L'Ukraine bloque des sites et services internet russes populaires 

L'Ukraine bloque des sites et services internet russes populaires 

Petro Porochenko à Jérusalem le 30 septembre 2016

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AFP, publié le mardi 16 mai 2017 à 12h54

Censure: l'Ukraine bloque des sites et services internet russes populaires 

L'Ukraine a imposé mardi de nouvelles sanctions contre la Russie, qu'elle accuse de soutenir la rébellion séparatiste dans l'Est, en prenant la décision très controversée de bloquer l'accès sur son territoire à des services internet russes très populaires.

Actées par un décret du président Petro Porochenko, ces mesures visent en particulier le "Facebook russe" et le "Google russe", respectivement VKontakte et Yandex, très implantés dans l'ex-URSS dont l'Ukraine. Elles vont donc toucher directement des millions d'utilisateurs.

Aussitôt vivement critiquée par les internautes ukrainiens, cette décision intensifie la guerre économique mais aussi la guerre de l'information, auxquelles se livrent Kiev et Moscou depuis l'annexion de la Crimée en mars 2014, suivie d'un conflit dans l'Est avec des séparatistes prorusses soutenus militairement selon les autorités ukrainiennes par la Russie qui dément.

Les combats y ont fait plus de 10.000 morts en trois ans.

Dans le détail, parmi les sociétés visées citées dans la liste noire publiée sur la liste de la présidence ukrainienne figurent les réseaux sociaux VKontatke (VK), qui revendique plus de 15 millions d'utilisateurs ukrainiens, et Odnoklassniki ainsi que le portail Mail.ru. Ces trois dernières sociétés sont contrôlées par le milliardaire russe Alicher Ousmanov.

Ces sanctions ciblent aussi le groupe Yandex, coté à New York, qui détient un moteur de recherches très populaire et a développé de nombreux services (agrégateur d'articles de presse, cartographie...). Non seulement l'accès à ses services est bloqué mais ses actifs en Ukraine sont gelés et ses opérations commerciales et financières limitées.

Les antivirus des laboratoires Kaspersky sont également nommés.

Kiev n'a cessé de prendre des mesures limitant ses relations économiques et commerciales avec la Russie, partenaire clé depuis l'éclatement de l'URSS il y a plus de 25 ans et jusqu'à la chute dans le sang du président prorusse Viktor Ianoukovitch début 2014.

- 'Etrange' -

Mais ces sanctions sont sans doute parmi les plus controversées.

La représentante de Reporters Sans Frontières en Ukraine, Oksana Romaniouk, s'est étonnée d'une "interdiction étrange et inattendue". "Soi-disant, c'est parce que la Russie gagne de l'argent sur nos utilisateurs et que nous en sommes en guerre. Mais excusez-moi, ce sont des sanctions contre les citoyens eux-mêmes", a-t-elle écrit sur Facebook.

De nombreux internautes ont relevé d'ailleurs que les réseaux sociaux interdits, VK et Odnoklassniki, constituaient un moyen essentiel de communication pour les personnes vivant dans les régions en guerre, mais aussi d'informations sur ce qui s'y passe.

Des photos publiées par des soldats russes présumés sur leurs pages VK avaient été utilisées par Kiev et par des organisations indépendantes pour dénoncer une implication directe présumée de l'armée russe sur le territoire ukrainien. Moscou a toujours rejeté ces affirmations, indiquant simplement que ses soldats ou volontaires avaient pu se rendre dans le Donbass sur leur temps libre.

L'Ukraine s'était déjà attirée les critiques en 2015 en interdisant l'entrée sur son territoire de nombreux journalistes russes mais aussi occidentaux ayant couvert le conflit. Le président Porochenko avait dû faire machine arrière en retirant de la liste plusieurs journalistes de la BBC ainsi que des reporters espagnols et un allemand.

Plus récemment, Kiev a interdit sur son sol la candidate russe à l'Eurovision, Ioulia Samoloïva, qui s'était produite en Crimée après l'annexion. Le bras de fer qui a suivi a abouti au refus de la télévision russe de diffuser le show et à l'exclusion de la Russie de la finale du concours qui s'est tenue samedi à Kiev.

En plus des embargos commerciaux et la fermeture des espaces aériens respectifs en vigueur, les sanctions économiques ukrainiennes en vigueur contre Moscou ont été récemment élargies aux banques russes.

Cette mesure a conduit au départ forcé de la première banque russe Sberbank, qui a vendu sa filiale ukrainienne, forte de plus d'un million de clients, à un consortium d'investisseurs comprenant notamment la banque lettone Norvik Banka.

 
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