Usines automobiles: demain sera connecté et féminin

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A l'usine Renault de Cléon, en Seint-Maritime, le 6 juin 2017

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© AFP, CHARLY TRIBALLEAU
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AFP, publié le vendredi 09 juin 2017 à 10h44

Machines-outils connectées et capables de prévenir d'une panne imminente, robots collaboratifs, pièces traçables par puces électroniques et bien plus de femmes dans les effectifs, ainsi s'esquisse l'usine automobile du futur.

C'est en tout cas l'argument présenté cette semaine par Renault dans son établissement de Cléon (Seine-Maritime), qui a produit pas moins de 90 millions de moteurs et de boîtes de vitesses depuis 1958 et 1,35 million l'année dernière, pour la firme au losange mais aussi, plus récemment, pour ses partenaires comme Nissan et Mercedes.

Mais les ouvriers qui assemblaient l'emblématique moteur "Cléon-Fonte" de la Régie nationale dans les années 1960 auraient sans doute du mal à reconnaître une usine où fleurissent écrans géants tactiles, machines-outils sophistiquées ciselant des vilebrequins au micron près et petits bras robotisés côtoyant les opérateurs sur les lignes de montage.

L'installation de dizaines de robots collaboratifs répond à des impératifs de "sécurité, de qualité et de performance", remarque Paul Carvalho, directeur de l'usine, qui compte plus de 140 lignes de montage, en réfutant l'idée que l'automatisation se traduise par des pertes d'emploi. 

L'augmentation de la productivité "nous a permis de doubler la capacité et d'effectuer 600 embauches" en trois ans, assure-t-il.

Le dernier accord social signé début 2017 entre Renault et trois syndicats majoritaires prévoit une augmentation de la productivité, qui passera de 64 à 90 véhicules par salarié et par an, rappelle le directeur de la fabrication et de la logistique du groupe, José-Vicente de Los Mozos.

On installe ces robots "pour libérer toutes les opérations ergonomiques difficiles" comme un vissage imposant de s'accroupir sous un bloc moteur, ou un travail de précision comme l'encollage, insiste pour sa part Eric Marchiol, directeur de la transformation digitale chez Renault.

Sa tâche: faire basculer toutes les installations industrielles de l'entreprise vers une interconnexion en temps réel, au service d'une meilleure gestion des flux de fabrication mais aussi de la maintenance.

- Wi-fi sur 50 hectares -

"La machine qui détectera qu'elle a un roulement qui fait du bruit pourra contacter directement le fournisseur pour lui demander d'envoyer un roulement, et ensuite alerter le professionnel de la maintenance pour qu'il soit changé", s'enthousiasme M. Carvalho.

"Pour la maintenance prédictive, on a plus de 6.000 robots, 500 centres d'usinage, 300 presses d'emboutissage dans l'ensemble de nos usines que l'on est en train de connecter", énumère M. Marchiol. Ce travail de titan commence par l'installation de réseau wi-fi dans 50 hectares de bâtiments rien qu'à Cléon.

A terme, "en six mois les usines Renault capteront autant de données que Twitter en un an", affirme-t-il.

Ce programme, qui entre dans le cadre d'un investissement de 500 millions d'euros consenti par Renault pour moderniser ses usines françaises d'ici à 2019, va aussi se traduire par une traçabilité fine de milliers de pièces composant ses voitures.

Codes-barre ou puces électroniques, ces identifiants permettront de remonter le processus de fabrication jusqu'à la source d'un éventuel défaut, limitant de coûteuses campagnes de rappel et de retour sous garantie.

Autre bonus pour le client: il pourra suivre depuis sa tablette tactile la fabrication en temps réel de la voiture qu'il a commandée, Renault ambitionnant de réduire de moitié le délai moyen entre la prise de commande et la livraison, selon M. Marchiol.

Parallèlement à cette modernisation, qui comprend aussi des formations via des casques de réalité virtuelle, Renault Cléon est engagé dans une féminisation de ses effectifs, souligne M. Carvalho, qui souhaite "embaucher entre 30 et 40% de femmes" et se félicite d'avoir fait passer le taux de féminisation de 7 à 14% en un an.

"La société est faite comme cela, elle est mixte, elle est diverse", explique-t-il à l'AFP en marge de la visite où une jeune employée a effectué une démonstration d'un "exosquelette" lui permettant d'enchaîner des déplacements de lourds systèmes de dépollution moteur.

"Ensuite, quand on regarde le niveau de performance d'une entreprise où le taux de féminisation est supérieur à 30%, on se rend compte que c'est généralement beaucoup plus performant et beaucoup plus calme socialement que d'autres", ajoute-t-il.

 
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