Projet minier controversé: l'Australie fait un pas en arrière

Projet minier controversé: l'Australie fait un pas en arrière

Une mine de charbon à ciel ouvert, dans la vallée Hunter en Nouvelles-Galles du Sud, en Australie, le 18 novembre 2015

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AFP, publié le mercredi 12 juillet 2017 à 08h16

Un Etat australien a racheté la majorité de la licence accordée à un groupe chinois pour un projet controversé de mine de charbon, une décision insuffisante pour des agriculteurs qui dénoncent un sacrifice de terres fertiles.

L'ex-gouvernement travailliste de Nouvelles-Galles du Sud avait octroyé en 2008 pour un milliard de dollars australiens (666 millions d'euros) au groupe minier Shenhua les droits pour l'exploration du projet de Watermark, près de Gunnedah, à 350 km au nord de Sydney.

Mais la mise en oeuvre du projet a été retardée en raison notamment d'une mobilisation des fermiers locaux dénonçant la destruction de riches terres agricoles et d'organisation de défense de l'environnement pointant les risques de pollution de l'eau.

Le ministre des Ressources de Nouvelles-Galles du Sud, Don Harwin, a annoncé mercredi un accord prévoyant le rachat pour 262 millions de dollars australiens de 51,4% des droits.

"Ce gouvernement a estimé qu'il ne devrait pas y avoir d'activités minières sur les terres fertiles des plaines de Liverpool", a déclaré le ministre, en référence à cette dépression d'1,2 million d'hectares bornée par des zones montagneuses. 

"Les futures activités minières se limiteront aux zones montagneuses, et leur lancement est toujours subordonné à l'élaboration de plans d'aménagement."

Le gouvernement libéral a précisé que le projet de Watermark, qui doit durer 30 ans, doit toujours satisfaire à un certain nombre de critères environnementaux.

Le groupe chinois n'a pas fixé de date au lancement des travaux d'aménagement. Il doit encore obtenir le feu vert des autorités sur les questions de l'eau et de la biodiversité notamment.

Les agriculteurs de la zone hostiles au projet ne se sont pas satisfaits de la décision de l'Etat.

"Si (le gouvernement de Nouvelles-Galles du Sud) était convaincu de la nécessité de protéger les terres agricoles, il aurait annulé intégralement la licence et stoppé le projet de mine", a déclaré dans un communiqué Andrew Pursehouse, agriculteur de Breeza, dont la ferme est proche de l'endroit prévu pour la mine.

"Retirer des zones que Shenhua n'allait pas explorer ne changera rien. La population est totalement déterminée à se battre contre cette mine de charbon, quoi que décide le gouvernement."

Le président de Shenhua Australie Liu Xiang a déclaré dans un communiqué que son groupe s'assurerait de ce que le projet respecte les "standards environnementaux les plus élevés".

"La mine de charbon de Watermark a été l'objet d'une surveillance sans précédent qui prouve que le projet peut être développé de façon durable pour l'environnement", a-t-il dit.

L'an dernier, l'Etat avait déjà racheté, cette fois à BHP, une licence d'exploration accordée en 2006 sur une autre zone des plaines de Liverpool, mettant fin à une décennie de mobilisation des agriculteurs.

Le rachat d'une partie de la licence de Shenhua intervient au moment où le gouvernement australien exerce, depuis mars 2015, un contrôle accru des investissements étrangers dans l'île-continent en raison des inquiétudes de son opinion publique face à l'appétit chinois.

grk/mp/jac/spi

 
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