Devises : la livre retombe au plus bas depuis 31 ans face au dollar

Devises : la livre retombe au plus bas depuis 31 ans face au dollar

Londres Big Ben Métro

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Boursier.com, publié le mardi 04 octobre 2016 à 20h05

La livre sterling a vécu une deuxième séance difficile, mardi, sur fond de déclarations politiques en Grande-Bretagne, qui font craindre un "Brexit dur" aux conséquences fâcheuses pour les entreprises et l'économie britanniques.

Face au dollar, la monnaie britannique a encore cédé 0,8% mardi pour finir à 1,2740$, après être tombée jusqu'à 1,2720$ en cours de séance. Il s'agit de son plus bas niveau depuis 31 ans, c'est à dire 1985, face au billet vert. La devise avait déjà atteint cette zone dans les jours suivant le référendum qui a décidé du départ du Royaume-Uni de l'Union européenne, le 23 juin dernier. Face à l'euro, la livre a atteint un nouveau plus bas depuis 3 ans, à 1,1372 euro, en recul de 1%. En deux séances, la livre a ainsi abandonné environ 2% face aux devises européenne et américaine.

Par ailleurs, l'euro a aussi reculé mardi face au dollar, terminant à 1,1205$ (-0,1%) après avoir touché un plus bas à 1,1135$ en séance. Le billet vert a été soutenu par le retour des anticipations de hausses de taux directeurs par la Réserve fédérale américaine en décembre prochain, voire dès sa réunion de novembre.

La livre et l'euro ont cependant réduit leurs pertes dans l'après-midi, après des propos du ministre britannique chargé du Brexit. David Davis est parvenu à rassurer un peu la City, où les banques craignent de perdre le "passeport européen" qui leur permet de travailler dans toute l'Union européenne à partir de Londres.

Le précieux "passeport européen" au coeur des futures négociations sur le Brexit

M. Davis a assuré que "nous allons faire en sorte de nous assurer que les sujets qui inquiètent, tels que le passeport, soient réglés, il n'y a pas de doute là-dessus". Il a aussi estimé qu'un bon accord serait favorable aux constructeurs automobiles étrangers implantés au Royaume-Uni. Ces derniers ont exprimé des craintes de hausse des droits de douanes, tandis que les compagnies aériennes craignent aussi de perdre leurs droits de voler librement dans l'UE.

Dimanche, la Première ministre britannique, Theresa May, a un peu précisé le calendrier du Brexit. Le Royaume-Uni déclenchera d'ici à la fin mars 2017 l'article 50 du Traité de Lisbonne, article qui prévoit les modalités de départ de l'Union européenne. Ensuite, s'ouvrira une période de deux ans pour négocier de nouveaux accords avec l'Union européenne.

Mme May a affiché sa préférence pour un retrait en douceur plutôt qu'un départ sans concessions, mais elle n'a pas pour autant exclu une confrontation avec Bruxelles, en insistant sur l'importance de respecter la volonté des électeurs britannique de contrôler les flux migratoires en provenance de l'UE.

Or, pour Bruxelles, toute atteinte à la libre-circulation des ressortissants de l'UE serait un prétexte pour choisir l'option d'un "Brexit dur" avec à la clé une fermeture de l'accès au marché unique à la Grande-Bretagne. Une séparation sans compromis serait la pire des hypothèses pour les milieux d'affaires britanniques, en particulier pour le secteur financier, qui perdrait son précieux passeport européen.

 
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