Présidentielle: prudents, les investisseurs font les derniers réglages

Présidentielle: prudents, les investisseurs font les derniers réglages

L'ambiance est calme dans les salles de marché mais la prudence est de rigueur

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AFP, publié le jeudi 20 avril 2017 à 07h32

Présidentielle: à trois jours du premier tour, les investisseurs peaufinent leurs stratégies en vue d'un scrutin jugé imprévisible

À trois jours du premier tour de l'élection présidentielle française, les investisseurs peaufinent leurs stratégies en vue d'un scrutin jugé imprévisible et dont le véritable enjeu, selon eux, n'est autre que l'avenir de la zone euro.

"Qui va gouverner ? Ce n'est pas tellement la question. (...) Ce que l'on cherche à mesurer, c'est avant tout le risque sur l'euro", affirme à l'AFP Samy Chaar, économiste de la banque privée genevoise Lombard Odier.

Les acteurs sur les marchés redoutent une victoire de la candidate du Front National Marine Le Pen, qui prône une sortie de la monnaie européenne et de l'Union après référendum. Un scénario jugé très improbable mais qui, s'il se réalisait, serait de nature à fragiliser tout l'édifice européen.

"Une remise en question de l'euro, deuxième devise la plus utilisée au monde en termes de flux commerciaux et d'épargne, constituerait un risque majeur pour les investisseurs internationaux et leurs clients", pointe M. Chaar.

"Les marchés aiment se faire peur", déplore Eric Brard, responsable mondial gestion taux chez le gestionnaire d'actifs Amundi. Mais jusqu'à présent, il n'y a "pas de mouvements financiers de défiance, ni de spéculation", assure cet expert.

C'est le résultat d'un travail de pédagogie mené par les banques, les analystes et la presse ces dernières semaines, soulignent beaucoup de financiers. 

"Aux quatre coins du monde, les analystes décortiquent depuis plusieurs semaines les articles de la constitution française et les mécanismes électoraux français", raconte un trader sous couvert d'anonymat.

Et les investisseurs se rendent compte que "même si Marine Le Pen était élue, il lui serait difficile d'appliquer sa politique" de sortie de l'euro en raison des barrières constitutionnelles et politiques, ajoute encore M. Chaar.

- Prudence de rigueur -

Fort de ce constat, "l'ambiance est calme dans les salles de marché, mais la prudence est de rigueur car on ne veut pas réitérer des épisodes comme le Brexit ou l'élection de Donald Trump", qui avaient surpris bon nombre d'observateurs, rapporte à l'AFP Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

L'issue du vote n'a jamais paru aussi incertaine alors que l'écart dans les sondages entre les quatre principaux candidats (Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon) se resserre nettement depuis 15 jours.

Côté investisseurs, un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon est qualifié de "cygne noir", soit un événement fortement improbable mais dont la réalisation aurait un impact massif sur les marchés, selon M. Dembik.

Certains experts évoquent un risque de "bank run", terme désignant des retraits massifs de la part des clients des banques, et "une dégradation très rapide de la note (de la dette) française".

Benoist Lombard, associé-gérant de Witam MFO et président de la Chambre nationale des conseillers en gestion de patrimoine (CNCGP), s'inquiète pour sa part d'une possible fuite des capitaux vers d'autres pays de la zone euro.

"Depuis quelques temps, les contrats d'assurance vie au Luxembourg intéressent fortement certains clients, soucieux que leurs placements restent investis en euros", constate auprès de l'AFP M. Lombard.

- "Tout le monde se prépare" -

Pour tenter de prédire l'issue de l'élection, chacun sa méthode. Outre le suivi des sondages, certains confient surveiller les sites de paris en ligne, d'autres scrutent l'audience des candidats sur les réseaux sociaux.

Face à la difficulté d'établir des scénarios de victoire, la plupart des investisseurs et gestionnaires ont déjà pris leurs dispositions.

"Tout le monde se prépare un peu de la même manière", estime M. Chaar. "Sans nécessairement changer la structure des portefeuilles, on met des airbags qui ne coûtent pas trop cher si tout va bien et qui peuvent rapporter si les choses se passent mal", détaille celui-ci.

Certains investisseurs se tournent notamment vers des devises considérées comme fortes, telles que le franc suisse, d'autres souscrivent des contrats d'assurance pour se protéger face à de possibles remous sur les marchés financiers.

Mais "il y a une vraie lassitude parmi les investisseurs internationaux. Certains nous disent que c'est la dernière fois qu'ils investissent en euros car ils sont lassés de voir l'euro remis en cause" régulièrement, pointe un trader.

 
386 commentaires - Présidentielle: prudents, les investisseurs font les derniers réglages
  • upsilon -

    Que les suceurs de moelle aient des suées n'est pas notre problème; quelque soit le résultat des élections ils seront toujours là pour s'intéresser au pognon difficilement engrangé par les travailleurs français. Tous ces titres angoissants, c'est du pipeau pour générer le doute chez ceux qui ont décidé de choisir la sortie de l'Europe, de l'euro et de l'OTAN. Respirons bien fort et restons serein!

  • maquisard1 -

    Si la haute finance et les banques sont inquiètes , cela veut dire quelles sont loin d'être honnêtes envers les peuples qui sont saignés a blancs pour ces mêmes banquiers et financiers qui ce gavent sur leurs dos . J'espère que la tendance va s'inverser et que les électeurs vont décider une bonne fois pour toute que tout cette tromperie n'a que trop durée et qu'il faut changer ce monde politique et financier qui n'a qu'un seul but asservir les peuples .

  • POUFPOUF -

    n'ayez pas peur!!!
    les seuls qui ont les jetons c'est tous ceux qui vivent sur notre dos : L'europe et tous ces fonctionnaires qui ont une retraite à taux plein et sans perte de salaires après 5 ans de fonctions :étonnant non !!! les instituts financiers et autres entreprises du cac 40 .
    Voilà comment se fait il que sur 11 candidats il y en a 8 qui appelle soit à partir de l'UE soit à tous renégocier . Et ceux qui ne disent rien combien d'argent gagnent t'il avec l'UE .
    voilà tout est là ... Sans doute le nombre d'élus compte t'il dans leurs choix , car ils en ont rien à faire des français ce qu'ils veulent c'est du pognon et nous faire travailler le plus longtemps possible afin de garder leurs privilèges...

    laguyte -

    Vous pouvez être fier d'être Français ,Moi je suis heureux d'apprendre qu'il y a encore dans ce pays des gens courageux qui se servent de leur cervelle.Bon vote

  • MAATHEMIS -

    ce que ne comprennent pas un certain nombre d'électeurs potentiels, car on ne le leur explique pas assez, c'est qu'une éventuelle sortie de l'euro et un mépris de la dette leur retomberont dessus, d'autant qu'une grande partie d'entre eux financent eux mêmes cette dette sans le savoir...

    Bertrande -

    C'est faux ,bien des pays de l'union ont gardé leur monnaie et ce sont ces pays qui s'en sortent le mieux ,bien mieux que ceux qui ont adopté l'euro !!!

  • audeladesapparences -

    tout ce qui contrarie la finance est bon pour le peuple. C'est aussi simple que cela !

    Voxpopudia -

    C'est clair. Et c'est pour ça qu'ils ont un peu les chocottes, les financiers et autres spéculateurs profiteurs.

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