Irma: après Saint-Martin, Macron au chevet de Saint-Barthélemy

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 Le président Emmanuel Macron parle avec un habitant de Saint-Martin, île sinistrée après le passage de l'ouragan Irma, le 12 septembre 2017

Le président Emmanuel Macron parle avec un habitant de Saint-Martin, île sinistrée après le passage de l'ouragan Irma, le 12 septembre 2017

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© AFP, Christophe Ena, POOL
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AFP, publié le mercredi 13 septembre 2017 à 17h55

Après Saint-Martin mardi, Emmanuel Macron s'est rendu mercredi au chevet de Saint-Barthélemy avec là encore pour priorité affichée le "retour à la normale" pour les deux îles antillaises ravagées par l'ouragan Irma.

Le chef de l'Etat est arrivé en hélicoptère matin (heure locale) à Saint-Barthélemy, un peu moins dévastée que sa voisine Saint-Martin, mais frappée aussi par le manque d'eau et d'électricité. 

Dans cette petite île (9.000 habitants), connue pour ses villas de milliardaires, le président, en bras de chemise, s'est rendu, selon les images diffusées par la collectivité de Saint-Barth sur Twitter, dans la cellule opérationnelle technique mise en place à l'aéroport, où les vols commerciaux reprennent ce mercredi.

Il a notamment annoncé qu'un mécanisme d'aide financière d'urgence serait mis en place "d'ici lundi prochain" pour les sinistrés "qui ont tout perdu" et les habitants au chômage technique.

M. Macron était la veille à Saint-Martin où il a passé la nuit. Il a participé dans la soirée à une patrouille des forces de l'ordre et plaidé pour un désarmement de l'île, déplorant qu'il y ait "autant d'armes en circulation".

Il a dénoncé les pillages commis juste après l'ouragan, des "débordements inacceptables", et annoncé que 3.000 forces de l'ordre seraient déployées "d'ici la fin de la semaine" sur cette île qui comptait 35.000 habitants avant le passage de l'ouragan. 

Le président était venu "pour rassurer, consoler et entendre la colère" des habitants, encore palpable, près d'une semaine après l'ouragan qui a fait 11 morts à Saint-Martin.

- Retour "avant un an"-

"Pour moi de l'extérieur, et je ne suis peut-être pas la seule, vous êtes sur une tour d'ivoire et vous descendez de temps en temps, (...) j'avais besoin de vous le dire entre quatre yeux", lui a déclaré mardi une résidente de Grand-Case, selon des images mises en ligne mercredi sur Twitter par un journaliste de Radio France. Emmanuel Macron s'est engagé auprès d'elle à revenir sur l'île, si possible, "avant un an".

Défendant l'action du gouvernement, critiquée par une partie de l'opposition et des habitants, M. Macron a dit que l'exécutif "a répondu dès que l'information a été donnée". Il s'est dit "favorable" à une commission d'enquête parlementaire, "mais au bon moment".

Comme d'autres membres de l'opposition avant lui, Laurent Wauquiez, vice-président des Républicains (LR), a dénoncé mercredi sur franceinfo "six jours de manquements" de l'Etat, qui n'a "pas été à la hauteur".

"Si le moment venu, le Parlement veut poser des questions, nous y répondrons, totalement, complètement et j'ai hâte de le pouvoir le faire", a rétorqué mercredi matin Edouard Philippe, se disant "extrêmement fier de la réaction des services de l'Etat". 

A Saint-Martin, le ressenti est tout autre: "Nos élus locaux ne font pas le boulot. On n'était pas comme ça après Luis (ouragan de 1995), c'est lamentable", a souligné à l'AFP Nicaise Jasaron, 32 ans. "Une semaine après l'ouragan, on nous donne une bouteille d'eau, c'est avec ça qu'on va se laver", a-t-elle déploré. 

M. Macron a promis la reprise de la distribution d'eau potable "à partir du 20 (septembre)", mais en "quantité moins importante" qu'avant l'ouragan, et la reprise de l'électricité "d'ici la fin de semaine dans tous les points sensibles".

Il a aussi souhaité que certaines écoles ouvrent "dès la semaine prochaine, même pour quelques heures", dans des "tentes gonflables", avant un retour à la normale "d'ici la Toussaint". Les enseignants pourront se remettre de leur "traumatisme" voire quitter l'île et être remplacés par des volontaires venus de Guadeloupe, a précisé le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer.

- 'Bousculer les normes' -

Le BPC Tonnerre, un bâtiment de la Marine nationale, a appareillé tôt mercredi matin depuis Toulon pour déployer aux Antilles "des capacités de reconstruction d'urgence", avec notamment 116 véhicules et 1.000 tonnes de matériel, a annoncé la préfecture maritime.

Des distributions alimentaires ont lieu, parfois dans la douleur. "J'ai faim et j'ai soif", a lâché mardi une femme enceinte en larmes, se jetant sur une bouteille et un paquet d'amandes à un point de ravitaillement d'urgence à Marigot.


Pour accélérer les évacuations, Airbus a affrété mercredi avec la Croix-Rouge un A350 de Paris vers Pointe-à-Pitre avec du matériel (station de purification eau, lampes solaires, groupes électrogènes, etc.), et rapatriera 200 sinistrés. 

Irma a fait aussi quatre mort dans la partie néerlandaise. Au total, 27 personnes sont mortes dans les Caraïbes, dix à Cuba et douze en Floride.

 
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