Pétrole : suspense avant la réunion des producteurs dimanche à Doha

Pétrole : suspense avant la réunion des producteurs dimanche à Doha

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Boursier.com, publié le vendredi 15 avril 2016 à 18h50

Les principaux producteurs de pétrole, membres ou non de l'Opep, parviendront-ils à mettre en oeuvre le gel de leur production, afin de soutenir durablement les cours du brut ? Tel est l'enjeu crucial de la réunion prévue dimanche à Doha entre les représentants des pays producteurs.

Ce gel de la production, qui contribuerait à réduire les excédents actuels d'or noir sur le marché mondial, est en discussion depuis plus de deux mois, ce qui a déjà fait rebondir de plus 50% le cours du pétrole. Le prix du baril de brut léger américain WTI était tombé le 11 février au plus bas depuis 12 ans, à environ 26$, avant de rebondir au-dessus de 40$ ces derniers jours.

Cependant, même après son récent rebond, le pétrole reste à 60% en dessous de ses niveaux de la mi-2014, où le WTI avait dépassé les 105$ le baril. Or, si cette situation favorise la consommation dans les pays consommateurs (tout en pesant sur l'inflation), elle a des conséquences négatives sur les budgets de nombreux pays producteurs (Russie, Venezuela, Nigéria, Algérie...)

Réagissant à la dégringolade des cours, la Russie et l'Arabie saoudite ont annoncé le 16 février un accord pour geler leur production pétrolière à son niveau de janvier, et depuis, ils tentent de convaincre les autres pays de faire de même.

Une réunion en l'absence de l'Iran qui refuse le gel

Le principal obstacle provient de l'Iran, qui a clairement fait savoir qu'il allait augmenter fortement sa production à la faveur de la levée des sanctions internationales contre le pays, en janvier 2016. Téhéran invoque sa situation exceptionnelle et souhaite retrouver son niveau de production précédant l'embargo occidental.

Le ministre iranien du Pétrole, Bijan Zanganeh, a ainsi déclaré récemment à l'agence 'Shana' que d'ici à mars 2017, Téhéran produirait 4 millions de barils par jour (mbj), soit autant qu'en 2008. Depuis janvier, la production iranienne est déjà passée de 1,75 mbj à plus de 2 mbj début avril.

Ce même Bijan Zanganeh a jeté un froid vendredi en annonçant qu'il ne se rendrait pas à la réunion de Doha... "L'Iran a déjà annoncé qu'il ne peut pas se joindre au plan pour stabiliser les prix du pétrole tant qu'il n'aura pas retrouvé son niveau de production et d'exportation d'avant les sanctions", a précisé le porte-parole du ministère du pétrole, cité par l'agence Shana.

Cette déclaration a entraîné un recul de près de 3% du cours du baril WTI, qui est retombé vendredi en fin d'après-midi à 40,34$, alors qu'il avait dépassé les 42$ mardi dans l'espoir d'un accord à Doha. Ce jour-là, l'agence russe 'Interfax' a affirmé que l'Arabie Saoudite serait prête à geler sa production, même si l'Iran ne respectait pas cet engagement. Cette information n'a cependant pas été formellement confirmée par Riyad. Jusqu'ici, l'Arabie saoudite, qui a pompé en mars 10,1 millions de barils par jour (mbj), avait conditionné son propre respect de l'accord à la participation de l'Iran au processus.

Un marché pétrolier plus équilibré au second semestre, selon l'AIE

De son côté, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a estimé dans son dernier rapport mensuel que le déséquilibre sur le marché pétrolier devrait se résorber au cours du second semestre. Sans préjuger des décisions qui seront prises à Doha, l'AIE s'attend à ce que la chute des cours entraîner un repli de la production hors OPEP, en particulier aux Etats-Unis.

Ainsi, la production des pays n'appartenant pas au cartel d'exportateurs (dominé par l'Arabie saoudite) devrait connaitre sa plus forte baisse (-700.000 bj à 57 mbj) depuis 1992 en raison du recul de l'exploitation du pétrole de schiste aux Etats-Unis, plombée par la chute des cours.

L'Agence prévoit que l'excédent pétrolier mondial retombera à 200.000 barils par jour au cours des six derniers mois de l'année contre 1,5 mbj au premier semestre. Et ce malgré le retour de l'Iran sur le marché, qui pourrait s'avérer plus mesuré qu'attendu par certains, note l'AIE.

Coté demande, l'agence reste confiante sur le fait que la consommation mondiale progressera de 1,2 mbj cette année (ou 1,2%).

 
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