Devises : l'euro bondit après de nouvelles déclarations américaines

Devises : l'euro bondit après de nouvelles déclarations américaines

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Boursier.com, publié le mardi 31 janvier 2017 à 20h33

Il a deux semaines, Donald Trump lançait : "le dollar est trop fort et cela nous tue", une déclaration-choc qui a entraîné un repli de la devise américaine, notamment face à l'euro. Ce mardi, c'est au tour de Peter Navarro, conseiller du président américain, de lancer un nouveau pavé dans la mare. M. Navarro a ainsi déclaré que l'Allemagne utilisait un euro "largement sous-évalué" pour "exploiter" ses principaux partenaires commerciaux, dont les Etats-Unis...

Cette déclaration, faite via un entretien au quotidien britannique 'Financial Times', a entraîné une nette appréciation de la devise européenne, qui a gagné plus de 1% en séance face au billet vert. Mardi soir, l'euro progressait de 0,96% à 1,0805$.

Donald Trump a sonné la fin de la politique du dollar fort

La nouvelle administration américaine semble ainsi déterminée à mettre fin à la politique du dollar fort menée depuis une trentaine d'années par les Etats-Unis. Donald Trump rompt aussi avec la tradition qui veut que le président américain ne commente jamais le niveau du dollar, laissant ce soin au secrétaire au Trésor. Or, ce dernier, Steven Mnuchin, s'est pour l'instant tenu à la ligne du "dollar fort à long terme".

Les investisseurs craignent que le nouveau président n'utilise l'arme monétaire pour favoriser sa politique commerciale, qui consiste à minimiser les importations (via une politique protectionniste) et à maximiser les exportations. Le risque étant de déstabiliser les marchés des changes mondiaux, et de déclencher une course à la dévaluation monétaire.

L'élection de Donald Trump à la Maison Blanche le 8 novembre dernier, avait pourtant dans un premier temps renforcé nettement le dollar face à un panier de monnaies mondiales. Ses projets de relance budgétaire sont en effet de nature inflationniste, ce qui entraîne des taux d'intérêts plus élevés, et en retour favorise la hausse de la monnaie.

La politique de hausse des taux de la Fed soutient le billet vert

Cependant, un dollar fort, s'il encourage l'achat d'obligations d'Etat américaines par les investisseurs, pénalise aussi les entreprises américaines exportatrices. A noter que le dollar est soutenu par le cycle de relèvement des taux directeurs mené par la Fed, qui réunit mardi et mercredi son comité de politique monétaire. Les marchés s'attendent à un statu quo monétaire, après la hausse d'un quart de point du 14 décembre dernier. Mais ils chercheront à décrypter à quel rythme la banque centrale américaine compte poursuivre la normalisation de sa politique monétaire.

L'euro a ainsi perdu près de 6% face au dollar entre le 7 novembre et le 19 décembre, tombant sous 1,04$, avant de regagner 3,7%. Pour l'instant, la hausse de l'euro reste encore modeste face au dollar, et un niveau inférieur à 1,10$ ne devrait pas inquiéter la BCE. Cette dernière s'est efforcée depuis des années, via sa politique monétaire ultra-accommodante, de maintenir l'euro bas afin de favoriser la reprise économique et les exportations de la zone euro.

L'euro favorisé par les rumeurs d'un prochain "tapering" de la BCE

Toutefois, l'euro est aussi soutenu ces dernières semaines par les appels de plus en plus pressants, venus notamment d'Allemagne, à réduire progressivement le programme de rachat d'actifs de la BCE ("tapering").

Les indicateurs macro-économiques européens publiés ce mardi devraient continuer à alimenter ces arguments en faveur d'une politique monétaire moins accommodante. La croissance dans la zone euro a ainsi légèrement accéléré au quatrième trimestre avec un PIB en hausse de 0,5%, et de 1,7% sur 2016. Quant à l'inflation, elle a nettement progressé à 1,8% sur un an en janvier dans la zone euro, se rapprochant sensiblement de l'objectif que s'est fixé de la BCE d'une inflation inférieure à mais proche de 2% à moyen terme. Côté emploi, le nombre de chômeurs est retombé à 9,6% dans la zone euro et a accusé un recul plus fort que prévu en Allemagne, à 5,9%.

 
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