Suicides à France Télécom : le parquet réclame un procès pour harcèlement moral

Suicides à France Télécom : le parquet réclame un procès pour harcèlement moral

France Télécom cabine

A lire aussi

Boursier.com, publié le jeudi 07 juillet 2016 à 14h03

Après sept ans d'enquête, le parquet de Paris a demandé le renvoi en procès pour "harcèlement moral" de France Télécom et son ex-patron Didier Lombard dans l'affaire de la vague de suicides de salariés survenue entre 2008 et 2009. Selon une source proche du dossier citée par Reuters, l'entreprise et son ancien numéro un auraient délibérément mis en place, dès 2007, une politique de déstabilisation des employés pour accélérer leur départ, dans un contexte de restructuration délicate.

Devenue Orange en 2013, France Télécom est la première entreprise du CAC 40 à avoir été mise en examen pour ce type de faits. Didier Lombart, son ancien bras droit, Louis-Pierre Wenes, et celui qui fut DRH du groupe, Olivier Barberot avaient été mis en examen en juillet 2012, comme le rappelle la CFE-CGC Orange dans son communiqué.

35 suicides en 2008 et 2009

Quatre autres cadres pourraient également être jugés en correctionnelle pour complicité. Au total, ce sont 35 salariés de l'entreprise qui se sont donné la mort entre 2008 et 2009, selon les syndicats et la direction, qui demandent le renvoi en correctionnelle des dirigeants pour mise en danger de la vie d'autrui et homicide involontaire. Dans ses réquisitions, le parquet de Paris dénombre 39 victimes. Parmi elles, 19 se sont suicidées, 12 ont tenté de le faire et 8 ont subi un épisode de dépression ou ont été en arrêt de travail.

A l'origine de cette crise, la mise en place des plans NExT ("Nouvelle Expérience des Télécommunications") et surtout du volet ACT, qui visait à supprimer 22.000 postes sans plan de sauvegarde de l'emploi. La CFE-CGC explique que cette stratégie aurait mis sous pression plus de 120.000 personnes et aurait mené à ces suicides dont plusieurs ont eu lieu dans les locaux de l'entreprise. Les syndicats ajoutent qu'encore des milliers de collaborateurs sont "atteints de troubles liés à la dépression ou à l'anxiété dont ils ne se remettront peut-être jamais".

"Par la fenêtre ou par la porte"

Didier Lombard avait quitté la direction opérationnelle du groupe en mars 2010, à la suite du scandale et de ses propos qui avaient fait polémique, notamment lorsqu'il avait évoqué "une mode du suicide". La CFE-CGC fait également référence à la phrase choc qu'il a tenue dans les médias : "Ces départs, je les ferai d'une façon ou d'une autre, par la fenêtre ou par la porte". Selon les syndicats, ces mots démontrent "la brutalité des méthodes employées, et la manière cynique dont elles ont été mises en place".

Selon les informations de France Inter, le procureur a souligné que de nombreuses victimes pourraient demander des indemnisations. A l'époque des faits, le harcèlement moral était passible d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende. Depuis, les peines ont doublé.

 
0 commentaire - Suicides à France Télécom : le parquet réclame un procès pour harcèlement moral
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]