Mercredi 29 mars, "D Day" pour le démarrage du Brexit !

Mercredi 29 mars, "D Day" pour le démarrage du Brexit !

drapeau Grande-Bretagne

A lire aussi

Boursier.com, publié le mardi 28 mars 2017 à 20h31

En gestation depuis le 23 juin 2016, date d'un référendum historique pour le Royaume-Uni, le "Brexit" entre dans sa phase concrète ce mercredi. La Première ministre britannique Theresa May remet une lettre à Donald Tusk, le président du Conseil européen, dans laquelle elle invoque l'article 50 du traité européen de Lisbonne, qui prévoit la procédure de sortie d'un Etat-membre de l'Union européenne.

Le déclenchement de l'article 50 rend désormais le Brexit irréversible, et ouvre une période de deux ans pour négocier un nouvel accord régissant les futures relations entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne. Les Britanniques ont déjà dévoilé leurs intentions en douze points, mais il faudra attendre le sommet européen du 29 avril prochain pour connaître la feuille de route des 27 Etats membres pour engager les négociations.

Theresa May en position avantageuse...

Theresa May aborde cette période délicate avec un certain nombre d'atouts : d'une part, elle bénéficie du soutien de son camp conservateur, ainsi que d'une grande partie de l'opinion publique, qui lui fait confiance pour conclure un accord favorable à Londres. Selon un sondage Opinium, 54% de la population se dit "confiante" que Mme May parviendra à négocier un "bon accord" pour le Royaume-Uni, lui permettant de conserver le libre accès au marché unique européen.

La dirigeante britannique est aussi aidée, pour l'instant, par la bonne tenue de l'économie britannique depuis le vote en faveur du Brexit, qui a pris de nombreux économistes à contre-pied.  La croissance du PIB a été supérieure aux attentes en 2016 et devrait rester solide en 2017 à 2%, tandis que le chômage est tombé au plus bas depuis 1975 et que la consommation progresse, malgré une poussée de l'inflation ces derniers mois, liée notamment à la chute d'environ 15% de la livre sterling depuis le référendum de juin 2016.

...mais les négociations s'annoncent complexes

Pour autant, les négociations s'annoncent difficiles avec l'UE, qui promet à Londres un "Brexit dur" si le Royaume-Uni continue d'exiger de pouvoir limiter la circulation de certains ressortissants de l'Union dans son pays. La libre-circulation des personnes dans l'UE est l'un des principaux points d'achoppement entre Londres et l'UE.

De son côté, la City de Londres s'inquiète d'une désertion par les institutions financières. Celles-ci craignent de perdre leur "passeport" européen, qui leur permet actuellement de travailler dans toute l'UE à partir de Londres. Plusieurs banques, dont l'américaine Goldman Sachs, ont d'ores et déjà prévenu qu'elles n'attendraient pas l'issue des négociations, dans deux ans, pour délocaliser une partie de leurs effectifs. Une trentaine de sociétés de la finance envisagent notamment de quitter Londres pour rejoindre Paris.

L'épée de Damoclès d'un nouveau référendum écossais

Les Britanniques restent cependant très divisés sur le Brexit : 50% estiment que leur pays a raison de quitter l'UE et 50% qu'il a tort, selon un récent sondage YouGov. Dans ces conditions, l'opinion publique risque de fluctuer au gré de l'évolution des futures négociations avec l'Union européenne.

En outre, la position du gouvernement britannique pourrait être fragilisée de l'intérieur, après l'annonce par le gouvernement nationaliste écossais (hostile au Brexit) de l'organisation d'un nouveau référendum sur l'indépendance d'ici à la fin 2018.

En outre, en Irlande du Nord, la perspective du Brexit fait craindre le retour des tensions intercommunautaires, avec le possible rétablissement d'une frontière physique avec la république d'Irlande, membre de l'UE.

 
0 commentaire - Mercredi 29 mars, "D Day" pour le démarrage du Brexit !
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]