EDF : oui à la fermeture de Fessenheim, mais sous conditions !

EDF : oui à la fermeture de Fessenheim, mais sous conditions !

Fessenheim, salle de contrôle

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Boursier.com, publié le jeudi 06 avril 2017 à 23h02

Le Conseil d'administration d'EDF, réuni jeudi,  a voté une motion qui soumet la fermeture de la centrale de Fessenheim à des conditions. Conséquence : la demande officielle d'abrogation de l'autorisation d'exploiter la centrale ne sera pas faite avant la fin du quinquennat de François Hollande, dont c'était une promesse de campagne en 2012.

En reportant au quinquennat suivant cette étape administrative indispensable, EDF laisse ses options ouvertes même si, dans un communiqué, le groupe évoque "la fermeture de façon irréversible et inéluctable de Fessenheim, si les conditions ci-dessous sont définitivement remplies".

Pas de fermeture de Fessenheim avant le lancement de l'EPR de Flamanville

Dans ce communiqué publié jeudi soir, EDF précise ses conditions : en premier lieu, la fermeture de Fessenheim "ne prendra effet qu'à la date de mise en service de l'EPR de Flamanville 3", actuellement prévue en 2019 après plusieurs reports. En second lieu, il faudra que la fermeture de la centrale alsacienne soit à ce moment-là "nécessaire au respect du plafond légal de production nucléaire fixé à 63,2 GW en France", ajoute le groupe.

Dans ces conditions, la demande d'abrogation de l'exploitation de la centrale, condition préalable à la publication du décret de fermeture, sera adressée à l'Etat par le groupe, "dans les six mois précédant la mise en service de l'EPR de Flamanville 3".

Ségolène Royal officiellement satisfaite

Or, Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement et de l'Energie, souhaitait que le conseil d'administration se prononce dès ce jeudi sur cette demande d'abrogation, afin de pouvoir publier le décret de fermeture au Journal Officiel avant la fin du quinquennat.

Mme Royal s'est cependant dite satisfaite, jeudi, saluant la "bonne décision" d'EDF d'acter dans son communiqué "le caractère inéluctable et irréversible du processus de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (...) L'Etat entérinera juridiquement cette décision dans les prochains jours", a-t-elle ajouté.

Les salariés contre la fermeture, Greenpeace choqué d'un nouveau report

Plusieurs centaines de salariés -entre 350 et 450, selon une source policière- s'étaient rassemblés jeudi devant le siège d'EDF à Paris, où se tenait le conseil d'administration, pour s'opposer à la fermeture de la centrale.

Selon un représentant de la CGT, la motion adoptée laisse ouverte la possibilité de fermer une autre centrale nucléaire que Fessenheim. "C'est une résolution qui permet (au PDG d'EDF Jean-Bernard) Lévy de garder la face mais pas au gouvernement, pour qui c'est un véritable camouflet", a déclaré Laurent Langlard, porte-parole de la fédération CGT des mines et de l'énergie.

Pour l'organisation Greenpeace, les conditions posées par EDF sont inacceptables. "S'il faut attendre le "lancement" de l'EPR de Flamanville pour fermer officiellement Fessenheim, jamais la transition énergétique ne sera enclenchée en France et le risque d'accident nucléaire est renforcé", s'inquiète l'association de défense de l'environnement dans un communiqué.

 
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