Les grèves auraient déjà coûté au moins 500 millions d'euros

Les grèves auraient déjà coûté au moins 500 millions d'euros

mouvement 2016 contre la loi travail

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Boursier.com, publié le mardi 14 juin 2016 à 23h28

A mesure que les mouvements de grèves se poursuivent contre la loi Travail, la note commence à grimper pour les entreprises concernées. Le mouvement de protestation contre le projet de loi El Khomri dure depuis début mars et a touché, à tour de rôle ou simultanément, les secteurs des transports (SNCF, RATP, Air France...), de l'énergie (centrales nucléaires, carburants) et de la gestion des déchets, notamment à Paris. Le coût combiné des différents mouvements sociaux serait déjà proche de 500 millions d'euros, a calculé le quotidien 'Les Echos', un montant qui n'est cependant pas définitif.

Mardi, le PDG d'Air France, Frédéric Gagey, a estimé que l'impact financier des quatre jours de grève observés depuis samedi par les syndicats de pilotes d'Air France dépasse probablement "les 40 millions d'euros" pour la compagnie. Au total, 1.030 vols ont dû être annulés au cours des quatre jours de grève et 127.500 passagers, dont 20.000 long-courriers, auraient été concernés par des retards ou des annulations. "Les chiffres définitifs seront publiés lors des résultats du premier semestre", a précisé Frédéric Gagey à l'agence 'AFP'.

Un coût de 400 millions d'euros pour la seule SNCF ?

Les conséquences de la grève seront plus lourdes pour la SNCF, qui a indiqué que les mouvements sociaux lui ont coûté plus de 20 ME par jour (billets non vendus, remboursements, substitutions de trains par des autocars, impact sur le fret). Or, mardi était le 13ème jour de grève à l'appel de la CGT, SUD et FO (non représentatif) auxquels s'ajoutent 7 journées de grèves en mars, avril et mai. L'impact financier est donc estimé à 400 millions d'euros depuis le début de la mobilisation en mars. Il s'agit là d'un montant supérieur aux 377 ME de bénéfice net dégagé par la SNCF en 2015 (avant dépréciations massives d'actifs pour plus de 12 milliards)...

Dans le secteur des carburants, le coût de l'arrêt de raffineries a été estimé par le groupe Total à "plusieurs dizaines de millions de dollars par semaine". Le journal 'Le Figaro' a affirmé de son côté que le manque à gagner atteignait 40 ME par semaine pour le groupe pétrolier français. La grève ayant durée plus de trois semaines, le coût pour l'entreprise pourrait atteindre 120 ME.

Le coût de la grève des éboueurs parisiens et du blocage de l'usine d'incinération de la Tiru à Ivry-sur-Seine/Paris (qui en était mardi à son seizième jour de blocage) n'est pas encore évalué. La mairie de Paris devra s'acquitter d'un surcoût provenant des bennes privées réquisitionnées pour palier le manque de bennes publiques, mais aussi du paiement des heures supplémentaires des agents publics non-grévistes.

Pas d'impact significatif sur la croissance française

Sur le plan national cependant, l'impact des grèves et blocages sur l'activité économique française serait pour l'instant négligeable selon les économistes. Au 1er trimestre, le PIB de la France a augmenté de 0,5% par rapport au 4ème trimestre 2015. Pour le 2ème trimestre, la Banque de France prévoit une hausse de 0,3% et pour l'année entière, le gouvernement table sur 1,5%, un chiffre qui n'a pas été révisé à la baisse.

Les experts rappellent que lors des grandes grèves de 1995 contre le plan Juppé, qui avaient paralysé la France pendant environ 3 semaines, le PIB du 4ème trimestre 1995 avait été amputé de 0,2 point de croissance, selon l'Insee. Malgré la gêne occasionnée au quotidien par les mouvements actuels, on reste loin du blocage généralisé opéré en 1995.

 
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