Guyane : vers un pacte de développement de 4 milliards d'euros ?

Guyane : vers un pacte de développement de 4 milliards d'euros ?

manifestation le 28 mars 2017 d

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Boursier.com, publié le mercredi 29 mars 2017 à 21h37

Le ministre de l'Intérieur Mathias Fekl et la ministre des Outre-mer Ericka Bareigts étaient attendus avec impatience mercredi soir à Cayenne. La veille, des manifestations ont réuni environ 15.000 personnes à Cayenne et Saint-Laurent du Maroni, un chiffre sans précédent dans l'histoire de ce département français d'Amérique du sud. Les manifestants réclamaient notamment une amélioration des conditions de sécurité, d'éducation et de santé en Guyane.

Selon le quotidien économique 'Les Echos' sur son site internet, les deux ministres n'arrivent pas les mains vides. Ils seraient ainsi prêts à poser sur la table des négociations un pacte de développement pour la Guyane d'un montant de 4 milliards d'euros sur un peu moins de 10 ans. Soit "l'équivalent de 400 à 500 millions d'euros par an", ajoute le journal, citant "l'un des négociateurs". Il s'agit d'un montant très supérieur au "Pacte d'avenir" en négociation depuis 2013, et qui prévoyait dans sa dernière mouture des investissements de 2,6 MdsE.

Un Pacte d'avenir promis en 2013 par François Hollande

En visite en Guyane en décembre 2013, François Hollande avait annoncé ce pacte "pour l'avenir de la Guyane (...) qui guidera l'action publique de l'Etat, de la collectivité de Guyane et de tous les acteurs publics pour les dix ans qui viennent".

Prévue pour 2015, la signature du pacte a été reportée à de multiples reprises, les élus locaux estimant insuffisants les engagements de Paris. Fin 2016, l'Etat avait fait une dernière proposition chiffrée à 2,6 MdsE sur 15 ans, mais les élus locaux l'ont rejetée.

Le président de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG), Rodolphe Alexandre, soutien d'Emmanuel Macron pour la présidentielle, a réclamé que le pacte inclue en outre la construction de lycées et collèges, la réalisation d'une 2X2 voies entre Cayenne (Soula) et Kourou, ainsi que la rétrocession de 200.000 hectares de terrain de l'Etat.

Ségolène Royal prise à partie par les "500 frères"

La situation a semblé se débloquer le 16 mars dernier, lors de la venue en Guyane de la ministre de l'environnement, Ségolène Royal. Cette dernière a alors promis d'installer un scanner à l'aéroport de Cayenne pour endiguer le trafic de drogue, de construire la fameuse 2x2 voies, ainsi qu'un moratoire d'un an sur le RSA et le doublement du pont du Larivot, qui permet de quitter Cayenne vers Kourou.

Mais dès le lendemain, la visite de la ministre a été interrompue par le collectif des "500 frères contre la délinquance", un collectif de citoyens récemment créé pour lutter contre l'insécurité. Les "500 frères" ont fait irruption cagoulés dans les locaux de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) interrompant une conférence internationale, et entraînant le départ anticipé de Ségolène Royal du département.

Grève générale illimitée depuis lundi

Trois jours plus tard, les premiers barrages sont apparus dans le département, entraînant jour après jour de nouvelles catégories socio-professionnelles dans le mouvement, allant jusqu'à paralyser le département à partir du jeudi 23 mars. A l'appel de l'Union des travailleurs guyanais (UTG), qui regroupe 37 syndicats, une grève générale illimitée a été lancée à partir du lundi 27 mars, malgré l'envoi sur place, le samedi 25, d'une délégation interministérielle dirigée par un ancien préfet de Guyane, Jean-François Cordet.

Le mardi 29 mars, la population guyanaise s'est mobilisée pour des manifestations sans précédent dans le département, qui ont rassemblé environ 15.000 personnes à Cayenne et Saint-Laurent du Maroni.

De nombreuses mesures prévues par les ministres

Matthias Fekl et Ericka Bareigts devraient notamment confirmer les promesses précédentes (scanner à l'aéroport, 2X2 voies, cession de 200.000 hectares de terrain par l'Etat...). Sur le sujet majeur de la sécurité, attente prioritaire de la population, Mathias Fekl devrait confirmer l'implantation durable d'un escadron de gendarmes mobiles envoyé en renfort avant les fêtes de fin d'année en 2016, ainsi que la création d'un tribunal de grande instance et la construction d'une deuxième prison.

La création de nouveaux établissements scolaires serait aussi à l'ordre du jour. Sur le plan de la santé, le gouvernement devrait rassurer les Guyanais sur l'avenir du centre médical de Kourou et sur celui de l'hôpital de Cayenne, qui traverse des déboires financiers. Enfin, la CTG, dont les finances sont plombées par 8% de croissance annuelle des dépenses sociales, sera épaulée au-delà des 14 millions d'euros déjà dégagé par le fonds de compensation du RSA, selon 'Les Echos'.

 
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