Face à Vivendi, Ubisoft veut continuer à muscler sa rentabilité

Face à Vivendi, Ubisoft veut continuer à muscler sa rentabilité

LOgo du groupe Ubisoft, à Paris, le 27 octobre 2016

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AFP, publié le mardi 16 mai 2017 à 22h48

Résultats: Ubisoft a publié mardi un bénéfice net en hausse de 15% pour son exercice décalé 2016/17 et prévoit de continuer à améliorer sa rentabilité

Le groupe Ubisoft, qui fait face aux appétits de Vivendi dans le jeu vidéo, a publié mardi un bénéfice net en hausse de 15% pour son exercice décalé 2016/17 et prévoit de continuer à améliorer sa rentabilité en renforçant son segment numérique.

"Ubisoft n'a jamais été en aussi bonne forme", a souligné le directeur financier Alain Martinez au cours d'une conférence téléphonique alors que le clan Guillemot veut éviter une prise de contrôle du groupe par son actionnaire Vivendi qui a dit vouloir renforcer sa présence dans le jeu vidéo, y compris par des acquisitions.

En soulignant l'amélioration de sa rentabilité, le groupe veut aussi montrer à ses actionnaires que sa stratégie est la bonne et serait mise en péril par une acquisition.

L'éditeur de jeux vidéo dirigé par Yves Guillemot affiche un bénéfice net (IFRS) de 107,8 millions d'euros sur des ventes en hausse de 4,7% à 1,46 milliard d'euros, pour l'exercice achevé en mars 2017.

Ubisoft se félicite d'un "résultat opérationnel non IFRS record" de 237,7 millions d'euros, en hausse de 40,7% pour l'exercice achevé pendant lequel il a bénéficié du succès des jeux Ghost Recon: Wildlands et For Honor.

Il parvient ainsi à améliorer sa marge opérationnelle de 12,1% il y a deux ans, à 16,3% au cours du dernier exercice. Le groupe a relevé mardi son objectif de marge à environ 21%, contre 20% précédemment pour 2018/19.

Sa performance ressort cependant un peu inférieure aux prévisions du consensus des analystes compilé par Factset: ces derniers tablaient sur un bénéfice net de 129 millions d'euros pour un résultat opérationnel de 240 millions et des ventes de 1,477 milliard. 

- Limiter les sorties de jeux AAA -

Ubisoft a choisi de limiter à l'avenir le nombre de sorties de jeux AAA, les blockbusters du jeux vidéo très gourmands en investissements, pour allonger la durée de vie des jeux de son fond de catalogue, alimentés par des contenus supplémentaires disponibles en ligne. Il veut profiter aussi du développement des ventes numériques, via des plateformes comme Twitch, qui lui épargnent des frais de distribution.

Moins dépendant des sorties de jeux AAA, pour évoluer vers un modèle de revenus plus récurrent, Ubisoft se rapproche ainsi du modèle économique de ses grands concurrents américains comme Activision Blizzard ou Electronic Arts. 

"L'année a vu la confirmation de la très forte progression de notre segment numérique, qui représente dorénavant 50% de notre activité, et du caractère de plus en plus récurrent de notre modèle", a souligné Yves Guillemot, le PDG du groupe, cité dans le communiqué.

Pour l'exercice en cours 2017/18, Ubisoft table sur une hausse de ses ventes à environ 1,7 milliard d'euros portées par les sorties prévues de nouveaux jeux de ses franchises Assassin's Creed, Far Cry, The Crew et South Park. Il table sur un résultat opérationnel d'environ 270 millions d'euros.

Le groupe a confirmé son objectif de résultat opérationnel d'"environ 440 millions d'euros" pour 2018/19, malgré une révision à la baisse de sa prévision de chiffre d'affaires.

Le groupe prévoit de sortir quatre jeux majeurs sur cet exercice (soit 28 millions d'unités), et non plus cinq comme il l'avait envisagé, ce qui explique un objectif de ventes en retrait. Il table en revanche sur une marge opérationnelle de 21%, contre 20% précédemment.

"Notre transformation digitale (numérique, ndlr) se poursuivra en 2018-19, consolidant notre modèle beaucoup plus récurrent, plus rentable, et, désormais, moins dépendant des nouveaux lancements", a expliqué Yves Guillemot.

Alors que le groupe Vivendi, qui détient 25,15% du capital de l'éditeur et 22,92% des droits de vote de l'éditeur, pourrait reprendre son offensive pour tenter d'obtenir le contrôle du groupe, la direction d'Ubisoft insiste sur le fait que l'indépendance est la meilleure option pour son avenir.

Au cours d'une conférence téléphonique, Yves Guillemot a encouragé les actionnaires à soutenir les résolutions du groupe à sa prochaine assemblée générale, notamment celles accordant des gratifications à certains employés en récompense de leur travail, et qui avait été rejetées l'année dernière à cause de l'abstention de Vivendi.

 
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