Pokemon Go : souriez, vous êtes tracés !

Pokemon Go : souriez, vous êtes tracés !©Boursier.com
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Boursier.com, publié le dimanche 21 août 2016 à 07h02

Pokemon Go, simple folie estivale ou nouveau "business model" en devenir ? Les analystes financiers se penchent sur la question, alors que le patron de l'entreprise de logiciels Niantic, John Hanke, à l'origine du jeu interactif star de cet été 2016, explique à qui veut l'entendre que son modèle peut se transformer en véritable "machine à cash".

Le succès phénoménal de Pokemon Go a déjà permis de générer 200 millions de dollars de revenus dans le monde, depuis son lancement aux Etats-Unis le 6 juillet dernier... Les performances du jeu développé par Niantic ont notamment été comparées en Bourse à celles d'un autre gros succès sur smartphone, Candy Crush... Mais sur le seul premier mois de lancement, Pokemon Go a réalisé 7 fois plus de revenus !

Succès planétaire

A l'origine de cette euphorie, le succès d'un jeu mêlant une franchise vieille de 20 ans avec la réalité augmentée... Les joueurs recherchent et capturent, sur leur écran de smartphone, des personnages Pokemon dans "le monde réel", investissant, un peu partout dans le monde, les rues, les parcs, et même les bureaux et les restaurants...

Le japonais Nintendo Co qui détient une participation importante dans la "Pokemon Company", laquelle gère les droits de licence, en a déjà largement profité en Bourse, son cours ayant flambé depuis un mois...

Certains analystes estiment de leur côté que la société Niantic qui emploie une cinquantaine de personnes vaut déjà au bas mot 3 à 4 Mds de dollars sur la base d'une évaluation prudente qui pend en compte la force de frappe commerciale du nouveau jeu, à savoir : attirer le joueur où bon lui semble ! En concentrant les Pokemon dans une zone commerciale, dans un parc d'attraction, ou encore un lieu touristique, on comprend alors que la géolocalisation se transforme en or...

Passionné par la géolocalisation

John Hank est d'ailleurs un passionné de la géolocalisation... A l'origine, cet ingénieur texan qui fêtera ses 50 ans l'année prochaine a fondé "Keyhole", start-up rachetée par Google en 2004 pour 35 M$, et qui a servi de rampe de lancement à Google Earth. Diplômé sur le tard de la Haas School of Business de Berkeley en Californie, où il a obtenu son MBA en 1996, il pilote alors le développement de Google Maps et de StreetView au sein du géant californien...

Son obsession : utiliser la géolocalisation de façon simple et ludique. Ce dernier met alors en branle son projet Niantic et créé en 2011 "FieldTrip", un guide qui permet de localiser les sites remarquables. En 2012, "Ingress" propose dans un environnement réel de se lancer à la recherche d'éléments virtuels... De quoi donner des idées à Nintendo et à Pokemon Company qui recherchent eux à revigorer la fameuse licence vedette des années 90 !

Avenir radieux ?

En 2015, Niantic décide alors de voler de ses propres ailes, non sans faire entrer The Pokémon Company et Nintendo dans le tour de table aux côtés de Google. En octobre dernier, la société reçoit 20 millions de dollars de la part de Pokemon Company, de Nintendo et de Google, auquel viendront s'ajouter 10 millions de dollars...

L'avenir est-il si radieux pour la société ? Les embûches ne vont en effet pas manquer de se présenter, à commencer par la multiplication des plaintes concernant le respect de la vie privée... Pour jouer à la première version de Pokemon Go, il faut en effet créer un compte ou associer son compte Gmail sur l'application... Les éditeurs Nintendo et Niantic ont alors accès à l'intégralité du compte Google de l'utilisateur.  Outre-Atlantique, l'organisation de protection de la vie privée Epic a déjà demandé une enquête de la FTC concernant la collecte des données des joueurs inscrits...

Zones sensibles

Autre obstacle de taille dans un proche avenir, de plus en plus de lieux se ferment à l'utilisation de Pokemon Go... Sur la route, plusieurs pays ont resserré la surveillance pour éviter les accidents de la circulation. Dans les entreprises, on s'organise aussi pour ne pas être débordé par le phénomène, sans parler de la sécurité qui a amené l'armée israélienne a interdire le jeu sur les sites militaires et les zones dites "sensibles". Gageons que d'autres suivront rapidement le même chemin...

Un défi qui n'impressionne pas plus que ça certains analystes financiers qui parlent déjà d'une possible introduction en Bourse et d'un tournant historique dans l'exploitation commerciale des jeux video...

 
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