Aéronautique : Safran, Thalès, Airbus, quel avenir pour les participations de l'Etat?

Aéronautique : Safran, Thalès, Airbus, quel avenir pour les participations de l'Etat?

AASM Hammer monté sur un Rafale.

Boursier.com, publié le mardi 11 juillet 2017 à 10h24

L'annonce par le nouveau gouvernement d'une vaste évolution à venir du portefeuille de participations de l'Etat français et notamment de la cession de 10 milliards d'euros conduit le Crédit Suisse à faire le point sur le secteur de l'aérospatiale et de la Défense. Un secteur clef pour l'Etat qui détient des participations dans divers fleurons de cette industrie tels qu'Airbus, Safran et Thales.

Pour la banque helvète, Safran apparaît comme le candidat idéal pour le gouvernement. Thalès est une possibilité, mais plus complexe, alors qu'il semble compliqué d'imaginer une vente d'une partie du capital d'Airbus à court terme. Le broker rappelle que l'Etat français a déjà cédé des actions Safran à trois reprises depuis 2012 et a vendu une partie de sa participation dans Airbus en 2012-2013. L'État n'a en revanche pas négocié de titres Thales au cours des 10 dernières années.

Safran, candidat idéal?

Concernant Safran, l'Etat, via l'APE, détient 14% du tour de table (22,6% des droits de vote). Une participation qui n'est pas verrouillée et qui n'est régie par aucun accord d'actionnaire qui rendrait difficile toute cession... Le CS estime néanmoins qu'il est peu probable de voir l'État sortir totalement du capital, dans la mesure où il devrait vouloir conserver une certaine influence sur les décisions stratégiques à l'avenir.

Plus compliqué pour Thalès

Une éventuelle vente de titres Thales (détenu à hauteur de 26% avec 37% de droits de vote) apparaît plus compliquée, en raison des conditions de partage de pouvoir avec Dassault Aviation et des interférences des discussions potentielles sur la construction navale en Europe. Une convention d'actionnaires entre l'État français et Dassault Aviation limite effectivement la participation de la famille Dassault à un niveau inférieur à celui de l'État français... En cas de cession de l'Etat, Dassault pourrait alors se voir dans l'obligation de céder des actions (contre son gré) ou le pacte d'actionnaire pourrait être rompu (ce qui ne serait sans doute pas dans l'intérêt du gouvernement).

Impossible pour Airbus?

Enfin, l'accord conclu en 2012 sur Airbus stipule que la France, l'Allemagne et l'Espagne doivent chercher à maintenir un large équilibre de leurs participations respectives comme suit: 12% pour la France et l'Allemagne et 4% pour l'Espagne. Ils possèdent actuellement 11,1%, 11,1% et 4,2%. Une réduction de la participation française nécessiterait probablement une renégociation avec les deux autres pays, pour que ces derniers abaissent également leur participation, afin de maintenir l'équilibre convenu en 2012. Bien que ce ne soit pas impossible, il apparaît très compliqué pour le courtier d'imaginer une telle issue.

 
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