Galileo, le "GPS européen", est enfin entré en service !

Galileo, le "GPS européen", est enfin entré en service !©Boursier.com
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Boursier.com, publié le jeudi 15 décembre 2016 à 21h09

Dix-sept ans après son lancement, le rival européen du GPS (Global Positioning System) américain vient d'entrer en service. Dix-huit satellites du réseau de Galileo (sur les 30 prévus d'ici à 2020) sont désormais en orbite autour de la Terre, dont quatre ont été propulsés le 17 novembre dernier par le lanceur européen Ariane depuis Kourou, en Guyane française.

Face à l'expansion du GPS américain, opérationnel dans le monde entier depuis 1995, l'Europe s'est alarmée de sa dépendance aux Etats-Unis pour ses systèmes de navigation par satellites, et a lancé en 1999 son propre projet baptisé Galileo. Le GPS avait été conçu à l'origine, dans les années 1960, pour les communications militaires américaines, avant d'être ouvert au domaine civil.

Une localisation à quelques centimètres près...

A terme, le réseau Galileo, dont le coût est estimé à 10 milliards d'euros, sera plus précis que ses équivalents américain, russe et chinois, qui sont déjà en fonctionnement. Le service européen se veut plus performant avec notamment un positionnement d'une précision, de l'ordre du mètre, supérieure à celle de ses concurrents. Un service payant permettra même une localisation à quelques centimètres près.

Pour l'instant, la précision de Galileo n'est pas encore optimale et son signal ne sera pas disponible en permanence. Ce n'est qu'en 2020, lorsque les 30 satellites seront en orbite, que le système européen offrira la meilleure précision partout dans le monde. Galileo est en outre compatible avec le GPS, et ses utilisateurs pourront accéder aux deux systèmes pour améliorer leurs recherches.

30% du PIB européen lié au positionnement en 2030 ?

Pour l'instant, Galileo propose de la géolocalisation grand public (Galileo Open Service), ainsi qu'un service pour l'identification sécurisée de professionnels (policiers, garde-côtes etc.) et  un service de secours (Search and Rescue Service) pour les personnes en détresse.

Les enjeux économiques et géostratégiques sont très importants pour l'Europe. En effet, selon le Cnes, l'agence française de l'espace, "quelque 10% du PIB européen dépend aujourd'hui des systèmes de positionnement par satellites, et d'ici 2030 ce pourcentage pourrait grimper à environ 30%".

La géolocalisation est en effet devenue cruciale pour un nombre croissant de métiers (agriculture, tourisme, transports, forces de l'ordre et armée...) et se généralise pour des usages privés (jeux vidéo de type Pokemon Go, localisation de son véhicule dans un parking...)  Les dernières innovations technologiques (voitures autonomes, objets connectés, applications de smartphones, bâtiments intelligents...) devrait encore multiplier les usages de la localisation par satellite.

Un champ d'applications qui s'ouvre aux acteurs du privé

"Avec le GPS, on sait où un train se trouve ; avec Galileo, on sait sur quelle voie il roule", a ainsi expliqué Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes lors de la cérémonie de lancement organisée jeudi à Bruxelles. "C'est un véritable champ d'applications qui s'ouvre aux acteurs du privé, dont vont bénéficier tous les citoyens", a-t-il poursuivi.

"Entrepreneurs européens, imaginez tout ce que vous pouvez faire avec Galileo ! N'attendez pas, innovez !", a renchéri le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic.

L'Europe devra cependant mettre les bouchées doubles pour transformer Galileo en une réussite commerciale. Trois autres constellations de satellites sont déjà en service (et en concurrence) à travers le monde : le GPS américain, largement dominant, le Glonass russe et le Beidou chinois.

 
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