Carrefour, c'est grave, docteur ?

Carrefour, c'est grave, docteur ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 20 septembre 2017 à 10h34

Bernstein a rencontré hier le spécialiste de la distribution française chez Kantar Worldpanel, le bureau d'études le plus suivi du secteur. Et les données qu'il a partagées montrent l'ampleur du chantier auquel doit s'atteler le nouveau PDG de l'enseigne, Alexandre Bompard. Les chiffres montrent tout d'abord que le retard accumulé par le numéro un européen dans le commerce en ligne n'est pas une légende. Carrefour est en effet cinq fois plus petit que son principal rival Leclerc sur ce segment, alors qu'ils sont de taille comparable dans l'hexagone en matière de "Drive" (605 pour Carrefour contre 623 pour Leclerc). Mais ces "Drive" sont opérés bien moins efficacement, comme le montre cette statistique cruelle selon laquelle Leclerc a trois fois plus de clients par "Drive" que Carrefour. "Les opérations de Carrefour sont faibles, elles sont distancées et ne parviennent même pas à rattraper leur retard", souligne Bruno Monteyne, l'analyste en chef de la distribution européenne chez Bernstein.

Du côté des promotions, la tendance est toujours à la multiplication en France, mais ce sont Leclerc et U qui semblent en profiter, alors que les efforts de Carrefour, qui paraissaient avoir porté leurs fruits jusque-là, sont en train de s'essouffler. Récemment, l'enseigne s'est lancée dans une offensive sur les prix, selon les données recueillies par Kantar, mais cette initiative ne suffira pas à elle seule à relancer le distributeur. L'autre point noir, ce sont les mauvaises performances des Dia convertis en France. Ces magasins ont conservé à peine 37% des ventes que le périmètre antérieur affichait, les 63% restants étant transférés notamment chez Leclerc, Lidl et Intermarché. Le groupe a payé pour 100% des revenus mais il n'en réalise plus que moins de 40%.

"Les problèmes de Carrefour sont nombreux et ne concernent pas que le positionnement prix", poursuit Bruno Monteyne, notamment parce que l'enseigne semble perdre le contact avec le coeur de sa clientèle et affiche une image dégradée en matière de prix, de choix, de qualité et de promotions. Et les relais de croissance, comme les produits frais, peinent à afficher une dynamique suffisante. Le redressement "prendra du temps", martèle l'analyste, qui pense qu'il faudra au moins 18 mois pour que des résultats tangibles apparaissent... si le management trouve les ingrédients adéquats. Bernstein est à performance de marché sur le titre, valorisé 15,50 euros par action, en-dessous des niveaux actuels.

 
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