L'Arabie saoudite ne compte pas baisser sa production de pétrole

L'Arabie saoudite ne compte pas baisser sa production de pétrole©Boursier.com
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Boursier.com, publié le vendredi 19 février 2016 à 07h57

En matière de soutien aux cours du pétrole, il ne faut pas trop attendre de l'Arabie saoudite... Le chef de file de l'Opep et 2ème producteur mondial après les Etats-Unis, a clairement fait savoir, jeudi, que s'il vient d'accepter de geler sa production à son niveau de janvier, en concertation avec la Russie, 3ème producteur mondial, le royaume saoudien n'envisage en revanche pas de réduire cette production pour soutenir davantage les cours du brut...

Les prix du pétrole, qui ont perdu 70% de leur valeur depuis la mi-2014, "seront déterminés par l'offre et la demande, et par les forces sur le marché", a ainsi affirmé ministre des Affaires étrangères saoudien, Adel al-Jubeir, dans une interview exclusive à l'agence 'AFP'. Il a ajouté que l'Arabie saoudite n'était "pas prête à réduire sa production".

Après ces déclarations, les cours du pétrole, qui gagnaient plus de 4% jeudi en début de journée, ont réduit leurs gains en fin de séance avant de finir en recul de 0,7% à 30,45$ pour un baril de brut WTI à New York (contrat à terme de mars). Les prix ont aussi réagi à l'annonce d'une nouvelle forte progression des stocks pétroliers des Etats-Unis, qui confirme la situation d'excédent de l'offre...

Il reste que les cours du brut ont malgré tout rebondi de près de 20% depuis leur plus bas niveau du 11 février, grâce à l'accord de gel de la production signé mardi à Doha, au Qatar, entre Riyad, Moscou, Caracas et Doha. L'Iran a même apporté un soutien de principe au texte, mercredi, tout en affirmant vouloir augmenter sa propre production pétrolière à la faveur de la levée de l'embargo international...

"L'Arabie saoudite va défendre sa part de marché"

"Si les autres producteurs veulent limiter ou s'accordent à geler (...), cela peut avoir un impact sur le marché, mais l'Arabie saoudite n'est pas prête à réduire sa production", a commenté Adel al-Jubeir, réaffirmant la politique pétrolière suivie par Riyad depuis plus d'un an et demi. Le royaume saoudien "va défendre sa part de marché, nous l'avions déjà dit", a insisté le chef de la diplomatie saoudienne. L'Arabie saoudite, qui s'est fait ravir la première place mondiale par les Etats-Unis en 2014 pour la première fois, a entraîné l'Opep dans une course aux parts de marché qui a aggravé l'excédent d'offre de pétrole, au moment où la demande mondiale ramollit.

Selon les experts, Riyad espère ainsi briser l'essor de l'industrie du pétrole de schiste aux Etats-Unis, où les prix de revient sont nettement plus élevés que dans le Golfe. Riyad est d'autant plus motivé que les producteurs américains, à qui il était interdit d'exporter du pétrole brut depuis plus de 40 ans, vont bientôt pouvoir exporter à nouveau leur production... La Chambre des représentants américaine a en effet voté, le 18 décembre dernier, une loi ouvrant la voie à la reprise des exportations.

Les quotas de l'Opep inchangés depuis 2011 malgré le ralentissement économique

En novembre 2014, puis en décembre 2015, l'Opep, sous la pression de l'Arabie saoudite, a refusé de réduire ses quotas de production, ce qui n'a fait qu'accélérer la chute des cours de l'or noir, au grand dam de nombreux pays producteurs, à commencer la Russie, 3ème producteur mondial mais non-membre de l'Opep.

Le quota officiel de l'Opep de 30 millions de barils par jour a été fixé en 2011 lorsque le cours du pétrole était encore entre 90$ et 100$. Côté américain, l'exploitation du pétrole de schiste a permis à la production des Etats-Unis d'augmenter de près de 90% depuis août 2008. Mais cette progression a marqué le pas depuis l'été 2015, avec l'effondrement des cours du brut...

 
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