Ralentissement confirmé pour les crédits immobiliers

Ralentissement confirmé pour les crédits immobiliers

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Boursier.com, publié le vendredi 20 octobre 2017 à 09h53

Le ralentissement du marché du crédit immobilier entamé en avril s'est confirmé au troisième trimestre en France, selon les données publiées jeudi par l'Observatoire Crédit logement/CSA. Sur les trois mois à fin septembre, le montant global des crédits accordés affiche un recul de 0,2% par rapport à un an plus tôt et leur nombre diminue encore plus (-6,3%). Les auteurs de l'étude notent que la production affichait encore des hausses trimestrielles de 29,9% à fin mars et de 4,1% à fin juin.

La tendance reste très favorable sur douze mois, grâce aux chiffres élevés de début de 2017, avec des montants en hausse de 15,3% et un nombre de crédits accordés en progression de 9,1%.

"Nous avons un effritement, qui commence a être visible sur tous les marchés, du nombre de prêts", a souligné lors d'une présentation Michel Mouillard, professeur d'économie à l'Université Paris-Ouest et responsable des travaux de l'Observatoire. "Nous ne sommes pas en période d'effondrement, nous ne sommes pas en ouverture de récession, nous sommes en période d'atterrissage de la production et des marchés, nous sommes encore en 'soft' landing", a-t-il ajouté.

Les jeunes pénalisés

Les conditions de financement sont toujours favorables - le taux moyen des crédits (1,56% en septembre) est pratiquement stable depuis avril, juste au-dessus des plus bas (1,31%) de novembre. La tendance s'explique donc plutôt par la hausse rapide des coûts des transactions financées par emprunt. Elle atteint 5,9% sur les neuf premiers mois de 2017 par rapport à la même période de 2016, après avoir déjà augmenté de 4,3% l'an passé. Les revenus des ménages qui réalisent ces opérations n'ont progressé que de 1,7% (après +0,6% en 2016).

En conséquence, le coût relatif des opérations immobilières est monté à 5,0 années de revenus, soit le niveau le plus élevé constaté depuis le lancement de l'Observatoire au début des années 2000, contre 4,86 l'an passé à la même époque, et 4,48 en 2007, le sommet d'avant-crise.

Cette situation est particulièrement pénalisante pour les catégories les plus jeunes et les plus modestes, les principaux bénéficiaires des aides à l'accession à la propriété dans le neuf, qui ont alimenté le rebond du marché jusqu'en 2016.

La part des moins de 35 ans pour les emprunteurs dans le neuf est passée en un an de 50,1% à 49,2% et celle des accédants modestes (moins de 3 smic) de 37,8% à 37,1%. Par comparaison, elles se situaient à respectivement 54,7% et 43,9% en 2009.

 
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