Asie : rechute généralisée, Tokyo plonge

Asie : rechute généralisée, Tokyo plonge

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Boursier.com, publié le jeudi 16 juin 2016 à 07h44

Le risque d'une victoire du Brexit lors du référendum britannique du 23 juin inquiète jusqu'à la Réserve fédérale américaine ainsi que les places financières de la région Asie-Pacifique... Hier soir, si la Fed a renoncé à relever ses taux directeurs mercredi, les marchés n'ont pas été particulièrement soulagés par cette nouvelle... La patronne de la Fed, Janet Yellen a évoqué les risques de turbulences en cas de Brexit, à l'issue du référendum britannique du 23 juin, et la Fed s'est montrée prudente dans ses prévisions économiques... De quoi afficher une 5ème séance de repli à Wall Street.

Ce matin, tous les indices retombent en Asie, à commencer par le Nikkei à Tokyo qui plonge de 3%, suivi de Hong Kong en recul de 2%, Singapour perd 0,8%, Seoul -1%, Shanghai -0,2%, Jakarta cède 0,10% et Bombay -1,3%...
La Banque du Japon a conservé sa politique monétaire inchangée et maintenu ses prévisions globalement optimistes pour l'économie japonaise en dépit de la remontée du yen qui déprime les marchés. Le yen a ainsi encore gagné plus de 1% par rapport au dollar, atteignant un point haut depuis 20 mois.
La banque centrale a maintenu sa promesse d'augmenter la masse monétaire, en ce qui concerne les liquidités et les dépôts, à un rythme annuel de 80.000 milliards de yens. La BoJ a également laissé inchangé le taux d'intérêt négatif de -0,1% appliqué à une partie des réserves en excès déposées par les institutions financières auprès d'elle.

Le yen au plus haut depuis septembre 2014

Le dollar est tombé à 104,50 yens, soit son niveau le plus bas depuis septembre 2014, l'inaction de la BoJ s'ajoutant aux pressions baissières accrues sur le dollar en raison de la prudence de la Fed sur ses taux directeurs.
Le rendement du JGB japonais à 10 ans a atteint un nouveau plus bas historique à -0,21%. L'euro est un peu remonté à 1,1280/$ entre banques.
Les cours du pétrole qui ont poursuivi leur décrue ces derniers jours, malgré un repli des stocks pétroliers hebdomadaires américains ont tenté de se stabiliser à 47,55$ le baril WTI et 48,50$ le Brent.

Plan de marche affiché

Mercredi, l'attention des investisseurs était donc surtout focalisée sur la conférence de presse de Janet Yellen, la présidente de la Fed... Elle s'est ainsi montrée très modérée dans ses commentaires, évoquant la nécessité d'une "approche prudente" en matière de politique monétaire... Elle a en outre cité le risque d'un Brexit, le 23 juin prochain, comme un des facteurs ayant mené la Fed à prendre mercredi sa décision de maintenir le statu quo mercredi sur ses taux. Un vote favorable au Brexit "pourrait avoir des conséquences pour les perspectives économiques aux Etats-Unis" a-t-elle souligné...
Les projections économiques des membres de la Fed montrent qu'ils s'attendent toujours à deux hausses des taux d'ici à la fin 2016. En revanche, le rythme serait plus lent en 2017, avec seulement 2 hausses d'un quart de point anticipées, contre 4 lors de la réunion de mars.
Au-delà, 2018 pourrait être marqué par 4 hausses d'un quart de point, ce qui porterait le taux des "fed funds" à 2,4% (contre 0,25%-0,50% actuellement) à la fin 2018. A plus long terme, l'objectif reste de relever les taux à 3%...
A noter que même si les projections médianes montrent qu'il faut s'attendre à 2 tours de vis cette année, le nombre de membres de la Fed qui n'en prévoient qu'un seul a augmenté, passant d'un seul membre en mars à 6 membres mercredi, sur les 17 membres que compte le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC).

La croissance américaine revue en légère baisse

Malgré sa prudence sur le calendrier monétaire, Janet Yellen s'est montrée encore assez optimiste pour l'économie américaine, qu'elle voit continuer de croître à un "rythme modéré"... Le ralentissement de la croissance observé au 1er trimestre (hausse de 0,8% du PIB en rythme annuel contre +1,4% au T4 2015) paraît être un "phénomène temporaire", a-t-elle ajouté... Elle a certes noté que "le marché de l'emploi semble avoir ralenti" aux Etats-Unis, mais a aussi souligné que la hausse des salaires paraissait s'accélérer quelque peu...

Il reste que la Fed a légèrement abaissé ses prévisions en matière de croissance aux Etats-Unis... Selon les documents publiés mercredi, les membres de la Fed s'attendent en moyenne à une croissance du PIB de 2% cette année (contre 2,2% en mars), puis de 2% en 2017 (contre 2,1% en mars) et 2% en 2018 (inchangé). Les prévisions d'inflation sont restées sages, même si elles ont été légèrement revues en hausse pour 2016, à 1,4% contre 1,2% en mars. Elles restent ensuite ancrées à 1,9% en 2017 et à 2% en 2018. Ce retour progressif vers l'objectif de 2% de la Fed semble justifier sa politique prudente en matière de resserrement monétaire...

 
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