18 milliards de livres pour Hinkley Point C ou pour des éoliennes ?

18 milliards de livres pour Hinkley Point C ou pour des éoliennes ?

Une éolienne et un tournesol, près de Vienne.

Boursier.com, publié le mardi 16 août 2016 à 07h59

Les spécialistes de Bloomberg New Energy Finance (BNEF) ont cherché à savoir ce que pourrait faire le gouvernement britannique avec les 18 milliards de livres du projet Hinkley Point C, s'ils étaient consacrés aux énergies renouvelables. Leur analyse, publiée cette nuit, tend à démontrer que pour un investissement identique, Londres pourrait obtenir la même production électrique avec 830 éoliennes offshore. Mais l'équation n'est évidemment pas aussi simple. "Si nous disposions aujourd'hui de 18 milliards de livres, nous pourrions construire 5,7 GW de turbines offshore, un peu moins du double de la capacité d'Hinkley Point pour une production électrique identique", explique Keegan Kruger, qui a co-écrit le rapport. Ce calcul, précise-t-il cependant, concerne uniquement le coût en capital nécessaire à l'installation des actifs de production, mais pas les dépenses opérationnelles ni le prix de l'énergie. Il ne prend pas non plus en compte la problématique de l'investissement nécessaire à la création de capacités de stockage à une échelle jamais vue pour assurer la continuité de fourniture quand les installations ne bénéficient pas de conditions climatiques adéquates. En revanche, la construction serait plus rapide que celle de deux tranches nucléaires et créerait, selon l'étude, davantage d'emplois.

Interrogé, un porte-parole d'EDF a répliqué à BNEF qu'Hinkley Point C est concurrentiel avec n'importe quelle autre source de production à faible émission de carbone. Il a notamment rappelé que le prix négocié pour l'électricité est de 92,50£ par MWh contre une moyenne de 123 MWh pour le plan 2020 britannique sur les énergies renouvelables, et un prix de marché actuel de 137£ par MWh, "sans intégrer les coûts additionnels de la production intermittente".

Les centrales à gaz n'ont plus la cote, le photovoltaïque est hors course

BNEF a également calculé que le recours à des centrales au gaz serait le plus économique à court terme. Le budget atteindrait environ 3 Mds£ pour construire des capacités équivalentes aux deux réacteurs prévus par EDF. Cependant, cela marquerait un retour en arrière par rapport à la politique britannique de réduire les émissions. En outre, les coûts d'approvisionnement en gaz seraient nécessairement beaucoup plus élevés qu'en combustible nucléaire. Installer des éoliennes sur terre réduirait aussi la facture, avec une estimation à 11 Mds£ là encore pour des capacités équivalentes. Mais cette solution se heurte à des problèmes fonciers locaux et à la réticence politique de faire pousser des champs d'éoliennes comme des champignons, compte tenu de leur impact paysager. Quant au solaire, pas la peine d'y penser, selon les experts Bloomberg : il faudrait environ 19,4 Mds£ pour installer les 80 millions de panneaux nécessaires, ce qui couvrirait 48.000 hectares environ. De surcroît, les îles britanniques n'étant pas réputées pour leurs journées ensoleillées, la technologie est rédhibitoire : "même s'il n'y avait aucune contrainte pour le foncier et que la construction d'une ferme solaire d'une puissance équivalente à la production d'Hinkley était possible, le Royaume-Uni serait à l'arrêt quand le soleil ne brille pas, ce qui durerait de longues journées", explique Lara Hayim, qui a participé à l'étude.

 
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