EDF : le PDG défend le projet d'Hinkley Point devant les actionnaires

EDF : le PDG défend le projet d'Hinkley Point devant les actionnaires©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 12 mai 2016 à 20h31

Le PDG d'EDF a profité, jeudi, de la tenue de l'Assemblée générale des actionnaires de l'électricien public pour défendre une nouvelle fois le projet controversé de construction de deux réacteurs nucléaires EPR en Grande-Bretagne.

Jean-Bernard Lévy a plaidé pour que le lancement du projet Hinkley Point C soit approuvé, estimant qu'en cas de renoncement, la crédibilité d'EDF au plan mondial serait mise à mal... "Ce projet est essentiel pour assurer la crédibilité et la compétitivité de l'ensemble de la filière nucléaire française", a-t-il ainsi déclaré.

"Il existe environ 60 réacteurs nucléaires en construction dans le monde. Sans Hinkley Point, nous n'aurions plus aucune crédibilité pour accéder à ces marchés", a-t-il poursuivi.

"Hinkley Point est donc l'un de nos investissements indispensables (...) dans un contexte qui est devenu beaucoup plus difficile depuis quelques mois", en raison notamment de prix du marché en berne en Europe et d'une concurrence accrue en France, a ajouté le dirigeant.

Des surcoûts de 2,5 MdsE possibles pour EDF en cas d'aléas lors du chantier

Jeudi matin, EDF a publié un communiqué confirmant la consultation de son Comité central d'entreprise (CCE) au sujet de Hinkley Point, et détaillant le contenu des accords concernant ce mégaprojet qui va nécessiter un investissement de 18 milliards de livres, soit environ 23 MdsE, dont les deux-tiers (environ 15 MdsE) seront à la charge d'EDF et 33,5% à celle de son associé chinois GCN.

Or, le document publié jeudi dévoile que le projet de financement comprend une marge supplémentaire pour les scénarii extrêmes, qui pourrait porter l'investissement total à 20,7 Mds£ (soit environ 26,2 MdsE), dont 17,5 MdsE à la charge d'EDF, soit environ 2,5 MdsE de plus que prévu. "L'engagement en fonds propres des partenaires comprend une marge pour aléas et atteindrait ainsi un montant total de 13,8 Mds£ (17,5 MdsE) pour le groupe EDF et 6,9 Mds£ (8,7 MdsE) pour CGN", a ainsi fait savoir EDF dans son communiqué.

Dans un autre communiqué publié plus tard, EDF a tenu à préciser que "cela ne signifie pas que nous anticipions de quelconques surcoûts au-delà de 18 Mds£. Cela est tout simplement conforme à la pratique normale et prudente dans tout projet d'infrastructure que de s'assurer que le financement sera toujours disponible y compris dans des scénarios extrêmes".

Le projet menacerait la viabilité financière d'EDF, selon les syndicats

Par ailleurs, le groupe, dont le capital est contrôlé à près de 85% par l'Etat, a donc confirmé avoir lancé une consultation de son comité central d'entreprise (CCE) sur le projet Hinkley Point, notamment les termes du partenariat avec CGN. Une première réunion d'information a eu lieu le 9 mai, à l'issue de laquelle le CCE a demandé une expertise externe sur le projet britannique, considérant que "de nombreux documents et réponses leur manquent afin d'être en mesure de formuler un avis éclairé et motivé". Les conclusions de l'expertise sont attendues dans environ deux mois.

Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy a indiqué vouloir lancer Hinkley Point dès que le groupe aurait obtenu l'avis de son CCE, tandis que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron évoquait récemment plus prudemment un feu vert en septembre.

Le projet d'Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre, est notamment contesté par les syndicats d'EDF, qui demandent son report de deux ou trois ans. Ils craignent que le coût du projet ne menace la viabilité du groupe, qui fait face à de nombreux autres investissements (EPR de Flamanville très en retard, entretien et démantèlement des centrales existantes, achat de la branche réacteurs d'Areva...) et doit en outre composer avec un effondrement des prix de gros de l'électricité ces derniers mois.

En mars, le directeur financier d'EDF Thomas Piquemal avait même démissionné, en désaccord stratégique avec la direction. Auditionné le 4 mai par une commission à l'Assemblée nationale, M. Piquemal a indiqué que son départ était lié à son souhait de reporter de trois ans le projet d'Hinkley Point.

Hinkley Point "présente un risque de construction majeur" et serait venu s'ajouter aux autres EPR actuellement construits par EDF, a également souligné Thomas Piquemal. "Rajouter un projet supplémentaire me semblait impossible (...). Qui parierait 60 à 70% de son patrimoine sur une technologie dont on ne sait toujours pas si elle fonctionne alors que ça fait dix ans qu'on essaie de la construire ?", a-t-il ajouté.

Le 22 avril dernier, EDF a annoncé une série de mesures pour renforcer sa structure financière, dont une augmentation de capital de 4 MdsE, à laquelle l'Etat participera à hauteur de 3 MdsE, et un plan de cessions d'actifs d'environ 10 MdsE à l'horizon 2020.

 
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