Le capital de la Compagnie des Alpes suscite la convoitise

Le capital de la Compagnie des Alpes suscite la convoitise©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 25 novembre 2016 à 11h15

A la Bourse de Paris, l'action de la Compagnie des Alpes est très entourée ce matin, puisque les volumes sont presque 17 fois supérieurs à la moyenne, assez faible, des échanges habituels. Le titre gagne 4% à 17,50 euros après avoir déjà progressé de 3,2% la veille. Les rumeurs sur la recomposition du capital, qui ont repris hier alors que se tenait une rencontre au sommet entre le gouvernement et le groupe chinois Fosun, continuent à porter le titre. Mais Fosun, déjà connu pour le rachat du Club Med, ne serait pas seul en piste. On parle désormais du fonds Permira (c'est précisément 'Le Figaro' qui en parle), qui pourrait prendre 15%. Le quotidien français rappelle qu'il est propriétaire d'Odigeo, qui dispose d'une solide présence dans le tourisme numérique via les marques eDreams, Opodo, Liligo et Go Voyages. De quoi créer quelques passerelles.

Le Club Med comme refuge ?

En Savoie, l'arrivée possible de Fosun a provoqué de nombreuses critiques ces derniers mois, jusqu'à la prise de position franchement hostile, quoique résignée, du président du conseil départemental Hervé Gaymard cet été. Le consortium chinois a peut-être trouvé la parade : 'Le Figaro' explique que c'est le Club Med qui pourrait entrer au capital de la CdA, à hauteur des 15% déjà évoqués. Un emballage un peu plus satisfaisant même si au final, c'est bien Fosun qui sera le réel propriétaire, certes indirectement. Le patron de la CdA, Dominique Marcel, est très favorable à cette alliance franco-chinoise à double flux : des touristes chinois additionnels dans les Alpes et des perspectives de développement d'infrastructures en Chine et ailleurs dans le monde. La CDC, qui détient 39,6% du capital, le serait moins.

Car si l'on récapitule, 15% pour Fosun (via le Club Med) et 15% pour Permira modifieraient considérablement l'équilibre des forces. Actuellement, l'ancrage de la CdA est très franco-français, voire un tantinet franco-alpin : la CDC détient donc 39,6%, devant un pool bancaire Rhône-alpin (Crédit Agricole des Savoie, Banque Populaire des Alpes et Crédit Agricole Rhône Alpes) à la tête de 14,9% et la Sofival (héritière des domaines de Tarentaise en Savoie) avec 8,7% du tour de table. Si l'on ajoute les OPCVM de droit français, la ligne de crête des 70% est dépassée, même s'il n'existe aucun pacte d'actionnaires. Les petits porteurs, eux, ne totalisent que 7,6% des parts (sur la base des chiffres 2015). Si les deux investisseurs pressentis prenaient chacun 15% lors d'une augmentation de capital réservée, la part de tous ces acteurs reculerait mécaniquement et la CDC ne pourrait sans doute plus déclarer contrôler la CdA comme elle le fait actuellement.

En restant terre à terre, la perspective de voir des investisseurs se battre pour entrer au capital est très bénéfique au titre en bourse. Après avoir un peu dévissé dernièrement, il remonte vers son pic de 19 euros, touché en juillet dernier. L'ascension sera cependant encore longue pour rallier les sommets historiques de 2007, tout près des 36 euros.

La CdA a publié un court communiqué ce matin, en réaction à l'article du 'Figaro', non pour infirmer certains éléments mais pour rappeler qu'à ce stade aucun schéma n'a encore été arrêté dans le cadre de sa "recherche de partenariat". La société confirme en revanche que des discussions se poursuivent entre ses principaux actionnaires et des investisseurs potentiels.

 
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