CGG coule à nouveau, la pérennité toujours menacée

CGG coule à nouveau, la pérennité toujours menacée

Une acquisition sismique 3D.

Boursier.com, publié le vendredi 03 mars 2017 à 09h32

CGG a beau avoir fait des efforts de restructuration, l'atonie du marché géophysique a lourdement pesé sur ses résultats. Ecrasée sous le poids de sa dette, la société n'a pas les ressources nécessaires pour y faire face, sans passer par une lourde restructuration. La dette non-sécurisée devrait être convertie en actions, entraînant une dilution XXL. Mais ça, les investisseurs le savaient déjà, ce qui n'empêche pas l'action de décrocher de 14% additionnels après la publication des chiffres, à 7,67 euros. Oddo passe de neutre à alléger sur le dossier ce matin, car les résultats sont encore plus dégradés que prévu et que le message du management paraît "assez alarmant".

Les revenus du groupe ont quasiment été divisés par deux entre 2015 et 2016, pour atteindre 1,19 milliard de dollars. La contraction de l'EBITDA est supérieure, avec un niveau qui est passé de 660,6 à 327,9 M$, soit une marge qui perd quatre points à 27,4%. La perte opérationnelle de l'exercice atteint -212,7 M$, alors que le groupe affichait un résultat opérationnel positif de 61 M$ un an plus tôt. La perte nette s'établit à -576,6 M$. Les efforts de CGG ont permis de limiter les sorties de liquidités, du moins sur une base ajustée. Le cash-flow libre avant éléments non récurrents ne s'affiche qu'à -6,7 M$. Après imputation de ces éléments, il est nettement moins présentable à -174 M$. La dette nette ressortait à 2,31 Mds$ en fin d'exercice, en ligne avec les prévisions du management. Les analystes interrogés par S&P Global Market Intelligence anticipaient 1,23 Md$ de revenus, -163 M$ de résultat opérationnel et une perte nette de -386 M$, ainsi qu'un cash-flow de -237 M$ et une dette nette de 2,36 Mds$. Ces données sont toutefois à considérer avec précaution car elles ne reposent que sur les attentes de 7 bureaux d'études.

Pas d'embellie cette année

Les dirigeants n'anticipent pas d'embellie cette année. Ils tablent sur "des résultats d'exploitation très similaires à ceux de 2016" mais aussi sur "une génération de cash moins favorable". Ils sont bien conscients que les ressources ne permettront pas le service de la dette dans les années à venir. Par conséquent, le conseil d'administration confirme s'engager sur la voie de la restructuration de son passif, une fois de plus, pour "réduire de façon drastique" la dette et son coût, afin de les aligner avec les capacités financières de l'entreprise. Sans grande surprise, le management songe à une opération d'échange de dette non-sécurisée (qui totalisait 1,884 Md$ fin 2016) contre des actions, en parallèle d'une extension des échéances de la dette sécurisée. Une nouvelle dilution de taille s'annonce donc, alors que le dossier ne pèse plus que 197 ME en bourse. Un mandataire ad hoc a été nommé le 27 février par le Tribunal de commerce de Paris pour assister la société dans sa renégociation, conformément à ce qui avait été dernièrement annoncé.

Comme la question de la continuité d'exploitation se pose au moment de valider les comptes annuels, CGG indique disposer de la trésorerie suffisante pour assurer la continuité d'exploitation au moins jusqu'au 31 décembre 2017, "sous réserve que des actions spécifiques, soumises à négociation avec d'autres parties, soient menées à bien". La direction ne cache cependant pas que des incertitudes significatives pèsent actuellement.

 
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