Uber : le patron contraint à un congé sabbatique après les scandales !

Uber : le patron contraint à un congé sabbatique après les scandales !©Boursier.com
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Boursier.com, publié le mardi 13 juin 2017 à 21h25

La plateforme américaine de VTC Uber entend tourner la page des scandales qui ont largement écorné son image depuis plusieurs mois. Deux jours après une réunion du Conseil d'administration du groupe, des annonces ont été faites mardi, impliquant une refonte de la direction et une modification radicale de la culture d'entreprise "agressive" qui a favorisé le harcèlement.

Alors qu'il était question de son départ depuis plusieurs jours, le patron d'Uber, Travis Kalanick a annoncé mardi qu'il allait prendre un congé sabbatique d'une durée non précisée. Dans un mail aux salariés, il a expliqué avoir "besoin de prendre du repos" en raison des "événements récents", faisant référence au décès de sa mère le mois dernier.

Une équipe dirigeante en pleine débandade

En outre, lorsqu'il reprendra le travail, le poste de M. Kalanick sera modifié, et un poste de président indépendant sera créé afin de limiter son influence. De plus, ses attributions de gestion de l'entreprise au jour le jour seront déléguées à un directeur des opérations (COO) un poste que le groupe cherche à pourvoir depuis plusieurs mois...

Lundi, le numéro 2 du groupe, Emil Michael avait déjà démissionné, au lendemain de la réunion du Conseil d'administration de dimanche. Proche de Travis Kalanick, il était considéré comme largement responsable de la culture d'entreprise très agressive et sexiste d'Uber, où les injures et les menaces sont tolérées, et la corruption encouragée... Le groupe a été en butte à de nombreux départs ces derniers mois, volontaires ou non, dont celui de sa directrice de la communication, du responsable du projet de voiture électrique (sur fond de procès pour vol de brevets initié par Google) et du directeur technique (qui avait caché à Uber avoir fait l'objet d'un enquête pour harcèlement sexuel lorsqu'il travaillait chez Google...)

Une culture d'entreprise à revoir

Afin de tourner la page, Uber a publié mardi les résultats d'une enquête interne sur des accusations de harcèlement et de sexisme au sein de l'entreprise. Cette enquête a été menée sous la houlette de l'ex-procureur général américain Eric Holder, et a donné lieu à une série de 47 recommandations de la part d'un cabinet d'avocat, Covington & Burling.

Parmi ces recommandations, figurent la création d'un Comité de contrôle du conseil d'administration, la révision des valeurs culturelles de l'entreprise, la réduction de la consommation d'alcool lors des événements liés au travail et l'interdiction des relations sexuelles entre les salariés et leurs supérieurs hiérarchiques, rapporte  l'agence 'Bloomberg'...

Une vingtaine de licenciements liés à du harcèlement sexuel

L'enquête interne avait été lancée en février, lorsque Susan Fowler, une ancienne ingénieure d'Uber, avait déclaré dans un blog qu'elle avait été harcelée sexuellement par son superviseur, mais que le service des ressources humaines avait ignoré sa plainte. La semaine dernière, l'entreprise américaine de VTC a annoncé le licenciement de vingt personnes, la plupart basées à San Francisco, après des accusations de harcèlement sexuel, d'intimidation ou de discrimination.

Travis Kalanick avait de son côté fait son mea culpa en février, déclarant avoir besoin d'aide dans ses fonctions de "leadership", après la diffusion d'une vidéo le montrant en train de s'énerver contre un chauffeur du réseau Uber, qui reprochait à la société d'avoir entraîné une baisse de la rémunération des chauffeurs.

Le patron d'Uber avait alors haussé le ton en répliquant au chauffeur que "certaines personnes ne prennent pas leurs responsabilités quand ils font de la merde. Ils rejettent la faute de tout ce qui leur arrive dans leur vie sur quelqu'un d'autre. Bonne chance !"

Un groupe en forte croissance, mais avec de lourdes pertes

Sur le plan financier, Uber continue à connaître une forte croissance de son activité avec un chiffre d'affaire de 6,5 milliards de dollars en 2016, grâce à un doublement de ses réservations brutes, à 20 milliards. Mais en raison de lourdes charges, le groupe continue d'être dans le rouge, avec une perte nette (hors cession de ses activités en Chine intervenue l'an dernier), d'environ 2,8 Milliards de dollars en 2016.

Financé par des levées de fonds privés, Uber est valorisé environ 68 milliards de dollars, et est implanté dans des dizaines de pays. Mais l'entreprise est sujette à de nombreuses critiques de la part de ses principaux concurrents, les chauffeurs de taxis, ainsi que de ses propres chauffeurs, qui estiment ne pas être rémunérés correctement.

 
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