Asie : dans le vert pour commencer la semaine

Asie : dans le vert pour commencer la semaine©Boursier.com
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Boursier.com, publié le lundi 22 février 2016 à 08h07

Les places financières de la zone Asie/Pacifique débutent la semaine en hausse avec le rebond du pétrole, alors que Wall Street de son côté vient de signer sa meilleure semaine de l'année, en reprise de 2,6% sur le DJ et de 3,8% sur le Nasdaq, après un début d'exercice catastrophique, confrontée à la problématique de la hausse des taux de la Fed... L'annonce, vendredi, d'une accélération surprise de l'inflation en janvier a relancé les paris sur le rythme des resserrements monétaires outre-Atlantique... Cette semaine, de nombreux membres de la Fed s'exprimeront en public, tandis que plusieurs statistiques macro-économiques clés sont attendues... Ce matin, Shanghai reprend 2%, suivi de Hong kong qui s'adjuge 0,7%, alors que Seoul est stable avec Jakarta. Bombay et Singapour progressent de 0,2%. La Bourse de Sydney remonte de 0,9%, tout comme celle de Tokyo, alors que la devise japonaise est revenue vers les 113 unités pour un dollar après avoir atteint vendredi un plus haut d'une semaine à 112,28 entre banques.

Depuis le début de l'année, rappelons que les trois indices US ont réduit leurs pertes à respectivement -5,9% (Dow Jones), -6,1% (S&P 500) et -10% (Nasdaq). Le moteur de cette reprise reste le pétrole qui est remonté à 33,50$ le Brent et 32,40$ le WTI. La semaine dernière, les stocks de brut outre-Atlantique ont pourtant continué de fortement augmenter pour culminer à leur plus haut niveau depuis 86 ans... Après être tombé, le 11 février dernier, à son plus bas de 12 ans, à 26,21$, le cours du baril de brut léger WTI a regagné près de 20% avant de faire l'objet de prises de bénéfices en fin de semaine passée...
Le récent rebond de l'or noir a été initié par l'accord signé mardi 16 février à Doha (Qatar) entre l'Arabie saoudite, le chef de file de l'Opep, et la Russie, en vue de geler leur production de pétrole à son niveau de janvier. Le Venezuela et le Qatar vont les imiter... L'Iran a donné son accord de principe à cette initiative, tout en plaidant pour que sa "situation spéciale" soit prise en compte. Téhéran compte en effet augmenter sa production d'or noir de 700.000 barils par jour "dans un proche avenir", à la faveur de la fin de l'embargo international sur ses exportations, a affirmé samedi le vice-ministre iranien du pétrole.
Jeudi, la portée de l'accord de Doha a été quelque peu limitée par l'Arabie saoudite, qui a précisé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, que Riyad n'était "pas prête à réduire sa production". Or, selon les experts, un simple gel ne sera pas suffisant pour éponger les excédents actuels, même si la production des Etats-Unis semble diminuer sous la pression de la baisse des cours.
Vendredi, le groupe parapétrolier Baker Hugues a indiqué dans ses statistiques hebdomadaires que le nombre de puits pétroliers en exploitation aux Etats-Unis avait baissé de 26 la semaine dernière, pour tomber à 439, sa 9ème semaine de baisse consécutive. Depuis un an, le nombre de puits exploités a diminué de 606 !

Inflation US en question

Vendredi, les prix à la consommation aux Etats-Unis ont donc surpris à la hausse... Ils se sont stabilisés en janvier sur un mois (et ont progressé de 1,4% sur un an) alors que le consensus tablait sur une baisse de 0,1% par rapport à décembre, et une hausse de 1,3% sur un an. Hors alimentation et énergie, l'indice des prix sous-jacent a augmenté de 0,3% sur un mois, contre +0,2% de consensus. Sur un an, cette "core inflation" a même atteint 2,2%, son rythme le plus élevé depuis juin 2012, et supérieur à l'objectif de la Fed de 2%...
Ces chiffres ont relancé les spéculations sur une possible nouvelle hausse des taux de la Fed dès sa réunion de mars, même si la plupart des investisseurs estiment qu'elle patientera au moins jusqu'en juin, le temps d'analyser les effets du ralentissement économique mondial sur les Etats-Unis. Jeudi, l'OCDE a revu en baisse des prévisions de croissance mondiale à 3% en 2016, contre 3,3% en novembre dernier. Pour les Etats-Unis, l'organisation s'attend désormais à une hausse du PIB de 2% en 2016, contre 2,5% auparavant, et de 2,2% en 2017 (contre 2,4%)...

Manque de visibilité de la Fed

Dans ce contexte, les interventions prévues dans les prochains jours par plusieurs membres de la Fed seront particulièrement suivies. Le vice-président de la Fed, Stanley Fischer, s'exprimera demain mardi et sera suivi, mercredi, par James Bullard (Fed de Saint-Louis) et Jeffrey Lacker (Fed de Richmond). Jeudi, ce sera au tour du patron de la Fed d'Atlanta Dennis Lockhart, puis vendredi, de Jerome Powell, le gouverneur du Conseil de la Réserve fédérale.

Le 11 février dernier, en pleine tempête boursière, la présidente de la Fed, Janet Yellen, n'avait pas vraiment offert aux marchés le réconfort qu'ils espéraient... Elle a ainsi confirmé que la banque centrale maintiendrait sa politique de remontée des taux cette année. La patronne de la Fed a toutefois répété que le rythme des hausses serait graduel (après un premier relèvement d'un quart de point en décembre 2015), et qu'il dépendrait des statistiques macro-économiques et des développements à l'étranger, ce qui laisse une large marge de manoeuvre aux banquiers centraux.
Le 17 février, les Minutes de la dernière réunion de la Fed des 26 et 27 janvier dernier, ont montré que les membres de la Fed se sont inquiétés d'un assombrissement des perspectives de la croissance économique mondiale, et de ses effets possibles sur l'économie des Etats-Unis.
Ce même 17 février, le président de la Fed de Saint Louis, James Bullard, qui était jusqu'alors l'un des plus chauds partisans de la hausse des taux, a changé son fusil d'épaule, en affirmant qu'il ne serait "pas judicieux" de relever davantage les taux directeurs compte-tenu de la faiblesse de l'inflation et de la volatilité financière mondiale.

L'euro campe sur les 1,11/$ avant de nombreux indices US

Les incertitudes actuelles sur l'économie mondiale ont profité depuis le début de l'année à l'or, qui campe à 1.220$ l'once ce lundi. Le métal précieux a rebondi de plus de 16% depuis le début de l'année, soutenu par les turbulences sur les marchés d'actions et des devises, notamment en Chine et dans d'autres pays émergents.
De nombreuses statistiques seront publiées cette semaine outre-Atlantique, en particulier, vendredi, avec la deuxième estimation du PIB des Etats-Unis au 4ème trimestre. La croissance devrait être revue en baisse à +0,4% en rythme annuel, contre +0,7% en première lecture, estiment les économistes sondés par l'agence 'Bloomberg'.
Ce lundi sera publié l'indice flash PMI de l'activité manufacturière en février, suivi de celui des services attendu mercredi. En janvier, ces indices avaient déçu, contribuant à la chute des Bourses.
Dans le secteur immobilier, seront publiés l'indice Case-Shiller des prix en décembre (mardi), les ventes de logements existants en janvier (mardi) et l'indice des prix de la FHFA en décembre (jeudi). Côté consommation, la confiance des consommateurs en février sera sondée deux fois, par le Conference Board (mardi) et par l'université du Michigan (vendredi). Les marchés surveilleront aussi les données sur les revenus et dépenses des ménages en janvier (vendredi). Comme chaque semaine, les chiffres de l'emploi hebdomadaire seront publiés jeudi et les stocks hebdomadaires de pétrole seront connus mercredi. Sur les devises, en attendant, l'euro reste discuté sur les 1,11/$ entre banques ce lundi.

 
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