorité qualifiée est requise.

L'association environnementale Générations Futures a vu dans cette manifestation un "combat d'arrière-garde" mené par "quelques centaines d'agriculteurs manipulés par l'agro-industrie".

Le petit syndicat agricole Modef, d'inspiration communiste, a pour sa part demandé un délai de "dix ans" pour la suppression du produit, qui devrait dans cette période-là être "réservé aux professionnels".

 
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