Rémunération des patrons : le Medef recadre Renault, Valls veut une loi

Rémunération des patrons : le Medef recadre Renault, Valls veut une loi©Boursier.com
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Boursier.com, publié le jeudi 19 mai 2016 à 16h18

Face à la polémique, le Haut comité de gouvernement d'entreprise de l'Association française des entreprises privées (AFEP) et du Medef, l'organisation patronale, a annonce jeudi avoir recommandé au groupe Renault de changer sa politique en matière de rémunération des dirigeants. "Le Haut Comité estime que l'esprit du Code AFEP-MEDEF et les principes de la démocratie actionnariale imposent que le conseil d'administration, après consultation des principaux actionnaires pour mieux comprendre leurs attentes, décide d'introduire des évolutions significatives du mode de rémunération, dans le sens des recommandations que le Comité a formulées", peut-on lire dans le communiqué. L'instance a été créée en 2013 pour veiller au respect du Code AFEP-MEDEF, qui concerne le gouvernement d'entreprise sous tous ses aspects (rémunérations, déontologie...).

Après François Hollande, qui évoquait mardi l'idée de légiférer sur la rémunération des grands patrons français, c'est au tour de son Premier ministre de se prononcer dans cette affaire. Invité jeudi matin de la radio RTL, Manuel Valls a estimé que le code de bonne conduite Afep-Medef ne suffisait plus. "Nous avons fait le choix dans un premier temps de mettre les entreprises face à leurs responsabilités, en l'occurrence le patronat. Force est de constater que cela n'a pas été respecté, donc maintenant il faut légiférer ", a déclaré le chef du gouvernement.

Passage en force

Manuel Valls a indiqué qu'il approuvait l'amendement adopté mercredi par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, et qui vise à rendre obligatoire, dans le cadre d'un encadrement des rémunérations des patrons, le respect des votes des assemblées générales des actionnaires. Ce texte, qui prévoit aussi de plafonner ces rémunérations, a été déposé par le député Front de gauche Gaby Charroux en réaction à la décision du conseil d'administration de Renault de passer en force, malgré le vote négatif des actionnaires du constructeur automobile sur le salaire du PDG Carlos Ghosn. La loi Sapin 2 sur la transparence de la vie économique devrait comporter un autre amendement préparé par le rapporteur PS du texte, Sébastien Denaja, qui obligerait toute hausse de rémunération des patrons à être approuvée en assemblée générale.

La polémique n'a cessé d'enfler ces derniers jours, et quarante personnalités - politiques, syndicalistes, économistes ou intellectuels - ont signé jeudi dans 'Libération' un appel dans lequel elles réclament une loi "pour qu'un patron ne perçoive pas plus de 100 Smic", soit 1,75 million d'euros par an. "On nous objectera que 100 Smic, c'est bien trop. On répondra que c'est un début et que si cette loi est votée, elle obligera la quasi-totalité des patrons du CAC 40 (et donc une très grande partie de leur comité exécutif) à baisser leur rémunération d'au moins 58%", écrivent les signataires.

 
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