May plaide pour une période de transition de deux ans après le Brexit

May plaide pour une période de transition de deux ans après le Brexit

Theresa May prononce un discours à Florence, le 22 septembre 2017

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AFP, publié le vendredi 22 septembre 2017 à 17h32

Déterminée à relancer les négociations de sortie de l'UE, Theresa May a plaidé vendredi pour un Brexit "soft" avec une période de transition de deux ans et s'est engagée à honorer les engagements financiers britanniques vis à vis des Européens.

"Nous traversons une période critique" mais "quand on se rassemble, on peut aboutir à de bons résultats", a déclaré à Florence (Italie) la Première ministre britannique, dans son premier grand discours sur le Brexit depuis celui prononcé en janvier à Londres à Lancaster House.

Soucieuse de rassurer ses partenaires européens, elle a longuement répété que, malgré le Brexit, le Royaume-Uni ne tournerait "pas le dos" à l'UE. "La réussite de nos négociations est dans l'intérêt de tous", a-t-elle insisté, ajoutant vouloir aboutir à un avenir "meilleur" pour tous les citoyens européens.

Point clef de son discours, Mme May a proposé une période de transition "d'environ deux ans" après le Brexit pendant laquelle les relations liant l'UE au Royaume-Uni resteraient en l'état, afin de pouvoir assurer une sortie de l'Union de son pays "en douceur et ordonnée".

Cette période d'ajustement offrirait au Royaume-Uni la possibilité de continuer à faire affaire librement avec le bloc européen, une proposition réclamée par son ministre des Finances Philip Hammond et les milieux d'affaires, inquiets d'une sortie sans filet de l'UE.

"Je sais que les entreprises, en particulier, accueilleraient favorablement les certitudes que cela donnerait", a souligné Theresa May.

- Prête à payer la facture -

Au plan financier, point essentiel des négociations, Mme May s'est aussi engagée à "honorer" les engagements britanniques pris dans le cadre du budget européen en cours, dont l'exercice s'achève en 2020. "Je ne veux pas que nos partenaires craignent de payer plus ou de recevoir moins (...) à cause de notre décision de partir", a-t-elle dit.

Reste qu'elle n'a donné aucun chiffre quant au montant que son pays serait prêt à payer. Les Européens l'évaluent à entre 60 et 100 milliards d'euros en tenant compte de tous les projets pour lesquels Londres s'est engagé.

Sur une autre question centrale, celle des droits des citoyens européens, Mme May a voulu rassurer en affirmant que les tribunaux britanniques devraient se référer à l'accord de sortie et qu'elle voulait qu'ils "prennent en compte les jugements de la Cour de justice de l'UE" dans leurs décisions les concernant.

"Je veux intégrer notre accord (de sortie de l'UE) dans la loi britannique et m'assurer que les tribunaux britanniques s'y réfèrent directement (...) et puissent se référer aux jugements de la Cour européenne de justice", a-t-elle dit, alors qu'une cinquantaine de personnes, dont des Britanniques, s'étaient rassemblées à Florence pour manifester, réclamant des garanties sur les futurs droits.

Ces différentes propositions satisferont-elles les Européens? Jeudi, le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier lui avait signifié qu'il attendait des "engagements clairs" pour avancer vers un accord de sortie, préalable pour Bruxelles à toute négociation d'un partenariat commercial futur, alors que démarrera lundi le 4e rendez-vous entre négociateurs britanniques et européens.

- Critiques de Brexiters -

En attendant les réactions des Européens, les critiques ont fusé au Royaume-Uni du côté de certains Brexiters purs et durs.

"Aujourd'hui est un jour de victoire pour Westminster et la classe politique (britannique). Ils ont adressé un gros doigt aux 17,4 millions de personnes" qui ont voté pour le Brexit, a tweeté Nigel Farage, ex-chef du parti europhobe Ukip.

Cela illustre la position délicate dans laquelle se trouve Mme May: affaiblie sur le plan intérieur après son échec aux législatives de juin, elle ne veut pas brusquer les Britanniques qui ont voté pour le Brexit afin de "reprendre le contrôle" de leur pays ni se mettre à dos les eurosceptique de son Parti conservateur à quelques jours de leur congrès annuel qui s'ouvre le 1er octobre.

Elle doit aussi contenir ses ministres pro-Brexit, en particulier le bouillonnant Boris Johnson, chef de la diplomatie, qui a provoqué une mini-tempête en réclamant la semaine dernière une rupture franche avec l'UE. Depuis, il a fait amende honorable, allant jusqu'à saluer vendredi un discours "motivant" porteur "d'une vision très séduisante".

 
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