May demande aux électeurs un mandat clair pour gérer le Brexit

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 Le Premier ministre britannique Theresa May présente le programme électoral des conservateurs le 18 mai 2017, à Halifax, dans le nord de l\

Le Premier ministre britannique Theresa May présente le programme électoral des conservateurs le 18 mai 2017, à Halifax, dans le nord de l'Angleterre

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© AFP, Dan Kitwood, POOL
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AFP, publié le jeudi 18 mai 2017 à 17h40

Theresa May a demandé jeudi aux Britanniques de "renforcer" sa main pour négocier le Brexit en votant pour son Parti conservateur aux législatives du 8 juin, promettant de limiter l'immigration non-européenne, puis celle en provenance de l'UE.

"Venez me rejoindre au moment où je me bats pour le Royaume-Uni", a lancé, combative, la Première ministre britannique, en présentant le programme électoral des Tories à Halifax (nord de l'Angleterre), une circonscription détenue par le parti travailliste depuis 1987 et qui a majoritairement voté pour le Brexit.

Au moment où le pays embarque pour le "grand voyage" du Brexit, Mme May a insisté sur l'importance d'avoir un "mandat clair" afin d'arracher "le meilleur accord possible" lors des négociations de sortie de l'Union européenne.

"Les cinq années à venir seront un tournant pour le Royaume-Uni, un moment fondateur et un défi. Chaque vote pour moi et mon équipe va renforcer ma main pour les négociations", a-t-elle martelé lors de son discours prononcé dans une ancienne fabrique de tapis du XIXe siècle, devant tous les poids lourds de son gouvernement.

Au pouvoir depuis 2010, les Tories caracolent en tête des sondages à trois semaines de ce scrutin anticipé, après lequel les négociations du Brexit entreront dans le vif du sujet.

Une étude Ipsos-Mori, réalisée auprès d'un échantillon de 1.053 Britanniques et publiée jeudi, relève cependant une forte progression de l'opposition travailliste depuis la publication de son programme résolument à gauche, qui prévoit une augmentation des dépenses sociales financées par celle de l'impôt sur le revenu des plus aisés. Le Labour de Jeremy Corbyn gagne huit points à 34% des intentions de vote, mais largement derrière les Tories, à 49%.

Les autres partis sont relégués au rang de faire-valoir, avec les libéraux-démocrates (europhiles) à 7% et le parti europhobe Ukip à seulement 2%, alors qu'il était la troisième force politique du pays à l'issue des législatives de 2015 avec 12,6% des voix.

En plaçant l'immigration au cœur de leur programme, les conservateurs ont privé l'Ukip de son principal argument de campagne. Et Mme May ne s'est pas privée jeudi de répéter l'objectif de ramener le solde migratoire net à moins de 100.000 personnes par an, contre 273.000 en 2016, une promesse que les Tories peinent à tenir depuis des années.

- 'Analphabète' -

Le thème de l'immigration a été décisif dans le référendum du 23 juin 2016, qui a décidé le Brexit avec près de 52% des voix.

Evoquant la "pression sur les bas salaires et les services publics", Mme May compte d'abord faire baisser le nombre des arrivées de provenance hors-UE avec une augmentation de la taxe patronale pour employer ces immigrés.

Après la sortie de l'UE et du marché unique dans moins de deux ans, le Royaume-Uni pourra  limiter aussi le nombre d'immigrés européens, ce qui lui est impossible pour l'instant en raison du principe de libre circulation en vigueur dans l'UE.

Cet objectif, réaffirmé alors que le pays affiche son taux de chômage le plus bas depuis 1975, à 4,6%, essuie cependant des critiques, y compris au sein des rangs conservateurs.

Le quotidien The Evening Standard, dont l'ancien ministre conservateur des Finances George Osborne est le nouveau rédacteur en chef, évoque ainsi une décision "analphabète sur le plan économique" qui demeure un "mystère".

Mme May risque aussi de mécontenter son électorat  en refusant d'exclure une augmentation de l'impôt sur le revenu.

Son programme compte en outre augmenter la contribution des plus riches pour financer les aides sociales aux personnes âgées et promet d'augmenter les subventions au système de santé public du NHS.

Interrogée sur cette approche contrastant avec celle de l'ancienne Première ministre Margaret Thatcher, Theresa May a assuré: "C'est du conservatisme pur sucre". "Margaret Thatcher était une conservatrice, je suis une conservatrice et c'est un programme conservateur", a-t-elle dû affirmer. 

 "Malgré les paroles réconfortantes de Theresa May, elle dirige un parti qui a créé une économie pipée qui ne marche que pour les super-riches", a commenté Jeremy Corbyn.

 
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