Philippe annonce un "souffle fiscal" de 11 milliards d'euros en 2018

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Le Premier ministre français Edouard Philippe à Paris, le 11 juillet 2017

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AFP, publié le mardi 11 juillet 2017 à 22h29

Le premier ministre Edouard Philippe a clarifié mardi la stratégie budgétaire du gouvernement en annonçant des baisses d'impôts massives dès 2018, évaluées à près de 11 milliards d'euros, afin de créer un "souffle fiscal" susceptible de relancer l'économie française.

Taxe d'habitation, impôt sur la fortune, flat tax... Après plusieurs jours de tergiversations, marqués par des annonces contradictoires, le chef du gouvernement a dit vouloir "accélérer" le rythme des baisses d'impôts "afin de maximiser les effets économiques de cette stratégie".

"La pression fiscale sera réduite de près de 0,6 point de PIB" l'an prochain, "soit un montant proche de 11 milliards" d'euros, a-t-il déclaré dans un entretien publié sur le site internet des Echos, à la veille du début du débat d'orientation budgétaire avec les parlementaires.

"C'est un effort considérable", qui représente "plus de la moitié" des baisses d'impôts promises par l'exécutif sur l'ensemble du quinquennat, a ajoute le premier ministre, disant vouloir "provoquer un effet de souffle fiscal en faveur de l'investissement, de l'emploi et de la croissance".

Lors de son discours de politique générale, le 4 juillet, le chef du gouvernement avait annoncé des mesures d'économie, mais aussi et surtout le report à 2019 de plusieurs réformes fiscales, afin de contenir le déficit sous la barre des 3% exigée par Bruxelles en 2017 comme en 2018.

Mais face à la grogne des milieux économiques, qui craignaient de voir l'effet des baisses d'impôts se diluer en cas d'étalement des réformes dans le temps, M. Philippe avait indiqué lundi "étudier les solutions" pour "accélérer" les baisses d'impôts, jusqu'alors prévues à 7 milliards en 2018.

"Il s'agit d'un élément d'une politique globale cohérente, avec le plan d'investissements de 50 milliards" et "la réforme du droit du travail", assure le locataire de Matignon, désireux de "donner confiance aux acteurs économiques, avec de la visibilité et des engagements précis".

- "Pas un fétichiste du chiffre" -

Oublié donc le report de la réforme de l'impôt sur la fortune (ISF): le nouveau dispositif, qui prévoit de concentrer cet impôt emblématique sur le seul patrimoine immobilier afin de favoriser l'investissement, sera appliqué "intégralement en 2018", ce qui coûtera trois milliards d'euros,.

Terminées également les hésitations sur le calendrier de la réforme de la taxe d'habitation: sa suppression pour 80% des ménages, présentée comme l'une des mesures phares d'Emmanuel Macron pour le pouvoir d'achat, sera enclenchée l'an prochain, avec une première étape évaluée à trois milliards d'euros.

Quant au prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les revenus de l'épargne, parfois qualifié de "flat tax", il sera mis en oeuvre dès 2018, avec un coût "d'environ 1,5 milliard d'euros" pour les finances publiques, souligne Edouard Philippe, qui précise que "les produits défiscalisés comme le Livret A seront toujours exemptés".

Malgré ces différentes mesures, le chef du gouvernement se dit "prudent" sur les prévisions macroéconomiques, indiquant tabler sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,6% en 2017, puis de 1,7% en 2018 et de 1,8% en 2022. Soit une trajectoire proche de celle prévue par le gouvernement précédent.

Le gouvernement a par ailleurs inscrit dans ses documents budgétaires un déficit public s'établissant à 2,7% en 2018. "Mais je ne suis pas un fétichiste du chiffre", prévient le Premier ministre. "Mon objectif politique est d'être en dessous de 3%, grâce au retour de la confiance".

La France, qui a enregistré un déficit de 3,4% du PIB en 2016, doit repasser sous la barre des 3% dès cette année et s'y maintenir l'an prochain afin de sortir de la procédure de déficit excessif dans laquelle elle se trouve.

Pour respecter cette trajectoire, tout en finançant les baisses d'impôts, le gouvernement prévoit un quasi-gel des dépenses publiques hors inflation. Sur l'Etat, "cela devrait représenter au moins 20 milliards d'euros d'économies en 2018", précise M. Philippe.

Au total, d'ici la fin du quinquennat, le chef du gouvernement se fixe pour objectif de faire passer l'endettement public de 97% du PIB en 2017 à 92% en 2022. 

vab-edy/sl/fm

 
740 commentaires - Philippe annonce un "souffle fiscal" de 11 milliards d'euros en 2018
  • lamongie -

    aujourd'hui j'ai regardé questions au gouvernement quand je vois un premier ministre qui doit lire ce qu'il doit répondre en bafouillant s'emmèlant les crayons dans ses réponses et les députés de lrm qui tremblent comme des feuilles en racontant n'importe quoi je me dis qu'on est pas dans la merde et on va devoir supporter ça pendant cinq ans pendant que choupinou et sa vieille peau font la foire avec notre pognon celui de tous ces connards de retraités qui ont voté pour lui,et en attendant il a réussi a faire fermer sa gueule a msn mais c'est vrai qu'ils sont pro-macron

  • maudac2 -

    J'ai de plus en plus l'impression que les gouvernements ne savent plus trop quoi inventer pour sortir le pays de la mouise.
    Font ils tout simplement semblants d'avoir la solution uniquement pour justifier leurs revenus.

  • LITALIENNE -

    Et pendant ce temps là on taxe les retraités à 1200 €uros mensuels. Pourquoi se gêner ?

    LAURA-EXPAT -

    la CSG va faire très mal c'est autant de pouvoir d'achat en moins :(

    maliberte -

    Oui et pourtant avec 12OO€ on est loin d'être riche

  • nipatrienipatron -

    Vous souvenez vous des rumeurs de taxes appliquées aux "propriétaires" de leur habitation, du temps de Hollande?? Et bien c'est en cours, Macron à trouvé la combine pour que ça passe comme une lettre à la poste!! Aucune compensation n'étant proposée aux communes pour remplacer la taxe d'habitation, il apparait logique que les maires songent à la remplacer à valeur égale. Les derniers bruits laissent entendre que le plus simple serait de faire payer ce manque à gagner par les propriétaires de biens immobiliers par le biais de la taxe foncière, autrement dit les sommes ôtées des budgets communaux seraient remplacés par l'augmentation importante de la taxe foncière. On dit souvent "pas vu pas pris", mais là, Macron, on t'a vu!!!

  • domisatanas -

    solution pour les retraités réduire de 30 pour cent notre consommation reculer les gros achats travaux voiture et faire nos achats sur des sites en europe pour que l'état ne touche pas de droits de douane et vous verrez vue le manque a gagner macron fera marche arrière car ce sont les retraités qui font marcher le commerce en france

    domisatanas -

    le commerce et les industries donc l'emploi

    maudac2 -

    Mais ils s'en moquent éperdument des retraités.
    Ils savent que dans les 10 ans, la majorité ne seront plus ici.

    domisatanas -

    qui les retraités ou les politiques

    maudac2 -

    Lors de toutes crises économiques, il faut un bouc émissaire.
    Actuellement on pointe du doigt les retraités qui selon les "experts" économisent trop et ne consomment pas assez.
    Issus de la guerre, ils ont appris à se restreindre et à se dispenser des inutilités à la mode.

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