Le monde du pétrole défend son utilité malgré la transition énergétique

Le monde du pétrole défend son utilité malgré la transition énergétique

Ilham Aliyev, président de l'Azerbaïdjan, s'exprime à la tribune lors du 22e Congrès mondial du pétrole, le 10 juillet 2017 à Istanbul

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AFP, publié le lundi 10 juillet 2017 à 21h14

L'industrie pétrolière mondiale, réunie à Istanbul, a mis en avant lundi sa nécessaire adaptation à la transition énergétique, tout en défendant les hydrocarbures, seuls capables, selon elle, d'alimenter la croissance économique et démographique mondiale, notamment des pays émergents.

La transition vers un monde moins émetteur de gaz à effet de serre ne se présentera pas sous la forme d'"une solution" mais "impliquera différents parcours", en fonction des besoins de chaque pays, a affirmé Ben van Beurden, le PDG de Shell, lors de la première journée du Congrès mondial du pétrole.

Ces propos du patron de la major pétrolière anglo-néerlandaise résument le message que les acteurs mondiaux des hydrocarbures sont venus porter, alors que des experts et ONG environnementales estiment qu'il faudra laisser dans le sous-sol une grande partie des réserves d'hydrocarbures pour lutter contre le réchauffement climatique. 

"La hausse de la demande pour toutes les sources d'énergie, avec le pétrole et le gaz au coeur du mix-énergétique, sera une réalité pour encore des décennies", a ainsi estimé Amin H. Nasser, président de la compagnie saoudienne Saudi Aramco.

Le pétrole reste la première énergie consommée dans le monde, notamment du fait de sa domination comme carburant.

Dans de nombreux pays, et malgré la chute des prix de l'or noir ces deux dernières années, les énergies renouvelables, notamment le solaire, sont toutefois devenues au moins aussi peu chères que le gaz ou le charbon.

"Les énergies renouvelables n'ont cessé de dépasser toutes les prévisions", a reconnu Juan Vera, directeur des opérations de la compagnie espagnole Cepsa.

Les industriels, comme les pays producteurs, ont d'ailleurs pris conscience de cette nouvelle réalité économique, investissant eux aussi dans le solaire, comme le français Total ou certains pays du Moyen-Orient, ou dans l'éolien, comme le norvégien Statoil.

Dans l'énergie, "la croissance la plus rapide viendra des énergies renouvelables", admet Alexandre Novak, le ministre russe de l'Energie, mais il met en garde contre les tentations de "discrimination" entre les énergies.

Le secteur pétrolier a intégré les attentes dans les pays développés, ou encore en Chine, pour une transition vers un modèle économique moins émetteur de gaz à effet de serre. Des attentes accentuées par l'accord international de Paris sur le climat et d'un certain désengagement financier et industriel du charbon.

- Gourmands émergents -

Outre le développement des énergies renouvelables, les normes se renforcent en faveur d'une plus grande efficacité énergétique dans l'industrie ou le bâtiment et les véhicules électriques se vendent de plus en plus.

"Trop souvent, la transition énergétique est considérée du point de vue des Européens ou des Nord-Américains (...) mais la réalité démographique montre que ce n'est pas suffisant de se concentrer sur ces régions", a estimé le patron de Shell, citant l'Afrique et l'Asie qui vont concentrer la majeure partie des 3,6 milliards d'habitants supplémentaires attendus sur la planète d'ici la fin du siècle.

"Ces pays en croissance auront encore besoin d'hydrocarbures pour développer leurs industries", a-t-il ajouté. D'autant que certains, comme la sidérurgie, le ciment ou la chimie, ne peuvent pas se passer de la quantité d'énergie que produisent les hydrocarbures, selon lui.

Toutefois, face aux critiques sur les émissions de gaz à effet de serre issues de l'exploitation des hydrocarbures, les industriels avancent des "progrès technologiques" pour réduire leurs impacts, via la capture et le stockage du CO2, pourtant encore loin d'avoir trouvé son équilibre économique, ou les biocarburants, a énuméré Darren W. Woods, le PDG d'ExxonMobil. 

Mais, selon Amin Nasser, il faut lutter contre "la croyance croissante que le monde peut prématurément se passer de ressources fiables et prouvées comme le pétrole et le gaz". 

mhc/mch/gde

 
4 commentaires - Le monde du pétrole défend son utilité malgré la transition énergétique
  • papaetmaman -

    Contrairement au message porté par les nantis (Europe et continent nord américain) et plus encore par les écologistes, le vrai danger des décennies et siècles à venir est la surpopulation.
    Nous serons de 2,5 à 3 milliards d'individus en plus en 2050, c'est à dire demain. Ce qui signifie que ces nouveaux habitants voudront le même niveau de vie que les citoyens des pays cités plus haut. Imaginez la suite...
    Mais, comme il est probablement non politiquement correct d'en parler, tous les dirigeants mondiaux plongent la tête dans le sable.

  • FelixM -

    Il a fallu à la Terre des dizaines et des dizaines de millions d'années pour produire les hydrocarbures. Nous aurons tordu le cou à la poule aux œufs d'or en deux ou trois siècles, dilapidant ce trésor en grande partie pour des usages futiles, spoliant notre descendance. Elle n'aura plus cette manne qui donne les produits de base de la chimie et de la pharmacie.
    Il est urgent d'en faire un usage raisonné, économe, en évitant de l'utiliser dans des domaines où ce n'est pas strictement nécessaire. Il y faudra beaucoup de réflexion et beaucoup de volonté.

  • pigeonxxl38 -

    pour le monde du pétrole tous les moyens sont bons louables ou non comme tous les lobbys il s'accroche et défend bec et ongles tout ce qui est sa raison d'être !

  • loccidante -

    parlons en de la démographie , elle finira par nous ensevelir arrêtons la arrêtons la croissance faire que la terre se repose et se régénère voila notre salut
    mais les pays producteurs de pétrole ne le voit pas dans ce sens , démographie dangereuse qui créera la guerre

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