Devises : le dollar plombé par la remontée de Trump dans les sondages

Devises : le dollar plombé par la remontée de Trump dans les sondages©Boursier.com
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Boursier.com, publié le jeudi 03 novembre 2016 à 07h55

L'euro poursuit jeudi son redressement face au billet vert, qui souffre d'un regain d'incertitudes sur l'issue de l'élection présidentielle américaine. La devise européenne avait pourtant connu un accès de faiblesse de plus de 3% en octobre, mais depuis une semaine, elle a nettement repris de la hauteur. L'euro, qui pointait à 1,0889$ le 25 octobre, est désormais remonté au-dessus de 1,11$, à 1,1119$ jeudi matin (+0,2%), signant ainsi un rebond de plus de 2% en quelques séances.

Après une phase de hausse dans l'anticipation d'un durcissement monétaire aux Etats-Unis, le dollar s'est affaibli ces derniers jours alors que la campagne électorale s'envenime aux Etats-Unis et que Donald Trump rattrape son retard sur Hillary Clinton, relançant le suspense sur l'issue du scrutin présidentiel du 8 novembre.

Le peso mexicain, baromètre de la campagne électorale américaine

Ce suspense électoral a été ravivé par l'annonce vendredi, d'une nouvelle enquête du FBI sur les emails qu'Hillary Clinton avait envoyés depuis sa messagerie privée, alors qu'elle était secrétaire d'Etat. Sur le plan politique, une victoire de la candidate démocrate est perçue comme un élément de continuité pour les marchés financiers, tandis que l'avènement de Donald Trump provoquerait des incertitudes majeures, compte tenu de ses prises de ses prises de positions protectionnistes.

Celles-ci pourraient mettre à mal le commerce entre les Etats-Unis et ses partenaires commerciaux, à commencer par le Mexique et la Chine, voire l'Union européenne. Le peso mexicain, devenu ces derniers mois un indicateur de la présidentielle américaine, a ainsi abandonné environ 5% en trois séances, tombant mercredi soir à 19,45 pesos/$ à mesure que Donald Trump remontait dans les sondages.

La perspective d'une hausse des taux de la Fed en décembre se renforce

La récente faiblesse du dollar est d'autant plus surprenante que la perspective d'une hausse des taux de la Fed devrait soutenir le billet vert en rendant les placements en dollars plus attractifs. Mercredi soir, la réunion de politique monétaire de la Fed s'est certes achevée sur un statu quo monétaire, mais la banque centrale américaine a laissé entendre qu'un tour de vis sur les taux 'fed funds' était prévisible en décembre.

Dans son communiqué, la Fed a ainsi fait savoir que "les arguments en faveur d'une augmentation du taux des fonds fédéraux ont continué à se renforcer". Mais elle a décidé, "pour le moment, d'attendre d'avoir des preuves supplémentaires quant aux progrès des indicateurs économiques vers la réalisation de ses objectifs". Selon l'outil FedWatch établi par le CME Group, les chances que le taux des 'fed funds' grimpe le 14 décembre sont désormais supérieures à 71%.

Le franc suisse, le yen et l'or font office de valeurs-refuges

En attendant les résultats de l'élection américaine de mardi prochain, les investisseurs ont réduit leur exposition au dollar et à Wall Street, où les indices boursiers ont une nouvelle fois reculé mercredi. Le billet vert a également perdu de la hauteur face au yen et au franc suisse, qui font figure de valeur refuge. L'or profite aussi des incertitudes politiques aux Etats-Unis : l'once de métal jaune a bondi mercredi soir de 1,6% à 1.308,20$ (contrat à terme de décembre). L'or a ainsi signé un "rally" de 4,5% depuis le 7 octobre dernier, où il frôlait les 1.250$ l'once.

La Banque d'Angleterre à la manoeuvre face au Brexit

Ce jeudi, ce sera au tour de la Banque d'Angleterre de tenir une réunion et de publier ses perspectives économiques pour le Royaume-Uni à l'approche du Brexit. La livre sterling reste proche de son plus bas niveau depuis 30 ans face au dollar, à 1,2335$ et a plongé de près de 15% depuis le référendum du 23 juin en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, critiqué par les pro-Brexit, a coupé court aux rumeurs de son départ anticipé, en annonçant lundi qu'il resterait en poste jusqu'en juin 2019 afin de piloter le pays à travers les turbulences du Brexit.

 
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