Télécoms : l'avertissement des marchés à Patrick Drahi !

Télécoms : l'avertissement des marchés à Patrick Drahi !©Boursier.com
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Boursier.com, publié le jeudi 01 octobre 2015 à 20h24

Patrick Drahi a-t-il les yeux plus gros que le ventre ? Insatiable, le magnat des médias et des télécoms enchaîne les acquisitions depuis un an. Cette expansion à marche forcée est essentiellement financée par de la dette. Une stratégie qui a souri jusqu'à présent à l'homme d'affaires franco-israélien, mais qui pourrait trouver bientôt ses limites, compte-tenu des montants en jeu et de la volatilité accrue des marchés financiers ces dernières semaines.

Ainsi, ce jeudi, Altice, le holding de tête de l'empire de médias et télécoms de M. Drahi a eu un peu de mal à boucler le financement de sa dernière acquisition, le câblo-opérateur américain Cablevision. Le groupe a ainsi procédé à une augmentation de capital de 1,61 milliard d'euros, alors qu'il visait une levée de 1,8 MdE. Or, vendredi dernier déjà, la holding de Patrick Drahi avait dû réduire le montant de son émission obligataire à haut rendement pour financer le rachat de Cablevision à 4,8 Mds$, contre un montant initial espéré de 6,3 Mds$, selon l'agence 'Reuters'.

L'action Altice a plongé de 20% en 5 séances

Altice a annoncé le 17 septembre dernier l'acquisition du 4ème câblo-opérateur américain pour 17,7 Mds$, une opération essentiellement financée par de l'endettement.

Réagissant au manque d'appétit des investisseurs pour la dette d'Altice, l'action de la holding a plongé de 9,3% jeudi à la Bourse d'Amsterdam, tandis que celle de sa filiale française Numericable-SFR a chuté de 5% à Paris. Sur les cinq dernières séances, le titre Altice a cédé plus de 20%, et Numericable-SFR a lâché environ 13%. Les deux titres ont désormais effacé leurs gains depuis le début de l'année, Altice progressant encore de 0,8% et Numericable-SFR cédant 4%.

Alors que la dette de l'ensemble Altice devrait atteindre les 45 Mds$ à la fin de l'année, une note publiée par la banque d'affaires américaine Goldman Sachs a semé des doutes. Dans cette étude consacrée à Altice, publiée le 25 septembre, GS explique que le marché de la dette à haut rendement s'est tendu au cours de l'été, ce qui complique la tâche des entreprises qui y font appel.

Goldman Sachs s'inquiète de l'endettement croissant du groupe

Les analystes de la banque conseillent toujours le titre Altice à l'achat, mais ils mettent en garde contre le climat actuel défavorable aux sociétés très endettées, comme en témoignent les mésaventures du groupe de matières premières Glencore, dont le titre s'est effondré récemment à Londres.

"Altice a peut-être atteint les limites du marché de la dette pour financer ses fusions et acquisitions [...] en particulier concernant les actifs matures comme Cablevision", estiment les analystes de Goldman Sachs. Ils pensent aussi que les marchés doutent peut-être de la capacité du groupe et de Cablevision à mettre en place les synergies annoncées.

Du côté d'Altice, on se montre cependant confiant, notamment dans la capacité du groupe à réaliser les économies prévues chez Cablevision, à savoir 900 M$ sur les trois premières années. On assure aussi que les financements du groupe sont "sécurisés et à long terme".

Rappelons qu'en un an, Altice a mis la main sur Numericable-SFR, Virgin Mobile, Portugal Telecom, Suddenlink, Cablevision ou encore Libération, le groupe L'Express et NextRadioTV (BFMTV, RMC,...)

Vers une pause dans les grandes acquisitions ?

Interrogé sur ses ambitions aux Etats-Unis, Patrick Drahi se montrait encore offensif, il y une dizaine de jours, affirmant que le groupe visait de nouvelles acquisitions. Cependant, dans un entretien accordé à 'Bloomberg', le directeur général d'Altice, Dexter Goei, a souligné de son côté la nécessité de faire une pause dans la croissance externe afin de se consacrer à l'intégration des récentes acquisitions

"Nous devons à nos investisseurs une pause dans le rythme des acquisitions, en particulier sur les plus grosses cibles", a déclaré l'homme en charge des finances pour le groupe de Patrick Drahi. Quant à la durée de cette pause, elle n'est pas déterminée : "six à neuf mois, ce n'est rien. Nous pourrions faire une pause de deux ans parce que nous avons encore une capacité énorme de croissance organique", a ajouté le bras droit de Patrick Drahi.

 
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