Trains de nuit : l'Etat confirme son désengagement

Trains de nuit : l'Etat confirme son désengagement©Boursier.com
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Boursier.com, publié le vendredi 19 février 2016 à 14h20

Comme annoncé par la presse cette semaine, le gouvernement va supprimer la quasi-totalité des trains de nuit. L'annonce a été faite ce vendredi par le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, à l'occasion d'un point d'étape sur la feuille de route pour un nouvel avenir des Trains d'Equilibre du Territoire. Faute d'alternatives suffisantes, seules deux lignes vont subsister : Paris-Briançon, et Paris-Rodez / Latour de Carol.

Fréquentation en baisse de 25% depuis 2011

"Les autres lignes de nuit desservent des territoires qui bénéficient d'offres alternatives de mobilité de bon niveau, ou qui vont prochainement s'améliorer avec la mise en service des nouvelles lignes à grande vitesse. L'Etat décide donc de ne plus financer l'exploitation de ces lignes", fait valoir Alain Vidalies. En outre, la fréquentation des trains de nuit a chuté de 25% depuis 2011. Par ailleurs, chaque billet vendu nécessite plus de 100 euros de subventionnement public en moyenne. Dans un rapport remis en février 2015, la Cour des comptes avait alerté les pouvoirs publics. "L'ampleur du besoin de renouvellement du parc de matériel roulant des trains Intercités et le retard pris en ce domaine confrontent donc à court terme, l'État et la SNCF, à des décisions urgentes et à un véritable mur d'investissement", écrivait-elle.

Ouverture à la concurrence

Pour autant, les opérateurs ferroviaires pourront, s'ils le souhaitent, "proposer de nouveaux schémas d'exploitation innovants, susceptibles de redonner de l'attractivité aux trains de nuit". Alain Vidalies a donc confirmé le lancement d'un appel à manifestation d'intérêt (AMI), "pour évaluer toutes les propositions susceptibles d'être formulées sur ces autres lignes, y compris la prise en charge de l'exploitation par une autre collectivité". L'annonce des résultats de cet appel est prévue pour le 1er juillet 2016. Sans proposition à l'issue de cette date, les lignes seront définitivement supprimées.

Investissements sur certaines lignes de jour

Concernant l'offre de jour, une concertation est en cours, avec les régions concernées. Le secrétaire d'Etat a aussi annoncé le renouvellement du matériel roulant pour certaines lignes très anciennes. Un investissement de 1,5 milliard d'euros va être réalisé sur les tronçons Paris-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont Ferrand, Transversale Sud Bordeaux-Toulouse-Marseille ainsi que sur ligne Paris-Caen-Cherbourg. Pour cette dernière, le renouvellement "pourrait prendre la forme d'une acquisition dans le cadre du marché existant entre SNCF Mobilités et Bombardier, ou dans le cadre du nouvel appel d'offres". Une nouvelle dont s'est félicitée le président de la région Normandie, Hervé Morin.

 
6 commentaires - Trains de nuit : l'Etat confirme son désengagement
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    savapa -

    Demandez donc aux conducteurs de TGV qui après leurs 18 hebdomadaires conduisent des TGV dans d'autres pays européens. C'est connu et pourtant personne ne fait rien.

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    pamir -

    "C’est connu" dites-vous.
    Merci de préciser des sources vérifiables.
    À la fois pour les 18 heures et pour les TGV "des autres pays".

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    Raboulis -

    La disparition des trains de nuit sera regrettable pour certains usagers, par exemple : 1° Les travailleurs, en particulier les militaires, contraints de travailler loin du domicile de leur famille, qui pouvaient ainsi maximiser la durée de leurs week-ends en famille; 2° Les adeptes des week-ends de ski, ou autres sports loin du domicile, qui pouvaient ainsi profiter à fond de ces journées de détente, sans avoir à s'astreindre à un départ anticipé. Certes les "parisiens" skieurs arriveront peut-être, après la fermeture des remontées mécaniques, via l'autocar,à attraper le dernier TGV; mais les skieurs provinciaux appelés à changer de gare à Paris risquent de manquer le dernier train.
    Vous me direz: nous voilà bien malheureux, les Zimbabwéens par exemple ne font pas de ski du tout et ont des problèmes autrement plus sérieux...

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    granjo -

    Et dans moins de 10 ans le réseau ferré dans le même état pitoyable que le réseau britannique qu'il a fallu renationaliser et remettre en état au frais du contribuable après que les dites sociétés s'en soit fourrés pleins les poches.

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    Railou -

    Avec un train de nuit, on gagne une nuit d' hôtel, tout en arrivant frais et dispos.

    De surcroît, avec en prime les accompagnateurs et la gentillesse des commerciaux que l'on regrettera.

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    Raboulis -

    Je suis comme vous favorable aux trains de nuit mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous : peut-être avez-vous le sommeil particulièrement facile mais dans mon expérience on dort très médiocrement (relatif inconfort, même en première classe, bruits du roulement et de la ventilation...)Il demeure toutefois que pour une nuit (ou deux, retour rapproché), cela peut faire l'affaire . Pour un week-end loisirs (ski en cette saison) c'est particulièrement intéressant.

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    viceny -

    Que l'état se retire complètement de cette entreprise qui prend le bouillon.
    A l'image de la Suisse qui l'à privatisé, et ça marche: Le Rail-La Poste-Les Airs-Les
    Grandes Ecoles-etc !!!
    Mais en France on ne peut pas, cela ferait trop d'électeurs qui devraient se retrousser les manches. La SNCM un exemple d'inefficacité, les dockers, tous ces statuts
    différents qui n'ont rien d'égalitaire, pourtant dans la devise: liberté-égalité-fraternité !!!

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    sherkhan -

    Désolé, en Suisse, les Chemins de fer fédéraux sont propriété de l'Etat, et fonctionnent à merveille, fiables, avec des dessertes entre les grandes villes chaque demi-heure, avec une fréquentation parmi les plus importantes du monde, malgré aussi la proportion de véhicules automobiles par habitants aussi une des plus élevées.
    Un très bon exemple de ce qu'il faut faire.
    A côté de ces chemins de fer fédéraux, il y a une multitude de petites compagnies privées, mais qui appartiennent plutôt en majorité aux cantons ( l'équivalent de nos départements bien qu'ils soient organisés comme des petits états ), et qui assurent une desserte complémentaire. Le tout avec un horaire général cadencé et efficace.
    Et pour les petites dessertes, de vallées ou de zones peu peuplées, en complément de cette desserte ferroviaire ( et non en concurrence ), les cars postaux assurent le service.
    Pas de gaspillages, pas de concurrence stérile, juste une vison haute de ce que doit être un service public. A l'opposé de la vision de nos gouvernants, de nos chefs d'entreprise et de nos syndicats.
    Comme quoi, la recette peut parfaitement fonctionner, à condition de changer toutes les mentalités, à tous les niveaux.

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