En Chine, le cinéma français à la relance après une année cruelle

En Chine, le cinéma français à la relance après une année cruelle

Devant une salle de cinéma de Pékin, le 31 juillet 2013

A lire aussi

AFP, publié le vendredi 21 avril 2017 à 11h13

Chine: le cinéma français s'est écroulé dans ce pays en 2016 avec une chute de 90% des entrées

Le cinéma français s'est écroulé en Chine en 2016 avec une chute de 90% des entrées. Mais l'apparition de salles "art et essai" pourrait aider le 7e art tricolore dans ce pays-clé, où 1.600 cinémas ont ouvert leurs portes en 12 mois.

L'an passé, 1,38 million seulement de spectateurs ont vu l'un des cinq films hexagonaux  à l'affiche en Chine ("Le chant de la mer", "Les nouvelles aventures d'Aladin", "Les saisons", "Antigang" et "Colt 45"). Un plongeon par rapport à 2015 (14,7 millions), lorsque la Chine était devenue le premier marché à l'export pour le cinéma français -- devant l'Amérique du Nord.

"Cette année-là, on avait des productions de Luc Besson ("Taken 3" et "Le Transporteur: Héritage"), qui marchent toujours bien avec leur style hollywoodien. En 2016, il n'y en avait pas", justifie à l'AFP Jean-Paul Salomé, président d'Unifrance, l'organisme chargé de la promotion du cinéma français à l'étranger.

Le réalisateur fait partie d'une délégation de professionnels (dont l'acteur Dany Boon) arrivée en Chine pour plaider la cause du cinéma hexagonal, à l'occasion du Festival international du film de Pékin qui s'achève dimanche.

"Ces dernières années, on avait une courbe des résultats qui montait. 2016 a été un point d'inflexion un peu cruel", concède M. Salomé.

- "On a du mal" -

La Chine autorise la diffusion de 60 à 70 films étrangers chaque année dans ses cinémas -- où ils font face à quelque 300 films locaux. Hollywood truste la plupart des places allouées au cinéma international. La France, elle, peut diffuser six ou sept films par an.

"Mais pour être franc, on a du mal à remplir le quota qu'on nous attribue et à fournir suffisamment de blockbusters qui ont le potentiel pour sortir sur 3.000 écrans en Chine, et plaire au grand public", avoue Jean-Paul Salomé.

Le public des cinémas chinois est surtout composé de 15-28 ans, friands de films d'Hollywood, de comédies et de comédies romantiques locales. Plus que les quotas, c'est donc surtout l'absence d'un canal de diffusion rentable pour les films "plus difficiles" qui entrave le cinéma français, note le président d'Unifrance.

Mais un réseau de salles "art et essai" qui vient d'être lancé pourrait changer la donne. Il permet à des films chinois et étrangers des sorties sur moins d'écrans, tout en assurant un modèle économique viable pour les exploitants locaux.

Les établissements partenaires s'engagent à proposer chaque jour au moins quatre séances de films "artistiques". Environ 110 cinémas sont concernés pour l'instant. Il devraient être 500 d'ici fin 2017.

- Dalida -

"C'est une avancée importante pour le rayonnement du cinéma français et de ses auteurs en Chine", s'enthousiasme Frédérique Bredin, présidente du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC).

Ce réseau est cependant encore embryonnaire: seuls deux films -- chinois -- ont été diffusés depuis sa création en novembre.

"Et puis leur définition de +l'art et essai+, ce n'est pas notre définition", souligne Yann Zenou, de Quad Productions ("Intouchables", "L'Arnacoeur", "Ballerina"). "Par exemple, (le film biographique) +Dalida+ n'est pas classé dans cette catégorie en France. Mais il l'est en Chine, où la définition est bien plus large. Mais c'est très bien! Ça permet d'apprendre peu à peu à la population chinoise à s'intéresser aux films étrangers", note-t-il.

La Chine est importante pour le 7e art: les recettes totales y ont atteint l'an dernier 45,7 milliards de yuans (6,2 milliards d'euros, soit +3,7% sur un an). Et le pays compte désormais plus de 41.000 grands écrans, un record mondial.

"Cela devient un marché potentiellement tellement important qu'il faut le prendre en considération", résume M. Zenou.

2017 s'annonce mieux pour le cinéma français. Le film d'animation "Ballerina" a déjà atteint à lui seul 1,3 million d'entrées... soit autant que le total de 2016. Et le nouvel opus de Luc Besson, "Valérian", devrait attirer en masse un public chinois féru du réalisateur. 

 
0 commentaire - En Chine, le cinéma français à la relance après une année cruelle
  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]