François Fillon ne garderait que les participations d'Etat "stratégiques"

François Fillon ne garderait que les participations d'Etat "stratégiques"©Boursier.com
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Boursier.com, publié le vendredi 13 janvier 2017 à 20h42

Pour François Fillon, l'Etat doit détenir uniquement des participations au capital d'"entreprises stratégiques". Dans un entretien publié par l'hebdomadaire 'Capital', le candidat de la droite et du centre à l'élection présidentielle confirme ainsi vendredi son intention d'accélérer les cessions des participations de l'Etat s'il est élu président.

Il n'a en revanche pas précisé quels groupes et quels secteurs pourraient être concernés par ces cessions. Il a cependant affirmé qu'il comptait notamment utiliser le produit tiré de ces ventes pour financer l'accélération de l'installation de réseaux à très haut débit dans le pays.

Des cessions faciles à réaliser estimées à plus de 12 MdsE

Interrogé sur ces opérations, il évoque "une logique simple : l'Etat ne doit être actionnaire que des entreprises stratégiques", en précisant que "le moment n'est pas venu d'indiquer quelles entreprises pourraient être concernées". Concernant la direction des grandes entreprises, il juge que "nos grands groupes ont trop souffert d'être dirigés par des patrons issus du secteur public. Ils sont souvent brillants, honnêtes, mais n'ont pas assez la culture du produit."

A la fin 2016, le portefeuille boursier de l'Etat était valorisé un peu moins de 60 milliards d'euros, et avait perdu 11,5% de sa valeur sur un an, soit environ 7,8 MdsE. Selon des calculs effectués début décembre par 'boursier.com', la vente des participations non stratégiques les plus faciles à céder (Orange, Renault, Peugeot, CNP, Air France KLM) aurait rapporté à cette date 11,1 MdsE bruts dans les caisses de l'Etat. Un montant qui atteint 12,4 MdsE si l'on tient compte des cours de Bourse du 30 décembre, les marchés d'actions ayant connu une bonne fin d'année.

La défense et l'énergie devraient rester stratégiques

Les valeurs de défense devraient en revanche être considérées comme stratégiques et donc conservées au sein de l'Etat. Ce "bloc défense" comprend Thales (26% du capital, valorisés 5 MdsE au 30 décembre), Safran (14%, 3,9 MdsE) et Airbus (10,9%, 5,3 MdsE), en plus de participations non cotées (Giat-Nexter, DCNS).

Quant au pôle énergie, il parait difficile de réduire la part de l'Etat dans EDF et Areva au moment où la filière nucléaire française est en pleine restructuration. L'Etat contrôle 85,6% du capital d'EDF, valorisés 17,5 MdsE au 30 décembre),et 28,8% d'Areva en direct (valorisés 475 ME au 30 décembre). En outre, le CEA (organisme d'Etat) contrôle 57,7% d'Areva et Bpifrance, la banque publique d'investissement en détient encore 3,3%.

Le cas du groupe minier Eramet (25,6% valorisés 386 ME au 30 décembre) nous parait difficile à arbitrer, au regard de la fragilité du groupe et de son poids économique en Nouvelle-Calédonie, qui en font un sujet très sensible.

La part de l'Etat encadrée par la loi pour Engie et ADP

Et pour ce qui est d'Engie, l'ex-GDF-Suez, dont l'Etat vient de céder 4,1% le 11 janvier, (ramenant sa part à 28,7%) le dossier est moins politiquement sensible qu'EDF, mais la détention de l'Etat y est très encadrée par la loi. Celle-ci  interdit à l'Etat de descendre sous le tiers du capital ou des droits de vote sauf de manière ponctuelle et avec obligation d'y revenir sous deux ans. La situation est à peu près identique pour la participation dans Aéroports de Paris (50,6%, 5,1 MdsE au 30 décembre). Le Code des transports impose que l'Etat détienne la majorité de son capital. Pour modifier la part de l'Etat dans Engie comme dans ADP, il faudrait donc légiférer, ce qui serait loin d'être insurmontable mais nécessiterait un processus un peu plus lourd.

De nombreuses participations non cotées en question ?

Enfin, si l'Etat se lançait dans une nouvelle vague de privatisations, la question de son portefeuille non coté se poserait également. On peut citer en vrac la SNCF et la RATP, La Poste, la FDJ, France Télévisions ou encore les infrastructures comme les ports de Marseille Fos, Le Havre et Dunkerque, ou encore le gestionnaire des réseaux électriques RTE.

Sans oublier Alstom : bien que coté en Bourse, le groupe ne figure pas dans le portefeuille de l'Agence des Participation de l'Etat (APE) car les 20% contrôlés par l'Etat sont issus d'un prêt de titres appartenant à Bouygues.

 
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