Devises : défiant la BCE, l'euro se raffermit en fin de semaine

Devises : défiant la BCE, l'euro se raffermit en fin de semaine

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Boursier.com, publié le vendredi 08 avril 2016 à 20h29

Les nouveaux signaux de lutte anti-déflation lancés cette semaine par la Banque centrale européenne (BCE) ne sont pas parvenus à faire retomber le cours de la devise européenne face au dollar. Vendredi soir, l'euro est remonté près du seuil de 1,14$, à 1,1398$, en hausse de 0,2% par rapport à jeudi, et de 0,06% par rapport au vendredi 1er avril.

Depuis le début de l'année, l'euro s'est apprécié de plus de 4% et a retrouvé ses plus hauts niveaux depuis la mi-octobre 2015. Cette progression est a priori paradoxale, compte-tenu de l'ampleur des mesures d'assouplissement prises ces derniers mois par la BCE, qui ont encore été musclées le 10 mars dernier.

L'adoption de taux de dépôt encore plus négatifs, et la hausse des montant des achats d'actifs par la banque centrale devraient logiquement peser sur le cours de l'euro. Un euro faible a deux avantages majeurs pour l'économie de la zone euro : d'une part soutenir la compétitivité des entreprises exportatrices, et d'autre part créer de l'inflation importée, à un moment où le risque de déflation menace la croissance européenne.

La prudence de la Fed à relever ses taux contribue à renforcer le dollar

Toutefois, la politique de la BCE a été quelque peu neutralisée depuis le début de l'année par les révisions à la baisse des attentes concernant les hausses des taux directeurs aux Etats-Unis. Les dernières Minutes de la Fed, publiées mercredi, ont encore confirmé les anticipations plus "colombe" que "faucon" de la Fed, qui craint les effets du ralentissement conjoncturel mondial sur les Etats-Unis. Ces anticipations ont fait chuter le dollar ces dernières semaines face à un panier de devises internationales, y compris l'euro.

Dans ce contexte difficile, les prix à la consommation ont à nouveau reculé sur en mars dans la zone euro (-0,1% sur un an selon Eurostat), plombés par la faiblesse des cours du pétrole. Même si la baisse a été moins prononcée qu'en février (-0,2%), l'inflation reste loin de l'objectif de la BCE, qui vise un taux proche de 2%...

Jeudi, les Minutes de la BCE ainsi que le rapport annuel de l'institution ont pourtant confirmé la détermination des banquiers centraux européens à aller encore plus loin, si nécessaire, dans leur lutte contre la déflation. Le président de la BCE Mario Draghi, cité par le rapport annuel a notamment estimé que la BCE "même confrontée à des forces désinflationnistes au niveau mondial, ne se résout pas à une inflation excessivement basse".

De son côté, l'économiste en chef de la BCE, Peter Praet, a affirmé jeudi que sans les mesures prises par la BCE, les prix auraient baissé en zone euro l'an dernier, et que le PIB du bloc monétaire serait inférieur à ce qu'il est. M. Praet a ajouté qu'en cas de nouveau choc, la BCE pourrait "recalibrer immédiatement ses mesures", laissant clairement entendre que de nouvelles actions pouvaient être prises.

Il a cependant exclu de recourir à la "monnaie hélicoptère" (la BCE verserait directement de l'argent aux contribuables), une hypothèse qu'il avait pourtant lui-même évoquée récemment, en cas de nouveau choc négatif.

 
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