Un quart des personnes se sentent déclassées par rapport à leur père

Un quart des personnes se sentent déclassées par rapport à leur père

Les femmes se sentent souvent plus déclassées que les hommes, relève l'étude de l'Insee

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AFP, publié le mercredi 12 juillet 2017 à 18h23

Un quart des 30-59 ans estiment que le niveau ou le statut de leur profession est "plus bas" ou "bien plus bas" que celui de leur père, malgré une progression globale de l'emploi vers des métiers plus qualifiés, selon une étude de l'Insee publiée mercredi.

Près de 36% des personnes interrogées en 2014-2015 expriment à l'inverse un sentiment d'ascension sociale. Environ 22% des personnes jugent que leur profession est équivalente à celle de leur père au moment où elles terminaient leurs études, et 9% qu'elle n'est pas comparable.

"Le sentiment de déclassement est donc minoritaire au sein de la population", note l'institut.

Les employés et les ouvriers représentent près de 60% des personnes qui se sentent déclassées. 

Ce sentiment varie toutefois fortement : il est élevé chez les employés et ouvriers non qualifiés - comme les ouvriers agricoles (45% d'entre eux se sentent déclassés), les caissiers (43%) ou les serveurs (40%) - moins élevé chez les employés et ouvriers qualifiés, comme ceux de l'industrie (21%), ou encore les militaires, les policiers et les pompiers (17%).

Minoritaire chez les cadres et assimilés, le sentiment de déclassement en concerne tout de même environ un sur cinq (18%). Il est particulièrement marqué chez les professionnels de l'information, des arts et des spectacles.

Les femmes se sentent plus souvent déclassées que les hommes : 27% d'entre elles estiment occuper une position sociale plus basse que leur père, contre 23% des hommes. "Cet écart s'explique en grande partie par les inégalités de genre sur le marché du travail", où les femmes sont encore surreprésentées dans les emplois non qualifiés, explique l'Insee.

Le sentiment de déclassement n'atteint que 10% lorsque les personnes interrogées se comparent à leur mère (contre 25% comparativement au père), illustrant le fait que ces inégalités étaient plus prononcées encore pour la génération des parents.

Afin de confronter le ressenti des personnes interrogées à leur mobilité sociale effective, l'Insee a comparé ces résultats avec une typologie de trajectoires sociales, établie en fonction de la catégorie socioprofessionnelle occupée par les 27.000 personnes interrogées et de celle de leurs parents. 

Selon cette typologie, seule environ une personne sur cinq (21,7%) connaît effectivement une "mobilité sociale descendante", selon l'institut.

Toutefois, le lien reste fort entre la mobilité sociale établie et la mobilité ressentie. Environ 53% des personnes qui connaissent une mobilité sociale descendante se sentent effectivement déclassés par rapport à leur père. Ce sentiment augmente d'autant plus que la catégorie d'origine du père et celle de la personne interrogée sont éloignées.

la/ao/pre

 
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